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Conseil d'État, 10ème chambre jugeant seule, 20 mars 2026, n° 497319

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:497319.20260320

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement rejetant la demande d'annulation d'un arrêté de transfert vers les autorités croates est-il fondé sur des moyens sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a demandé au tribunal administratif de Paris l'annulation de l'arrêté du 18 juin 2024 du préfet de police prononçant son transfert aux autorités croates.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande par jugement du 17 juillet 2024.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation contre ce jugement, transmis au Conseil d'État par ordonnance de la présidente de la cour administrative d'appel de Paris.
  • Le pourvoi a été enregistré au Conseil d'État le 29 août 2024.
  • M. B... soutenait notamment l'irrégularité du jugement, l'erreur de droit concernant l'entretien individuel, et la méconnaissance des dispositions du règlement Dublin III et de la CEDH en raison de défaillances systémiques en Croatie.

Articles cités

article L.822-1 du code de justice administrative article R.351-2 du code de justice administrative article L.761-1 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991 article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne article 3 du règlement (UE) n° 604/2013

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Paris d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 18 juin 2024 par lequel le préfet de police a prononcé son transfert aux autorités croates, responsables de l’examen de sa demande d’asile, et d’enjoindre au préfet de police de l’admettre au séjour au titre de l’asile et de lui délivrer une attestation de demandeur d’asile en procédure normale, ou à défaut, de procéder au réexamen de l’enregistrement de sa demande d’asile, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir. Par un jugement n° 2417828 du 17 juillet 2024, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par une ordonnance n° 24PA03735 du 27 août 2024, enregistrée le 29 août 2024 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la présidente de la cour administrative d’appel de Paris a transmis au Conseil d’Etat, en application de l’article R. 351-2 du code de justice administrative, le pourvoi, enregistré le 18 août 2024 au greffe de cette cour, présenté par M. B.... Par ce pourvoi et un nouveau mémoire, enregistré le 12 novembre 2024 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 500 euros, à verser à la SCP Claire Leduc et Solange Vigand, son avocat, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ; - le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ; - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Philippe Bachschmidt ; - les conclusions de Mme Charline Nicolas, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Claire Leduc et Solange Vigand, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation du jugement du tribunal administratif de Paris qu’il attaque, M. B... soutient qu’il est entaché : - d’irrégularité, faute d’être signé de manière manuscrite par la magistrate désignée par le président du tribunal et par la greffière ; - d’erreurs de droit, d’une inversion de la charge de la preuve et d’une dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il a écarté le moyen tiré du caractère irrégulier du déroulement de l’entretien individuel, faute d’identification de l’agent qui l’a mené ; - de dénaturation des pièces du dossier et d’erreur de droit en ce qu’il a écarté le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du paragraphe 2 de l’article 3 du règlement (UE) n° 604/2013, des stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et de l’article 4 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, alors que les défaillances systémiques du traitement des demandes d’asile en Croatie s’opposaient à ce que soit organisé son transfert vers ce pays. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Délibéré à l'issue de la séance du 5 février 2026 où siégeaient : M. Bertrand Dacosta, président de chambre, présidant ; M. Olivier Yeznikian, conseiller d'Etat et M. Philippe Bachschmidt, maître des requêtes. Rendu le 20 mars 2026. Le président : Signé : M. Bertrand Dacosta Le rapporteur : Signé : M. Philippe Bachschmidt La secrétaire : Signé : Mme Marie-Léandre Monnerville

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.
Quels sont les moyens de contestation d'un arrêté de transfert ?
Les moyens peuvent porter sur la régularité de la procédure, l'erreur de droit, la dénaturation des pièces, ou la méconnaissance des stipulations de la CEDH et du règlement Dublin III, notamment en cas de défaillances systémiques.
Que se passe-t-il si le pourvoi n'est pas admis ?
Si le pourvoi n'est pas admis, la décision du tribunal administratif devient définitive et le requérant doit se conformer à l'arrêté de transfert.
Comment prouver des défaillances systémiques dans le pays de transfert ?
Il faut apporter des éléments concrets et actualisés démontrant des carences généralisées dans le traitement des demandes d'asile, par exemple des rapports d'organisations internationales ou des décisions de justice.
Quel est le rôle de l'entretien individuel dans la procédure de transfert ?
L'entretien individuel est une garantie de la procédure de détermination de l'État responsable. Son déroulement doit être régulier, notamment l'identification de l'agent qui le mène.

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