Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 17 octobre 2025, n° 500210

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:500210.20251017

Synthèse de la décision

Question juridique

L'exécution d'office de travaux prescrits par un arrêté de péril imminent peut-elle inclure la démolition totale d'un immeuble, et le pourvoi en cassation contre l'arrêt de la cour administrative d'appel est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés de l'erreur de droit et de la dénaturation des faits, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Un arrêté de péril imminent a été pris le 16 octobre 2015 par le président de la Métropole de Lyon concernant un immeuble appartenant à M. B... à Feyzin.
  • La Métropole de Lyon a fait exécuter d'office des travaux de mise en sécurité, dont le coût a été mis à la charge de M. B... par un titre de recettes émis le 22 septembre 2021 pour un montant de 76 084,89 euros.
  • M. B... a demandé l'annulation de ce titre de recettes devant le tribunal administratif de Lyon, qui a rejeté sa demande par un jugement du 29 juin 2022.
  • La cour administrative d'appel de Lyon a rejeté l'appel de M. B... par un arrêt du 5 novembre 2024.
  • M. B... se pourvoit en cassation contre cet arrêt, soutenant que la cour a commis une erreur de droit en admettant que l'exécution de l'arrêté de péril imminent ait pu donner lieu à la démolition totale de son immeuble, et a dénaturé les faits en estimant que les travaux n'avaient pas excédé les prévisions de l'arrêté.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Lyon d’annuler le titre de recettes émis le 22 septembre 2021 par la Métropole de Lyon pour le recouvrement d’une somme de 76 084,89 euros correspondant au coût de l’exécution d’office de travaux de mise en sécurité prescrits par un arrêté de péril imminent du 16 octobre 2015 sur un immeuble lui appartenant situé 22, route de Lyon à Feyzin (Rhône). Par un jugement n° 2109203 du 29 juin 2022, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif a rejeté cette demande. Par un arrêt n° 22LY02622 du 5 novembre 2024, la cour administrative d’appel de Lyon a rejeté l’appel formé par M. B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 31 décembre 2024 et 25 mars 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’État, M. B... demande au Conseil d’État : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de la Métropole de Lyon la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la construction et de l’habitation ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Sarah Houllier, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Maxime Boutron, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Melka-Prigent-Drusch, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. B... soutient que la cour administrative d’appel de Lyon : - a commis une erreur de droit et dénaturé les termes de l’arrêté du président de la Métropole de Lyon du 16 octobre 2015 en admettant que l’exécution de cet arrêté, pris dans le cadre de la procédure de péril imminent prévue par la police spéciale des édifices menaçant ruine, qui n’autorise que des mesures provisoires, ait pu donner lieu à la démolition totale de son immeuble, par nature irréversible ; - a dénaturé les faits de l’espèce en estimant que les travaux exécutés d’office par la métropole n’avaient pas excédé les prévisions de l’arrêté du 16 octobre 2015, alors que leur nature et leur ampleur allaient manifestement au-delà de la démolition partielle des murs et de la charpente prescrite par cet arrêté. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée à la Métropole de Lyon.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un arrêté de péril imminent ?
C'est une décision administrative prise par le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale lorsque la sécurité des personnes est menacée par un immeuble. Il prescrit des mesures provisoires pour mettre fin au danger.
Que se passe-t-il si le propriétaire n'exécute pas les travaux prescrits ?
La collectivité peut faire exécuter les travaux d'office aux frais du propriétaire. Le coût est alors recouvré par un titre de recettes.
Puis-je contester le montant des travaux exécutés d'office ?
Oui, vous pouvez contester le titre de recettes devant le tribunal administratif, puis en appel et en cassation.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
Devant le Conseil d'État, un pourvoi en cassation doit d'abord être admis. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne soulève aucun moyen sérieux.
La démolition totale d'un immeuble peut-elle être ordonnée dans le cadre d'un péril imminent ?
En principe, les mesures prises dans le cadre d'un péril imminent doivent être provisoires. Une démolition totale, qui est irréversible, peut être contestée comme excédant les pouvoirs de l'administration, mais en l'espèce le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.