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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 21 novembre 2025, n° 500358

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:500358.20251121

Synthèse de la décision

Question juridique

Le refus de changement de nom fondé sur des motifs subjectifs liés à l'histoire personnelle et à la connotation négative du patronyme est-il conforme à l'article 8 de la CESDH et à l'article 61 du code civil ?

Principe retenu

Le changement de nom ne peut être autorisé que si le demandeur justifie d'un intérêt légitime. Des motifs subjectifs, tels que l'histoire personnelle ou la connotation négative du nom, ne suffisent pas à caractériser un intérêt légitime au sens de l'article 61 du code civil. Le refus de l'administration n'est pas contraire à l'article 8 de la CESDH.

Faits clés

  • M. A... a demandé au ministre de la Justice de substituer à son patronyme le nom de « C... ».
  • Le ministre a refusé par décision du 17 juin 2022.
  • Le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande le 8 février 2024.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté son appel le 7 novembre 2024.
  • M. A... se pourvoit en cassation devant le Conseil d'État, invoquant une inexacte application de l'article 8 de la CESDH et de l'article 61 du code civil.

Articles cités

article 61 du code civil article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... D... A... a demandé au tribunal administratif de Paris d’annuler la décision du ministre d'Etat, garde des sceaux, ministre de la Justice du 17 juin 2022 ayant refusé de faire droit à sa demande tendant à substituer à son patronyme le nom de « C... ». Par un jugement n° 2223503 du 8 février 2024, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 24PA01524 du 7 novembre 2024, la cour administrative d'appel de Paris a rejeté l’appel que M. A... a formé contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 7 janvier et 7 avril 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - le code civil ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Amélie Fort-Besnard, maîtresse des requêtes, - les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, au Cabinet Rousseau, Tapie, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. A... soutient que la cour administrative d’appel de Paris a fait une inexacte application des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ainsi que de l’article 61 du code civil en jugeant qu’il ne justifiait pas, en se bornant à faire état de motifs subjectifs qui se rattachent à son histoire personnelle et à la connotation négative de son patronyme, d’un intérêt légitime suffisant pour déroger aux principes de dévolution et de fixité du nom établis par la loi. Ce moyen n’est pas de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... D... A.... Copie en sera adressée au garde des sceaux, ministre de la justice.

Questions fréquentes

Puis-je changer de nom pour des raisons personnelles ?
Le changement de nom n'est possible que si vous justifiez d'un intérêt légitime. Des motifs subjectifs comme l'histoire personnelle ou la connotation négative du nom ne suffisent pas.
Qu'est-ce qu'un intérêt légitime pour changer de nom ?
Un intérêt légitime peut être par exemple un nom à consonance ridicule ou péjorative, ou un risque de confusion. Il doit être objectif et sérieux.
Comment faire une demande de changement de nom ?
La demande doit être adressée au ministre de la Justice, accompagnée des justificatifs de l'intérêt légitime. La procédure est définie par le code civil.
Que faire si ma demande de changement de nom est refusée ?
Vous pouvez contester le refus devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois, puis en appel et en cassation.
Le refus de changement de nom peut-il être contesté ?
Oui, le refus peut être contesté devant la juridiction administrative, en invoquant notamment la violation de l'article 8 de la CESDH.

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