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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 23 octobre 2025, n° 497211

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:497211.20251023

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement de sursis à statuer en vue de la régularisation d'un permis de construire est-il fondé sur des moyens sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par les requérants n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le maire de Falicon a délivré un permis de construire à la SCI Le domaine des oliviers pour la construction de cinq maisons et l'extension d'une villa.
  • Mme A... et M. C... ont demandé l'annulation de ce permis devant le tribunal administratif de Nice.
  • Le tribunal administratif a sursis à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme pour permettre la régularisation des vices.
  • Les requérants se pourvoient en cassation contre ce jugement.
  • Ils invoquent notamment l'absence d'existence juridique de la SCI, la qualification de lotissement, et le calcul de l'emprise au sol.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme article L. 442-1 du code de l'urbanisme article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme E... A... et M. B... C... ont demandé au tribunal administratif de Nice d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 2 mai 2023 par lequel le maire de Falicon (Alpes-Maritimes) a délivré à la société civile immobilière (SCI) Le domaine des oliviers un permis de construire portant sur la construction d’un groupe de cinq maisons à usage d’habitation et l’extension d’une villa existante. Par un jugement n° 2303075 du 27 juin 2024, le tribunal administratif de Nice a, en application de l’article L. 600-5-1 du code de l’urbanisme, sursis à statuer sur leur demande jusqu’à l’expiration d’un délai de quatre mois afin de permettre la régularisation des vices entachant l’arrêté du 2 mai 2023. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 26 août et 26 novembre 2024 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme A... et M. C... demandent au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à leur demande ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Falicon et de la SCI Le domaine des oliviers la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Charline Nicolas, maîtresse des requêtes, - les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Rocheteau, Uzan-Sarano et Goulet, avocat de Mme A... et de M. C... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’ils attaquent, Mme A... et autre soutiennent que le tribunal administratif de Nice a : - insuffisamment motivé celui-ci et dénaturé les pièces du dossier en ne se prononçant pas sur la fraude ou l’absence manifeste de qualité du pétitionnaire liée au fait qu’à la date du permis de construire, la SCI Le domaine des oliviers était dépourvue d’existence juridique ; - commis une erreur de qualification juridique des faits en estimant que le projet, objet du permis de construire en cause, ne constituait pas un projet de lotissement au sens de l’article L. 442-1 du code de l’urbanisme ; - insuffisamment motivé celui-ci et commis une erreur de droit quant aux modalités de calcul de l’emprise au sol du projet fixées par le règlement du plan local d’urbanisme de la métropole Nice-Côte d’Azur ; - méconnu la portée de leurs écritures et commis une erreur de droit en retenant qu’ils soutenaient que l’emprise au sol aurait dû inclure la voie interne du projet, alors qu’ils indiquaient que la surface occupée par la voie privée de desserte du projet n’avait pas été exclue de l’assiette du terrain, en méconnaissance de l’article 2.1 du règlement du plan local d’urbanisme de la métropole Nice-Côte d’Azur pour la zone UFc1 relatif à la volumétrie et l’implantation des constructions. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme A... et M. C... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme E... A..., première requérante dénommée. Copie en sera adressée à la commune de Falicon et à la société civile immobilière Le domaine des oliviers. Délibéré à l'issue de la séance du 25 septembre 2025 où siégeaient : M. Nicolas Boulouis, président de chambre, présidant ; M. Jean-Yves Ollier, conseiller d'Etat et Mme Charline Nicolas, maîtresse des requêtes-rapporteure. Rendu le 23 octobre 2025. Le président : Signé : M. Nicolas Boulouis La rapporteure : Signé : Mme Charline Nicolas Le secrétaire : Signé : M. Guillaume Auge

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un sursis à statuer dans un litige d'urbanisme ?
Le sursis à statuer est une décision par laquelle le juge administratif, au lieu de statuer immédiatement sur une demande d'annulation d'un permis de construire, accorde un délai à l'administration pour régulariser les vices entachant le permis. Cette procédure est prévue par l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Quels sont les moyens pour obtenir l'annulation d'un permis de construire ?
Les moyens peuvent porter sur la compétence de l'auteur de l'acte, la forme et la procédure, l'absence d'étude d'impact, la violation des règles d'urbanisme (PLU, lotissement, emprise au sol), ou encore la fraude. Il faut démontrer que le permis est illégal.
Comment se déroule un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation est soumis à une procédure d'admission. Le Conseil d'État examine si le pourvoi est recevable et s'il est fondé sur un moyen sérieux. Si l'admission est refusée, le pourvoi est rejeté sans examen au fond.
Que signifie la régularisation d'un permis de construire ?
La régularisation consiste à modifier le permis de construire ou à prendre un nouveau permis pour corriger les vices qui l'affectent, afin de le rendre conforme aux règles d'urbanisme. Le juge peut accorder un délai pour cette régularisation.
Qu'est-ce qu'un lotissement au sens du code de l'urbanisme ?
Un lotissement est la division en lots d'une propriété foncière en vue de créer des lots à bâtir. Cette opération est soumise à des règles spécifiques, notamment l'obtention d'un permis d'aménager. La qualification de lotissement peut affecter la validité du permis de construire.
Comment est calculée l'emprise au sol d'une construction ?
L'emprise au sol est la projection verticale du volume de la construction, y compris les éléments en saillie. Le calcul est défini par le règlement du plan local d'urbanisme (PLU). En général, les voies internes ne sont pas incluses dans l'emprise au sol, mais cela dépend des dispositions du PLU.

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