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Conseil d'État, 10ème chambre jugeant seule, 28 novembre 2025, n° 500017

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:500017.20251128

Synthèse de la décision

Question juridique

Le Conseil d'État admet-il un pourvoi contre un arrêt de cour administrative d'appel qui a décliné la compétence de la juridiction administrative pour connaître de la responsabilité de l'État en raison des préjudices subis par les harkis du fait de leur abandon et de leur internement ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par les requérants, tirés de l'erreur de droit dans le déclin de compétence, de la méconnaissance de l'office du juge et de l'erreur de droit quant à la charge de la preuve, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Les consorts H... ont demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler la décision implicite du Premier ministre rejetant leur demande indemnitaire et de condamner l'État à leur verser 100 000 euros chacun.
  • Le tribunal administratif de Toulouse a rejeté leur demande par jugement du 20 avril 2023.
  • La cour administrative d'appel de Toulouse a rejeté leur appel par arrêt du 24 octobre 2024.
  • Les consorts H... se pourvoient en cassation contre cet arrêt.
  • Ils soutiennent que la cour a commis une erreur de droit en déclinant sa compétence pour connaître de la responsabilité pour faute de l'État en raison de la politique d'abandon des harkis.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. E... H..., Mme I... H..., Mme B... H..., M. G... H..., M. A... H..., M. F... H..., Mme D... H... et Mme C... H... ont demandé au tribunal administratif de Toulouse d’annuler la décision implicite par laquelle le Premier ministre a rejeté leur demande indemnitaire préalable et de condamner l’État à leur verser, à chacun, la somme de 100 000 euros en raison des préjudices subis en conséquence de l’abandon des harkis sur le sol algérien puis de leur internement dans le camp de Bias. Par un jugement n° 2201184 du 20 avril 2023, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté leur demande. Par un arrêt n° 23TL01461 du 24 octobre 2024, la cour administrative d’appel de Toulouse a rejeté l’appel formé contre ce jugement par les consorts H.... Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire enregistrés les 24 décembre 2024 et 24 mars 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, les consorts H... demandent au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à leurs demandes ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 6 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et son premier protocole additionnel ; - la loi n° 2022-229 du 23 février 2022 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Thomas Odinot, maître des requêtes, - les conclusions de Mme Leila Derouich, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SAS Boulloche, Colin, Stoclet et associés, avocat de M. H..., de Mme J... H..., de Mme B... H..., de Mme C... H..., de Mme D... H..., de M. E... H..., de M. F... H... et de M. G... H... ; Vu les notes en délibéré, enregistrées les 9 et 14 octobre 2025 présentées par les consorts H... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’ils attaquent les consorts H... soutiennent que la cour administrative d’appel de Toulouse l’a entaché : - d’erreur de droit pour avoir décliné sa compétence pour connaître de la responsabilité pour faute de l’Etat en raison des conséquences préjudiciables de la politique d’abandon par la France des harkis résidant en Algérie ; - de méconnaissance de son office, d’incompétence négative et d’erreur de droit en déclinant sa compétence sans avoir relevé d’office et examiné la responsabilité sans faute de l’Etat sur le fondement de l’égalité des citoyens devant les charges publiques du fait de décisions non détachables de la conduite des relations internationales de la France ; - d’erreur de droit quant à la charge de la preuve dès lors que leur époux et père étant un harki, il bénéficiait de la présomption d’avoir été privé du droit d’entrer sur le territoire français. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi des consorts H... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... H..., premier dénommé pour l’ensemble des requérants. Copie en sera adressée au ministre des armées et des anciens combattants. Délibéré à l'issue de la séance du 7 octobre 2025 où siégeaient : M.Bertrand Dacosta, président de chambre, présidant ; M. Olivier Yeznikian, conseiller d'Etat et M. Thomas Odinot, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 28 novembre 2025. Le président : Signé : M. Bertrand Dacosta Le rapporteur : Signé : M. Thomas Odinot La secrétaire : Signé : Mme Marie-Léandre Monnerville

Questions fréquentes

Quelle est la condition pour qu'un pourvoi en cassation soit admis par le Conseil d'État ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux.
Le Conseil d'État a-t-il admis le pourvoi des consorts H... ?
Non, le pourvoi n'a pas été admis car aucun moyen n'était de nature à permettre l'admission.
Quels étaient les moyens soulevés par les consorts H... ?
Ils soulevaient une erreur de droit sur la compétence, une méconnaissance de l'office du juge et une erreur sur la charge de la preuve.
La juridiction administrative est-elle compétente pour connaître de la responsabilité de l'État envers les harkis ?
La cour administrative d'appel a décliné sa compétence, et le Conseil d'État n'a pas admis le pourvoi, donc la décision de la cour est confirmée.
Quel est le fondement juridique de la demande des harkis ?
Ils invoquaient la responsabilité pour faute et sans faute de l'État, notamment sur le fondement de l'égalité devant les charges publiques.

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