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Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 27 novembre 2025, n° 499842

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:499842.20251127

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel confirmant la légalité d'un arrêté de péril imminent est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Un arrêté du 23 octobre 2020 de la maire d'Aix-en-Provence a enjoint aux propriétaires de parcelles de prendre des mesures provisoires pour mettre fin à un péril imminent.
  • M. A... a demandé l'annulation de cet arrêté devant le tribunal administratif de Marseille, qui a rejeté sa demande.
  • La cour administrative d'appel de Marseille a rejeté l'appel de M. A... par un arrêt du 18 octobre 2024.
  • M. A... a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt devant le Conseil d'État.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun des moyens soulevés n'était sérieux.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Marseille d’annuler l’arrêté du 23 octobre 2020 par lequel la maire d’Aix-en-Provence a enjoint aux propriétaires des parcelles cadastrées n°s 186, 327, 118, 119, 108, 109 de la section BE et n° 240 de la section BH de prendre dans un délai d’un mois à compter de sa notification des mesures provisoires dans le but de mettre fin à une situation de péril imminent et, à titre subsidiaire, d’annuler ce même arrêté en tant qu’il intègre les parcelles n°s 118 et 325 dans le périmètre du péril imminent. Par un jugement n°s 2009230, 2009633, 2009977, 2009978 et 2010054 du 4 mai 2023, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 23MA01674 du 18 octobre 2024, la cour administrative d’appel de Marseille a rejeté l’appel formé par M. A... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 18 décembre 2024 et le 18 mars 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de la commune d’Aix-en-Provence la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la construction et de l’habitation ; - le code général des collectivités territoriales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Pascal Trouilly, conseiller d'Etat, - les conclusions de M. Maxime Boutron, rapporteur public. La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SAS Boulloche, Colin, Stoclet et associés, avocat de M. A.... Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille qu’il attaque, M. A... soutient qu’il est entaché : - d’irrégularité, la cour s’étant abstenue de prendre en compte et de communiquer le mémoire qu’il avait produit le 24 septembre 2024 ; - d’inexacte qualification des faits de l’espèce en estimant que le péril grave et imminent pour la sécurité des riverains et usagers du chemin provenait, à titre prépondérant, de causes inhérentes au mur litigieux ; - d’inexacte qualification des faits de l’espèce en estimant que le danger n’était pas limité à la seule partie du mur déjà effondrée ; - d’erreur de droit et d’inexacte qualification des faits de l’espèce en jugeant que l’arrêté avait pu être légalement pris sur le fondement de l’article L. 511-3 du code de la construction et de l’habitation, alors que l’atteinte à la sécurité publique n’était pas caractérisée. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée à la commune d’Aix-en-Provence. Délibéré à l'issue de la séance du 6 novembre 2025 où siégeaient : Mme Laurence Helmlinger, assesseure, présidant ; M. Jean-Dominique Langlais, conseiller d'Etat et M. Pascal Trouilly, conseiller d'Etat-rapporteur. Rendu le 27 novembre 2025. La présidente : Signé : Mme Laurence Helmlinger Le rapporteur : Signé : M. Pascal Trouilly Le secrétaire : Signé : M. Bernard Longieras

Questions fréquentes

Que faire si je reçois un arrêté de péril imminent ?
Vous devez prendre les mesures provisoires demandées dans le délai imparti. Vous pouvez contester l'arrêté devant le tribunal administratif dans les deux mois suivant sa notification.
Comment contester un arrêté de péril imminent ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif. Si vous êtes débouté, vous pouvez faire appel devant la cour administrative d'appel, puis un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, sous réserve de l'admission de ce pourvoi.
Qu'est-ce qu'un péril imminent ?
Un péril imminent est un danger grave et actuel pour la sécurité des personnes ou des biens, justifiant des mesures d'urgence. Il est défini par le code de la construction et de l'habitation (articles L. 511-1 et suivants).
Puis-je contester un arrêté de péril si le danger ne concerne qu'une partie du mur ?
Oui, vous pouvez contester l'étendue du périmètre de l'arrêté si vous estimez que le danger est limité à une partie. Cependant, le juge vérifie si l'arrêté est proportionné à la situation.
Quel est le délai pour contester un arrêté de péril ?
Le délai de recours contentieux est de deux mois à compter de la notification de l'arrêté. Passé ce délai, l'arrêté devient définitif.
Le maire peut-il prendre un arrêté de péril sans expertise ?
Le maire peut prendre un arrêté de péril imminent sur la base d'un constat de danger. Une expertise n'est pas obligatoire, mais elle est souvent utile pour établir la réalité du péril.

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