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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 10 novembre 2025, n° 500396

Rejet d'une demande de sursis à exécution Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:500396.20251110

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel en matière de rappels de TVA et d'impôt sur le revenu est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.

Faits clés

  • M. B... a demandé la décharge de rappels de TVA et de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2010.
  • Le tribunal administratif de Lille a partiellement fait droit à sa demande, réduisant ses bases imposables.
  • La cour administrative d'appel de Douai a annulé partiellement le jugement et remis à la charge de M. B... les suppléments d'impôt.
  • M. B... s'est pourvu en cassation contre l'arrêt de la cour administrative d'appel.
  • Il a invoqué plusieurs moyens, notamment la méconnaissance de l'autorité de chose jugée, la dénaturation des pièces, et une erreur de qualification juridique.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Lille de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2010 et des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l’année 2010. Par un jugement n° 2100054 du 9 juin 2023, ce tribunal a réduit d’un montant de 130 354,40 euros les bases imposables à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux au titre de l’année 2010, prononcé la décharge correspondante et rejeté le surplus des conclusions de sa demande. Par un arrêt n°s 23DA01618, 23DA01724 du 7 novembre 2024, la cour administrative d’appel de Douai a, d’une part, sur appel du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, annulé partiellement ce jugement et remis à la charge de M. B... les suppléments d’impôt dont la décharge avait été prononcée par le tribunal et, d’autre part, rejeté l’appel formé par M. B... contre ce jugement ainsi que les conclusions d’appel incident présentées par ce dernier. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 8 janvier et 19 mai 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Muriel Deroc, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Arnaud Skzryerbak, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL cabinet Briard, Bonichot et associés, avocat de M. A... B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. B... soutient que la cour administrative d’appel de Douai a : - méconnu l’autorité de chose jugée attachée à l’arrêt de la cour d’appel de Douai du 31 mai 2015 et, par suite, commis une erreur de droit en refusant d’admettre l’existence d’achats par mandats postaux effectués auprès de M. C..., d’un montant total de 139 700 euros, alors que le juge pénal avait admis l’existence de ces achats pour ce montant afin de caractériser l’activité dissimulée d’achat et de revente d’objets en or au titre de l’année 2010 ; - dénaturé les pièces du dossier en jugeant qu’il ne justifiait pas d’achats en espèces, déductibles du bénéfice déterminé par le service, pour un montant supérieur à celui de 47 943 euros admis par ce dernier ; - inexactement qualifié les faits de l’espèce et dénaturé les pièces du dossier en jugeant que son activité d’achat et de revente d’or et de bijoux entrait dans le champ du régime dit de la taxe sur la valeur ajoutée sur la marge, applicable aux achats/ventes de biens d’occasion, alors qu’il procédait, en particulier, à l’acquisition d’or cassé, d’or dentaire, de broutilles et de débris d’or qui, ne remplissant plus leurs fonctionnalités initiales, ne pouvaient être regardés comme des biens d’occasion ; - dénaturé les pièces du dossier en jugeant qu’il n’était pas fondé à demander la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée contestés, à raison de la prise en compte d’achats d’or en espèces pour un montant supplémentaire de 120 121,90 euros et, par mandats postaux, pour un montant supplémentaire de 67 700 euros. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Délibéré à l'issue de la séance du 16 octobre 2025 où siégeaient : M. Stéphane Verclytte, président de chambre, présidant ; Mme Sylvie Pellissier, conseillère d'Etat et Mme Muriel Deroc, maîtresse des requêtes-rapporteure. Rendu le 10 novembre 2025. Le président : Signé : M. Stéphane Verclytte La rapporteure : Signé : Mme Muriel Deroc La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Comment se pourvoir en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation doit être formé dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée. Il doit être accompagné d'un mémoire exposant les moyens de cassation. Le Conseil d'État procède à une admission préalable : si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux, il est rejeté.
Qu'est-ce que la TVA sur la marge ?
Le régime de la TVA sur la marge s'applique aux ventes de biens d'occasion par un assujetti revendeur. La TVA est due sur la marge brute, c'est-à-dire la différence entre le prix de vente et le prix d'achat. Ce régime ne s'applique pas aux biens qui ne sont pas des biens d'occasion, comme l'or cassé ou les débris.
Comment prouver des achats en espèces pour réduire son bénéfice imposable ?
Pour déduire des achats en espèces de votre bénéfice imposable, vous devez être en mesure de les justifier par des pièces probantes, comme des reçus, des factures, ou des relevés bancaires. En l'absence de preuves, l'administration fiscale peut refuser la déduction.
Qu'est-ce que l'autorité de chose jugée ?
L'autorité de chose jugée est le principe selon lequel une décision de justice définitive s'impose aux parties et ne peut plus être remise en cause. En matière fiscale, une décision pénale définitive peut avoir une autorité de chose jugée sur les questions de fait qu'elle a tranchées.
Quels sont les délais pour contester un redressement fiscal ?
Le contribuable dispose d'un délai de deux mois pour saisir le tribunal administratif après la réception de la réponse aux observations ou de la décision de rejet. Ensuite, en cas de jugement défavorable, il a deux mois pour faire appel, puis deux mois pour se pourvoir en cassation.
Comment sont imposés les achats et reventes d'or ?
Les achats et reventes d'or sont imposés selon le régime des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) si l'activité est exercée à titre professionnel. La TVA peut s'appliquer, éventuellement selon le régime de la marge pour les biens d'occasion. Les bénéfices sont soumis à l'impôt sur le revenu.

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