Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 9ème chambre jugeant seule, 29 juillet 2026, n° 499318

Non-lieu Publication : C ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:499318.20260729

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel statuant sur des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu est-il devenu sans objet lorsque l'administration prononce le dégrèvement des impositions en litige après l'introduction du pourvoi ?

Principe retenu

Lorsque, postérieurement à l'introduction d'un pourvoi en cassation, l'administration prononce le dégrèvement des impositions contestées et des pénalités correspondantes, les conclusions du pourvoi deviennent sans objet. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur ces conclusions.

Faits clés

  • M. et Mme C... ont demandé la décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de 2016, résultant de la cession de terrains par une SCI dont M. C... était associé.
  • Le tribunal administratif de Marseille a rejeté leur demande, puis la cour administrative d'appel de Marseille a rejeté leur appel.
  • M. et Mme C... se sont pourvus en cassation contre l'arrêt de la cour administrative d'appel.
  • Par une décision du 19 juin 2026, postérieure à l'introduction du pourvoi, l'administration a prononcé le dégrèvement des cotisations supplémentaires et des pénalités.
  • Le Conseil d'Etat constate que les conclusions du pourvoi sont devenues sans objet et qu'il n'y a plus lieu de statuer.

Articles cités

article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. et Mme B... et A... C... ont demandé au tribunal administratif de Marseille de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre de l’année 2016 à raison des parts qu’ils détiennent dans le capital de la société Les Jardins de Lorgues 2, ainsi que des pénalités correspondantes. Par un jugement n° 2104637 du 7 février 2023, ce tribunal a rejeté leur demande. Par un arrêt n° 23MA00865 du 3 octobre 2024, la cour administrative d’appel de Marseille a rejeté l’appel formé par M. et Mme C... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 2 décembre 2024 et 27 février 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. et Mme C... demandent au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à leur appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ils soutiennent que la cour administrative d’appel de Marseille : - a inexactement qualifié les faits soumis à son appréciation, en jugeant que le profit résultant de la cession, par la société civile immobilière dont M. C... était associé, des parcelles acquises en 1999 et 2006, opérée le 28 novembre 2016, constituait un revenu taxable dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux entre les mains de chacun des associés au prorata de leurs droits sociaux ; - l’a insuffisamment motivé, faute de se prononcer expressément sur la condition d’habitude à laquelle est subordonnée l’imposition dans cette catégorie de revenus des bénéfices tirés de la revente d’immeubles. Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la ministre chargée des comptes publics s’en remet à la sagesse du Conseil d’Etat. Par un nouveau mémoire en défense, enregistré le 11 juin 2026, le ministre de l’action et des comptes publics conclut à ce que soit constaté qu’il n’y a plus lieu de statuer, les impositions et pénalités en litige devant faire l’objet d’un dégrèvement, notifié ultérieurement. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Benoît Chatard, auditeur, - les conclusions de M. Bastien Lignereux, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Marlange, de la Burgade, avocat de M. et Mme C... ; Considérant ce qui suit : 1. Il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond qu’à l’issue d’un examen de comptabilité de la société civile immobilière (SCI) Les Jardins de Lorgues 2, dont l’objet social est l’acquisition de tous terrains, la construction de tous immeubles en vue de leur vente et toutes opérations susceptibles de faciliter la réalisation de ces objets, l’administration fiscale l’a assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée à raison de la cession, en 2016, de deux terrains que cette société avait acquis en 1999 et 2006 sans y construire d’immeubles et a rehaussé son résultat, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, à hauteur de la plus-value résultant de cette cession. Elle en a tiré les conséquences à l’égard de M. C..., qui en est l’un des associés, en rehaussant, à hauteur de la quote-part de ce dernier dans le résultat de la société, le revenu imposable de son foyer fiscal au titre de l’année 2016, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux. Par un jugement du 7 février 2023, le tribunal administratif de Marseille a rejeté la demande de M. et Mme C... tendant à la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis à ce titre, ainsi que des pénalités correspondantes. M. et Mme C... se pourvoient en cassation contre l’arrêt du 3 octobre 2024 par lequel la cour administrative d’appel de Marseille a rejeté l’appel qu’ils avaient formé contre ce jugement. 2. Par une décision du 19 juin 2026, postérieure à l’introduction du pourvoi, l’administration a prononcé le dégrèvement des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu en litige, ainsi que des pénalités correspondantes. Les conclusions du pourvoi de M. et Mme C... dirigées contre l’arrêt de la cour administrative d’appel de Marseille sont, dès lors, devenues sans objet. 3. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros à verser à M. et Mme C... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. D E C I D E : -------------- Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions du pourvoi de M. et Mme C... dirigées contre l’arrêt de la cour administrative d’appel de Marseille du 3 octobre 2024. Article 2 : L’Etat versera à M. et Mme C... la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. et Mme B... et A... C... et au ministre de l’action et des comptes publics. Délibéré à l'issue de la séance du 25 juin 2026 où siégeaient : M. Nicolas Polge, assesseur, présidant ; M. Vincent Daumas, conseiller d'Etat et M. Benoît Chatard, auditeurrapporteur. Rendu le 29 juillet 2026. Le président : Signé : M. Nicolas Polge Le rapporteur : Signé : M. Benoît Chatard Le secrétaire : Signé : M. Gilles Ho La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si l'administration fiscale accorde un dégrèvement après que j'ai formé un pourvoi en cassation ?
Le pourvoi devient sans objet et le Conseil d'Etat rend une décision de non-lieu à statuer, sans examiner le fond de l'affaire.
Mon pourvoi en cassation est-il automatiquement annulé si l'administration me rembourse les impôts contestés ?
Non, il n'est pas annulé mais il est déclaré sans objet, ce qui met fin à la procédure sans jugement sur le fond.
Puis-je obtenir le remboursement de mes frais de justice si mon pourvoi devient sans objet ?
Oui, le juge peut mettre à la charge de l'Etat les frais exposés, comme dans cette affaire où 3 000 euros ont été accordés au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Qu'est-ce qu'un non-lieu à statuer dans une procédure fiscale ?
C'est une décision par laquelle le juge constate qu'il n'y a plus de litige à trancher, par exemple parce que l'administration a accordé le dégrèvement des impositions contestées.
Le Conseil d'Etat peut-il statuer sur le fond si l'administration a déjà accordé le dégrèvement ?
Non, si le dégrèvement est total, le litige disparaît et le Conseil d'Etat ne se prononce que sur les frais de justice éventuels.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.