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Conseil d'État, 10ème chambre jugeant seule, 10 octobre 2025, n° 499362

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:499362.20251010

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une décision de la CNDA rejetant une demande d'asile est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas de nature à permettre l'admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par la requérante n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a demandé l'asile pour elle et ses enfants mineurs auprès de l'OFPRA, qui a rejeté leur demande le 1er mars 2024.
  • La CNDA a rejeté leur recours le 18 juillet 2024.
  • Mme B... a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État contre cette décision.
  • Elle invoquait notamment des craintes de persécution personnelles pour sa fille (mariage forcé en Algérie), des craintes en cas de retour au Maroc (pays dont elle a aussi la nationalité), et des craintes pour ses enfants face à la violence de leur père.
  • Elle contestait également le recours à la procédure d'ordonnance par la CNDA.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative articles L. 532-8 et R. 532-3, 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : En son nom propre et au nom de ses enfants mineurs A... et D... E... dont elle est la représentante légale, Mme C... B... a demandé à la Cour nationale du droit d'asile d’annuler la décision du 1er mars 2024 par laquelle l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté leur demande d’asile et de leur reconnaître le statut de réfugié ou, à défaut, de leur accorder le bénéfice de la protection subsidiaire. Par une décision n° 24025712 du 18 juillet 2024, la Cour nationale du droit d'asile a rejeté leur demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 2 décembre 2024 et le 3 mars 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette décision ; 2°) de mettre à la charge de l’OFPRA la somme de 3 000 euros, au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention de Genève du 28 juillet 1951 et le protocole signé à New York le 31 janvier 1967, relatifs au statut des réfugiés ; - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Alexandra Poirson, auditrice, - les conclusions de M. Frédéric Puigserver, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Zribi & Texier, avocat de Mme B..., de Mme A... G... E... et de M. F... E... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de la décision de la Cour nationale du droit d’asile qu’elle attaque, Mme B... soutient qu’elle est entachée : - de défaut de réponse à moyen, de méprise sur la portée de ses écritures et d’insuffisance de motivation, en ce qu’elle ne répond pas au motif tiré des craintes de persécution personnelles de sa fille mineure, fondées sur le risque qu’elle subisse un mariage forcé en cas de retour en Algérie ; - de dénaturation des pièces du dossier et d’insuffisance de motivation, en ce qu’elle écarte les craintes de persécution alléguées en cas de retour en Algérie, son pays d’origine dont elle a la nationalité ; - de dénaturation des pièces du dossier et d’insuffisance de motivation, en ce qu’elle écarte ses craintes personnelles de persécution en cas de retour au Maroc, pays dont elle a également la nationalité acquise par mariage ; - d’insuffisance de motivation et de dénaturation des pièces du dossier, en ce qu’elle écarte les craintes de persécution propres à ses enfants face à la violence de leur père en cas de retour au Maroc où il réside ; - d’irrégularité en raison du caractère abusif du recours à la procédure de l’ordonnance prévue par les articles L. 532-8 et R. 532-3, 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme C... B.... Copie en sera adressée à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Délibéré à l'issue de la séance du 18 septembre 2025 où siégeaient : M. Olivier Yeznikian, conseiller d'Etat, présidant ; Mme Rozen Noguellou, conseillère d'Etat et Mme Alexandra Poirson, auditrice-rapporteure. Rendu le 10 octobre 2025. Le président : Signé : M. Olivier Yeznikian La rapporteure : Signé : Mme Alexandra Poirson La secrétaire : Signé : Mme Sylvie Leporcq

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.
Quels sont les moyens invoqués par Mme B... dans son pourvoi ?
Elle invoquait des défauts de réponse à moyen, une méprise sur la portée de ses écritures, une insuffisance de motivation, une dénaturation des pièces du dossier, et le caractère abusif du recours à la procédure d'ordonnance.
Pourquoi le Conseil d'État a-t-il refusé d'admettre le pourvoi ?
Parce qu'aucun des moyens soulevés n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi, c'est-à-dire qu'ils n'étaient pas sérieux.
Quelle est la conséquence du refus d'admission ?
Le pourvoi est rejeté, et la décision de la CNDA devient définitive.
Quels sont les recours possibles après un refus d'admission ?
Il n'existe pas de recours contre une décision de non-admission du Conseil d'État, sauf dans des cas très exceptionnels comme le recours en rectification d'erreur matérielle.

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