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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 24 octobre 2025, n° 496795

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:496795.20251024

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé suspension rejetant la demande de suspension d'un arrêté de retrait d'un permis de construire est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par les requérants ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Un permis de construire a été accordé le 7 juillet 2023 à la SCI Preim One Monceau pour la restructuration d'un immeuble de bureau.
  • La maire de Paris a retiré ce permis par une décision du 5 octobre 2023.
  • Par un arrêté du 15 novembre 2023, la maire de Paris a retiré sa décision du 5 octobre 2023, rétablissant ainsi le permis de construire.
  • Mme E... et autres ont demandé au juge des référés du tribunal administratif de Paris de suspendre l'exécution de l'arrêté du 15 novembre 2023.
  • Le juge des référés a rejeté leur demande par une ordonnance du 22 juillet 2024.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration article L. 153-11 du code de l'urbanisme article UG 12 du règlement du plan d'occupation des sols de Paris

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme C... E..., M. B... D..., Mme A... F... et le syndicat des copropriétaires de la résidence Monceau Saint Honoré ont demandé au juge des référés du tribunal administratif de Paris, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 15 novembre 2023 par lequel la maire de Paris a retiré sa décision du 5 octobre 2023 retirant le permis de construire accordé le 7 juillet 2023 à la SCI Preim One Monceau pour la restructuration d’un immeuble de bureau. Par une ordonnance n° 2418300 du 22 juillet 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Paris a rejeté leur demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 8 et 23 août 2024 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme E... et autres demandent au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) de renvoyer l’affaire au juge des référés du tribunal administratif de Paris ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code des relations entre le public et l’administration ; - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Julia Flot, auditrice, - les conclusions de M. Clément Malverti, rapporteur public, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Célice, Texidor, Perier, avocat de Mme E... et autres ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’ils attaquent, Mme E... et autres soutiennent que le juge des référés du tribunal administratif de Paris a : - commis une erreur de droit au regard des dispositions de l’article L. 242-1 du code des relations entre le public et l’administration et dénaturé les pièces du dossier en estimant que n’était pas propre à créer un doute sérieux le moyen tiré de ce que l’arrêté du 15 novembre 2023 de la maire de Paris, motivé par des modifications ultérieures des éléments du dossier de permis de construire, ne pouvait légalement retirer son arrêté du 5 octobre 2023 qui, à la date de son édiction, avait pu légalement retirer l’arrêté du 7 juillet 2023 portant permis de construire ; - commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en retenant que n’était pas propre à créer un doute sérieux le moyen tiré de ce que l’arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des dispositions de l’article L. 153-11 du code de l’urbanisme, le refus d’opposer un sursis à statuer étant entaché d’une erreur manifeste d’appréciation et la société pétitionnaire ne pouvant se prévaloir d’un certificat d’urbanisme cristallisant les dispositions d’urbanisme du plan local d’urbanisme des 12 et 13 juin 2006 modifié ; - commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en estimant que n’était pas propre à créer un doute sérieux le moyen tiré de ce que l’arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de l’article UG 12 du règlement du plan d’occupation des sols de Paris relatif aux obligations en matière de stationnement ; 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme E... et autres n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme C... E..., représentante unique désignée. Copie en sera adressée à la ville de Paris et à la SCI Preim One Monceau. Délibéré à l'issue de la séance du 2 octobre 2025 où siégeaient : M. Nicolas Boulouis, président de chambre, présidant ; M. Jérôme Goldenberg, conseiller d’Etat en service extraordinaire et Mme Julia Flot, auditrice-rapporteure. Rendu le 24 octobre 2025. Le président : Signé : M. Nicolas Boulouis La rapporteure : Signé : Mme Julia Flot La secrétaire : Signé : Mme Sandrine Mendy

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat ?
C'est un recours devant le Conseil d'Etat contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative, comme une ordonnance de référé. Il est soumis à une procédure d'admission : le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux.
Quelles sont les conditions pour obtenir la suspension d'un permis de construire en référé ?
Il faut saisir le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, démontrer l'urgence et qu'il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Un certificat d'urbanisme peut-il cristalliser les règles d'urbanisme ?
Oui, un certificat d'urbanisme peut cristalliser les dispositions d'urbanisme applicables à un terrain, mais cela dépend des informations qu'il contient et de sa date de délivrance.
Qu'est-ce qu'un sursis à statuer en urbanisme ?
C'est une décision par laquelle l'autorité compétente diffère sa décision sur une demande d'autorisation d'urbanisme, notamment lorsque le projet est susceptible de compromettre l'exécution d'un futur plan local d'urbanisme.
Puis-je contester un retrait de permis de construire ?
Oui, les tiers intéressés peuvent contester un retrait de permis de construire devant le juge administratif, notamment par un recours pour excès de pouvoir ou en référé suspension.

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