Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 2 octobre 2025, n° 499461

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:499461.20251002

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement rejetant une demande d'annulation d'un commandement de payer valant saisie immobilière pour des impositions locales et d'impôt sur le revenu est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a demandé l'annulation d'un commandement de payer valant saisie immobilière émis le 5 septembre 2022 pour des cotisations de taxes foncières, taxe d'habitation, impôt sur le revenu et prélèvements sociaux.
  • Le tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande par jugement du 16 mai 2023.
  • La cour administrative d'appel de Lyon a transmis le pourvoi au Conseil d'État le 5 décembre 2024.
  • Le requérant soutient notamment que l'action en recouvrement était prescrite, que la décision sur réclamation ne peut pas faire l'objet d'un recours en annulation, et que les saisies administratives à tiers détenteur n'ont pas été régulièrement notifiées.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun moyen n'était sérieux.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 274 du livre des procédures fiscales article L. 281 du livre des procédures fiscales articles R*. 281-3-1 et R*. 281-5 du livre des procédures fiscales article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Dijon d’annuler, d’une part, le commandement de payer valant saisie immobilière émis le 5 septembre 2022 par le comptable public du service des impôts des particuliers de Beaune pour avoir paiement de la somme de 282 048,55 euros correspondant à des cotisations de taxes foncières dues au titre des années 2010, 2013 et 2014, à des cotisations de taxe d’habitation dues au titre des années 2010, 2013, 2014 et 2017 à 2019, à des cotisations d’impôt sur le revenu dues au titre des années 2001, 2003 à 2009, 2011 à 2013 et 2017, ainsi qu’à des prélèvements sociaux dus au titre des années 2006 à 2008, et, d’autre part, la décision du 10 novembre 2022 par laquelle la directrice régionale des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or a rejeté sa réclamation. Par un jugement n° 2300087 du 16 mai 2023, ce tribunal a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 23LY02395 du 5 décembre 2024, enregistré au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat le même jour, la cour administrative d’appel de Lyon a transmis au Conseil d’Etat le pourvoi, enregistré le 13 juillet 2023 au greffe de cette cour, formé par M. A... contre ce jugement en tant qu’il a statué sur ses conclusions relatives à l’obligation de payer les sommes dues au titre de la taxe foncière et de la taxe d’habitation. Par ce pourvoi et un mémoire complémentaire, enregistré le 10 mars 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler ce jugement en tant qu’il a rejeté ses conclusions afférentes aux sommes dues au titre de la taxe foncière et de la taxe d’habitation ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Juliette Amar-Cid, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Romain Victor, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Waquet, Farge, Hazan, Feliers, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’il attaque, M. A... soutient que le tribunal administratif de Dijon : - l’a insuffisamment motivé et a commis une erreur de droit en écartant le moyen tiré de ce que l’action en recouvrement était, eu égard aux dates de mise en recouvrement des impositions en litige, manifestement prescrite, sans rechercher si l’application des règles encadrant, aux articles R*. 281-3-1 et R*. 281-5 du livre des procédures fiscales, la possibilité de se prévaloir de la prescription de l’action en recouvrement prévue à l’article L. 274 du même livre ne privait pas cette prescription de portée, constituant ainsi une atteinte disproportionnée au principe de sécurité juridique ; - a commis une erreur de droit en jugeant que la décision par laquelle l’administration fiscale statue sur la réclamation du contribuable présentée en application du premier alinéa de l’article L. 281 du livre des procédures fiscales a seulement pour finalité de lier le contentieux et ne peut pas faire l’objet d’un recours en annulation ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant, pour juger qu’il n’était plus recevable à invoquer la prescription de l’action en recouvrement, que les saisies administratives à tiers détenteur, émises le 19 octobre 2020, lui avaient été régulièrement notifiées le 23 octobre 2020 et mentionnaient les voies et délais de recours ; - a méconnu le principe du caractère contradictoire de la procédure en s’abstenant, à supposer qu’une pièce ait établi la notification régulière des saisies administratives à tiers détenteur en litige et le fait qu’elles mentionnaient les voies et délais de recours, de lui communiquer cette pièce. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Questions fréquentes

Comment contester un commandement de payer pour des impôts ?
Vous pouvez former une réclamation préalable auprès de l'administration fiscale, puis saisir le tribunal administratif. En cassation, le pourvoi doit passer par une procédure d'admission devant le Conseil d'État.
Quels sont les délais pour contester une saisie immobilière ?
Les délais varient selon la nature de la contestation. Pour la prescription de l'action en recouvrement, il faut se référer à l'article L. 274 du LPF. En général, les recours doivent être formés dans les deux mois suivant la notification de la décision.
Peut-on invoquer la prescription de l'action en recouvrement ?
Oui, mais sous conditions. La prescription peut être invoquée dans le cadre d'une contestation du recouvrement, mais il faut respecter les règles de procédure prévues aux articles R*. 281-3-1 et R*. 281-5 du LPF.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative. Il est soumis à une procédure d'admission : le pourvoi doit soulever un moyen sérieux pour être examiné au fond.
Quels sont les moyens sérieux pour obtenir l'annulation d'un jugement fiscal ?
Les moyens sérieux peuvent être une erreur de droit, une insuffisance de motivation, une dénaturation des faits, ou une méconnaissance du contradictoire. En l'espèce, le Conseil d'État a estimé qu'aucun moyen n'était sérieux.
Que faire si l'administration fiscale ne notifie pas correctement les actes ?
Vous pouvez contester la régularité de la notification dans le cadre d'un recours. Il faut démontrer que la notification n'a pas été faite dans les formes ou délais légaux, ce qui peut affecter la validité de la procédure.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.