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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 16 décembre 2025, n° 498417

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:498417.20251216

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel confirmant une mesure d'expulsion et un refus de renouvellement de titre de séjour est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a fait l'objet d'un arrêté d'expulsion du territoire français le 23 janvier 2023, assorti d'un refus de renouvellement de sa carte de résident et de l'abrogation de son récépissé de demande de titre de séjour.
  • Le même jour, un arrêté fixant le pays de destination a été pris.
  • Le 2 juin 2023, M. A... a été assigné à résidence dans le département de la Côte d'Or pour une durée de quarante-cinq jours.
  • Le tribunal administratif de Dijon a annulé ces arrêtés le 21 septembre 2023.
  • La cour administrative d'appel de Lyon a annulé ce jugement et rejeté les demandes de M. A... le 4 juillet 2024.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Dijon, d’une part, d’annuler l’arrêté du 23 janvier 2023 par lequel le préfet de la Côte d’Or a prononcé son expulsion du territoire français, a refusé de renouveler sa carte de résident et abrogé le récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour délivré le 7 septembre 2022, ainsi que l’arrêté du même jour fixant le pays de destination, et, d’autre part, d’annuler l’arrêté du 2 juin 2023 l’assignant à résidence dans le département de la Côte d’Or pour une durée de quarante-cinq jours. Par un jugement nos 2300811, 2301603 du 21 septembre 2023, le tribunal administratif de Dijon a fait droit à ses demandes. Par un arrêt n° 23LY02587, 23LY03627 du 4 juillet 2024, la cour d’appel de Lyon a, sur appel du préfet de la Côte-d’Or, annulé ce jugement et rejeté les demandes de M. A.... Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un nouveau mémoire, enregistrés les 14 octobre 2024, 15 janvier 2025 et 23 janvier 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - la convention internationale relative aux droits de l’enfant ; - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Hadrien Tissandier, maître des requêtes, - les conclusions de M. Clément Malverti, rapporteur public, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Gaschignard, Loiseau, Massignon, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. A... soutient que la cour administrative d’appel de Lyon a : - méconnu la portée de ses écritures et dénaturé les pièces du dossier en retenant qu’il ne contestait pas s’être rendu coupable des faits mentionnés dans l’arrêté du 23 janvier 2023 ; - inexactement qualifié les faits en estimant que sa présence en France constitue une menace grave à l’ordre public ; - commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en ne prenant pas en compte, pour apprécier l’ancienneté de sa relation de concubinage, la période pendant laquelle il était incarcéré ; - dénaturé les faits de l’espèce en estimant qu’il n’établit pas être dépourvu de toute attache en Guinée dès lors que sa mère y réside ; - inexactement qualifié les faits de l’espèce en jugeant que l’arrêté du 23 janvier 2023 ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale, protégé par l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, et ne méconnaît pas l'intérêt supérieur de son enfant mineur, garanti par l’article 3-1 de la convention relative aux droits de l’enfant. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.

Questions fréquentes

Quels sont les recours contre une mesure d'expulsion ?
Vous pouvez contester la mesure d'expulsion devant le tribunal administratif, puis en appel devant la cour administrative d'appel, et enfin en cassation devant le Conseil d'État. Le pourvoi en cassation est soumis à une procédure d'admission.
Qu'est-ce qu'une menace grave à l'ordre public ?
C'est une notion utilisée pour justifier l'expulsion d'un étranger. Elle s'apprécie au regard de la gravité des faits et de la dangerosité de la personne. Les juges vérifient si la présence de l'étranger constitue une menace réelle et actuelle.
Comment faire valoir le droit au respect de la vie privée et familiale ?
Vous pouvez invoquer l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le juge vérifie si la mesure d'expulsion est proportionnée au regard de votre situation familiale, de la durée de votre séjour, de vos attaches en France et dans votre pays d'origine.
Quel est le rôle de l'intérêt supérieur de l'enfant dans une procédure d'expulsion ?
L'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant impose de prendre en compte l'intérêt supérieur de l'enfant dans toutes les décisions qui le concernent. Le juge vérifie si l'expulsion ne porte pas une atteinte disproportionnée à cet intérêt.
Qu'est-ce qu'une assignation à résidence ?
C'est une mesure alternative à la rétention administrative qui oblige l'étranger à résider dans un lieu déterminé et à se présenter régulièrement aux autorités. Elle peut être prise en attendant l'exécution d'une mesure d'éloignement.
Quels sont les moyens sérieux pour obtenir l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Il faut soulever des moyens de droit ou de fait de nature à remettre en cause la décision de la cour administrative d'appel, comme une erreur de droit, une dénaturation des faits, ou une inexacte qualification juridique des faits.

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