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Conseil d'État, 7ème chambre jugeant seule, 29 octobre 2025, n° 499143

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:499143.20251029

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant un recours contre une OQTF est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme A... a fait l'objet d'un arrêté du préfet de police de Paris du 26 septembre 2022 l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.
  • Le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande d'annulation par jugement du 27 octobre 2023.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté son appel par arrêt du 16 juillet 2024.
  • Mme A... a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.
  • Elle soutenait notamment que la cour avait méconnu l'article R. 611-7 du code de justice administrative, dénaturé les pièces du dossier, commis une erreur de droit et une contradiction de motifs.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 611-7 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme B... A... a demandé au tribunal administratif de Montreuil d’annuler l’arrêté du 26 septembre 2022 par lequel le préfet de police de Paris l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par un jugement n° 2306691 du 27 octobre 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 23PA04813 du 16 juillet 2024, la cour administrative d’appel de Paris a rejeté l’appel formé par Mme A... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un nouveau mémoire, enregistrés les 25 novembre 2024, 25 février et 8 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros à verser à la SCP Lyon-Caen, Thiriez, son avocat, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : le rapport de M. Mathieu Guibard, maître des requêtes en services extraordinaire, les conclusions de M. Nicolas Labrune, rapporteurs public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Lyon-Caen, Thiriez, avocat de Mme A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, Mme A... soutient que la cour administrative d’appel de Paris a : - méconnu les dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative en constatant d’office et sans contestation du préfet de police l’absence de réalité de sa vie familiale alors qu’un tel moyen n’est pas d’ordre public et qu’elle ne l’a pas invitée à présenter ses observations sur ce moyen ; - dénaturé les pièces du dossier en considérant que l’arrêté contesté était suffisamment motivé et, à tout le moins, commis une erreur de droit en jugeant que le préfet de police n’avait pas à mentionner dans cet arrêté les éléments de fait relatifs à sa vie privée et familiale ; - entaché son arrêt d’une contradiction de motifs en jugeant à la fois qu’elle pouvait bénéficier du droit au regroupement familial et que l’arrêté contesté ne portait pas atteinte à son droit au respect de sa vie familiale alors même que l’obligation de quitter le territoire français qui lui est faite aurait pour conséquence directe de la séparer de son mari et de son enfant ; - commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en accordant une importance déterminante au fait qu’elle n’avait pas attendu l’issue de la procédure d’instruction de sa demande de regroupement familial pour considérer que l’arrêté en litige ne portait pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie familiale et qu’elle n’établissait pas la réalité de sa vie familiale. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B... A.... Copie en sera adressée au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une OQTF ?
Une obligation de quitter le territoire français (OQTF) est une mesure administrative par laquelle un préfet demande à un étranger de quitter la France dans un délai déterminé.
Comment contester une OQTF ?
Vous pouvez contester une OQTF devant le tribunal administratif dans un délai de 30 jours, puis en appel et en cassation devant le Conseil d'État.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
Avant d'examiner le fond, le Conseil d'État vérifie si le pourvoi est recevable et s'il soulève un moyen sérieux. Si ce n'est pas le cas, le pourvoi n'est pas admis.
Quels moyens peuvent être invoqués contre une OQTF ?
Les moyens peuvent porter sur la motivation de l'arrêté, le respect de la vie privée et familiale, l'erreur de droit, la dénaturation des faits, etc.
Que se passe-t-il si mon pourvoi n'est pas admis ?
Si le pourvoi n'est pas admis, la décision de la cour administrative d'appel devient définitive et vous devez quitter le territoire.
Puis-je demander le regroupement familial pendant une OQTF ?
Oui, mais l'OQTF peut être exécutée avant la fin de la procédure de regroupement familial, ce qui peut avoir des conséquences sur votre vie familiale.

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