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Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 19 mars 2026, n° 499211

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:499211.20260319

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant la contestation d'une autorisation de licenciement économique d'un salarié protégé est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a été licencié pour motif économique par la société Ardennaise Industrielle, autorisé par l'inspectrice du travail le 9 juillet 2018.
  • Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté sa demande d'annulation de cette autorisation.
  • La cour administrative d'appel de Nancy a d'abord annulé le jugement et la décision, mais le Conseil d'État a annulé cet arrêt et renvoyé l'affaire.
  • Sur renvoi, la cour administrative d'appel de Nancy a rejeté l'appel de M. B...
  • M. B... se pourvoit en cassation contre ce dernier arrêt, invoquant plusieurs moyens.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne d’annuler pour excès de pouvoir la décision du 9 juillet 2018 par laquelle l’inspectrice du travail de la 2ème section de l’unité départementale des Ardennes a autorisé la société Ardennaise Industrielle à le licencier pour motif économique. Par un jugement n° 1801900 du 17 janvier 2020, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 20NC00699 du 7 juillet 2022, la cour administrative d’appel de Nancy a, sur appel de M. B..., annulé ce jugement et cette décision. Par une décision n° 467392 du 28 décembre 2023, le Conseil d’Etat, statuant au contentieux a annulé cet arrêt et renvoyé l’affaire devant la cour administrative d’appel de Nancy. Par un arrêt n° 23NC03820 du 26 septembre 2024, la cour administrative d’appel de Nancy, statuant sur renvoi du Conseil d’Etat, a rejeté l’appel formé par M. B... contre le jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés le 27 novembre 2024 et le 27 février 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge solidaire de la société Ardennaise Industrielle et de l’Etat la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de commerce ; - le code du travail ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Caroline Azar, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Jean-François de Montgolfier, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, au cabinet François Pinet, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Nancy qu’il attaque, M. B... soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit en ce qu’il juge que l’autorité de la chose jugée qui s’attachait au jugement du tribunal de commerce de Compiègne du 16 mai 2018 interdisait à l’inspectrice du travail de contrôler le motif économique de son licenciement et qu’est inopérante, à l’appui de son recours contre la décision litigieuse ayant autorisé son licenciement, la contestation de la régularité et du bien-fondé de ce jugement ; - d’erreur de droit en ce qu’il juge que l’employeur a satisfait à ses obligations en matière de reclassement interne aux motifs, en premier lieu, que le document unilatéral fixant le plan de sauvegarde de l’emploi de la société Ardennaise Industrielle, homologué par l’administration, justifiait d’une recherche sérieuse des possibilités de reclassement auprès des entreprises du groupe, alors que les obligations de recherche des possibilités de reclassement dans le cadre de l’établissement d’un tel plan et dans le cadre du licenciement d’un salarié sont distinctes, en deuxième lieu, que l’employeur n’avait pas à réitérer sa recherche des possibilités de reclassement la concernant au sein de deux sociétés du groupe dès lors que celles-ci avaient fait l’objet de jugements de liquidation judiciaire, alors que les difficultés économiques rencontrées par ces entreprises ne le dispensaient pas de rechercher des offres personnalisées de reclassement auprès de l’ensemble des sociétés du groupe, enfin, qu’il n’était pas établi que les domaines d’activité de ces deux sociétés auraient permis la permutation de tout ou partie du personnel de la société Ardennaise Industrielle, alors qu’elles relevaient du périmètre du groupe de reclassement déterminé par le plan de sauvegarde de l’emploi qui ne pouvait être remis en cause ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il retient que la lettre de convocation à un entretien préalable qui lui avait été remise en main propre le 5 juin 2018 pouvait tenir lieu de propositions de reclassement, alors que cette lettre ne comportait aucune liste des propositions de reclassement qui lui étaient destinées et qu’il ne lui incombait pas, à la lecture de cette même lettre, de s’enquérir des offres de reclassement qui lui avaient été adressées par un courrier dont il n’était pas établi qu’il l’avait reçu. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée à la société Ardennaise Industrielle et au ministre du travail et des solidarités.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un licenciement économique ?
Un licenciement économique est un licenciement effectué par un employeur pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié, résultant d'une suppression ou transformation d'emploi ou d'une modification refusée du contrat de travail, consécutives notamment à des difficultés économiques, des mutations technologiques ou une réorganisation.
Qui est considéré comme salarié protégé ?
Les salariés protégés sont ceux qui bénéficient d'une protection particulière en raison de leur mandat représentatif (délégué syndical, représentant du personnel, membre du CSE, etc.) ou de leur qualité de salarié exerçant des fonctions de représentation. Ils ne peuvent être licenciés qu'avec l'autorisation de l'inspecteur du travail.
Quelles sont les obligations de reclassement de l'employeur en cas de licenciement économique ?
L'employeur doit proposer au salarié un reclassement dans l'entreprise ou dans le groupe, sur un emploi relevant de la même catégorie ou équivalent, ou à défaut, un emploi d'une catégorie inférieure, en assurant la priorité de reclassement. Il doit rechercher les possibilités de reclassement et formuler des offres écrites et précises.
Comment contester une autorisation de licenciement économique ?
La décision de l'inspecteur du travail peut être contestée devant le tribunal administratif par un recours pour excès de pouvoir dans un délai de deux mois. En cas de rejet, un appel peut être formé devant la cour administrative d'appel, puis un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, sous réserve de l'admission de ce pourvoi.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
La procédure d'admission est un filtre qui permet au Conseil d'État de ne juger que les pourvois présentant un moyen sérieux. Le pourvoi est refusé s'il est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux.
Qu'est-ce qu'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) ?
Le PSE est un document établi par l'employeur en cas de licenciement collectif pour motif économique, visant à limiter le nombre de licenciements et à faciliter le reclassement des salariés. Il peut être élaboré unilatéralement ou par accord, et doit être homologué par l'administration.

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