Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 21 novembre 2025, n° 497088

Renvoi après cassation Publication : C ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:497088.20251121

Synthèse de la décision

Question juridique

La cour administrative d'appel a-t-elle omis de répondre au moyen tiré de la méconnaissance de l'article UP 13 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux espaces libres traités en pleine terre, justifiant l'annulation de son arrêt ?

Principe retenu

Une cour administrative d'appel doit répondre à l'ensemble des moyens soulevés devant elle, même si le jugement de première instance a déjà annulé partiellement le permis de construire. L'omission de répondre à un moyen opérant entache l'arrêt d'irrégularité et justifie son annulation par le juge de cassation.

Faits clés

  • Le 18 avril 2019, le maire d'Hyères a délivré un permis de construire un hôtel à la SARL Les Voiliers.
  • Des voisins ont demandé l'annulation du permis devant le tribunal administratif de Toulon.
  • Le tribunal a partiellement annulé le permis pour non-respect des articles R. 431-8, R. 431-9 du code de l'urbanisme et de l'article UP 13 du PLU concernant les plantations, et pour méconnaissance de l'article L. 111-11 sur le raccordement électrique.
  • La cour administrative d'appel de Marseille a rejeté l'appel des requérants et les appels incidents.
  • Les requérants se pourvoient en cassation, soutenant notamment que la cour n'a pas répondu au moyen tiré de la violation de l'article UP 13.

Articles cités

article R. 431-8 du code de l'urbanisme article R. 431-9 du code de l'urbanisme article L. 111-11 du code de l'urbanisme article UP 13 du règlement du plan local d'urbanisme article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. E... G..., Mme C... F..., Mme H... D... et Mme B... A... ont demandé au tribunal administratif de Toulon d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 18 avril 2019 par lequel le maire d’Hyères a délivré à la SARL Les Voiliers un permis de construire un hôtel sur six niveaux avec restaurant, salle de réunion et boutique et de démolir un bâtiment existant, ainsi que la décision implicite rejetant leur recours gracieux. Par un jugement n° 1903832 du 27 mai 2022, le tribunal administratif de Toulon a annulé cet arrêté en tant que le permis, en ce qui concerne les plantations, ne répondait pas aux exigences des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme et de l’article UP 13 du règlement du plan local d'urbanisme et, en ce qui concerne le raccordement au réseau d’électricité, méconnaissait les exigences de l’article L. 111-11 du code de l'urbanisme. Par un arrêt n° 22MA02130 du 20 juin 2024, la cour administrative d’appel de Marseille a, rejeté l’appel de M. G..., Mme F..., Mme D... et Mme A... ainsi que les appels incidents de la commune d’Hères et de la SARL Les Voiliers. Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un nouveau mémoire, enregistrés les 20 août 2024, 20 novembre 2024 et 17 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. G..., Mme F..., Mme D... et Mme A... demandent au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de la commune d’Hyères et de la SARL Les Voiliers une somme de 5 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Pierre Lombard, maître des requêtes, - les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Guérin - Gougeon, avocat de M. G... et autres, à la SCP Lyon-Caen, Thiriez, avocat de la commune de Hyères-les-Palmiers et à la SCP Jean-Philippe Caston, avocat de la SARL Les Voiliers ; Considérant ce qui suit : 1. Il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que, par un arrêté du 18 avril 2019, le maire d’Hyères a accordé à la société Les Voiliers un permis de construire un hôtel sur six niveaux et de démolir un bâtiment existant. Par un jugement du 27 mai 2022, le tribunal administratif de Toulon, saisi par M. G..., Mme F..., Mme D... et Mme A..., a annulé cet arrêté en tant que le permis de construire ne répondait pas, en ce qui concerne le remplacement des arbres de haute tige par des essences équivalentes, aux exigences des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme et de l’article UP 13 du règlement du plan local d'urbanisme et, en ce qui concerne le raccordement au réseau d’électricité, en tant qu’il méconnaissait les dispositions de l’article L. 111-11 du code de l'urbanisme relatives au financement des extensions de réseau de raccordement électrique. M. G... et les autres requérants se pourvoient en cassation contre l’arrêt du 20 juin 2024 par lequel la cour administrative d’appel de Marseille a rejeté leur appel contre ce jugement et leurs conclusions tendant à l’annulation de l’arrêté du 16 novembre 2022 par lequel le maire d’Hyères a délivré à la SARL Les Voiliers un permis de construire modificatif. 2. Il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que les requérants soulevaient devant la cour administrative d’appel de Marseille un moyen tiré de ce que le permis initial méconnaissait les dispositions de l’article UP 13 du règlement du plan local d’urbanisme selon lesquelles les espaces libres doivent être traités comme espaces verts en pleine terre. Il ressort de l’arrêt attaqué que la cour administrative d’appel n’a pas répondu à ce moyen, qui n’était pas inopérant. 3. Par suite, et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens du pourvoi, les requérants sont fondés à demander l’annulation de l’arrêt qu’ils attaquent. 4. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de la commune d’Hyères, d’une part, et de la Sarl Les Voiliers, d’autre part, une somme de 200 euros à verser à chacun des requérants. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’une somme soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante. D E C I D E : -------------- Article 1er : L’arrêt de la cour administrative d’appel de Marseille est annulé. Article 2 : L’affaire est renvoyée à la cour administrative d’appel de Marseille. Article 3 : La commune d’Hyères et la SARL Les Voiliers verseront chacune 200 euros à chacun des requérants au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées. Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. E... G..., premier dénommé et à la commune d’Hyères et à la SARL Les Voiliers. Délibéré à l'issue de la séance du 23 octobre 2025 où siégeaient : M. Jean-Yves Ollier, conseiller d'Etat, présidant ; M. Jérôme Goldenberg, conseiller d’Etat en service extraordinaire et M. Pierre Lombard, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 21 novembre 2025. Le président : Signé : M. Jean-Yves Ollier Le rapporteur : Signé : M. Pierre Lombard Le secrétaire : Signé : M. Guillaume Auge

Questions fréquentes

Le juge d'appel doit-il répondre à tous les moyens soulevés par les parties ?
Oui, le juge d'appel doit répondre à tous les moyens soulevés devant lui, même si certains ont déjà été tranchés en première instance, à condition qu'ils ne soient pas inopérants.
Que se passe-t-il si une cour administrative d'appel ne répond pas à un moyen ?
Si la cour omet de répondre à un moyen opérant, son arrêt est entaché d'irrégularité et peut être annulé par le Conseil d'État, qui renvoie alors l'affaire à la cour.
Qu'est-ce que l'article UP 13 du PLU ?
L'article UP 13 du règlement du plan local d'urbanisme fixe les règles relatives aux espaces libres et aux plantations, notamment l'obligation de les traiter en pleine terre.
Puis-je contester un permis de construire si les espaces verts ne sont pas conformes au PLU ?
Oui, vous pouvez contester un permis de construire si les espaces libres ne respectent pas les règles du PLU, par exemple s'ils ne sont pas traités en pleine terre comme l'exige l'article UP 13.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation est un recours devant le Conseil d'État contre une décision rendue en dernier ressort par une cour administrative d'appel. Il vise à faire contrôler la légalité de la décision, notamment pour vice de procédure ou erreur de droit.
Le Conseil d'État peut-il annuler un arrêt d'appel sans juger l'affaire au fond ?
Oui, le Conseil d'État peut annuler un arrêt d'appel pour irrégularité, comme l'omission de répondre à un moyen, et renvoyer l'affaire à la cour administrative d'appel pour qu'elle statue à nouveau.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.