Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 10ème chambre jugeant seule, 10 octobre 2025, n° 500399

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:500399.20251010

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant la demande d'annulation d'un permis de construire modificatif est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par les requérants, tirés d'une erreur de droit, d'une insuffisance de motivation et d'une dénaturation des pièces du dossier, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La collectivité de Saint-Barthélemy a accordé à la société TDF un permis de construire pour reconstruire un pylône de télécommunication.
  • Le tribunal administratif a sursis à statuer pour permettre la régularisation du vice tiré de l'erreur manifeste d'appréciation du danger pour la sécurité publique.
  • Un permis modificatif a été accordé le 4 mai 2022.
  • Le tribunal administratif a rejeté les demandes d'annulation du permis initial et du permis modificatif.
  • La cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté l'appel.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme article 112-2 du code de l'urbanisme, de l'habitation et de la construction de Saint-Barthélemy article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société civile immobilière (SCI) Panther Properties, M. B... Le Cotonnec et Mme Hin-Ha Tran Le Cotonnec ont demandé au tribunal administratif de Saint-Barthélemy d’annuler pour excès de pouvoir la délibération du 30 janvier 2020 par laquelle la collectivité de Saint-Barthélemy a accordé à la société TDF un permis de construire en vue de reconstruire un pylône de télécommunication. Par un premier jugement n° 2000023 du 25 janvier 2022, le tribunal administratif de Saint-Barthélemy a sursis à statuer, sur le fondement de l’article L. 600-5-1 du code de l’urbanisme, et imparti un délai pour régulariser le vice tiré de l’erreur manifeste d’appréciation du danger pour la sécurité publique représenté par le projet au regard de l’article 112-2 du code de l’urbanisme, de l’habitation et de la construction de Saint-Barthélemy. Puis, la SCI Panther Properties et autres ont, sur le fondement de l’article L. 600-5-2 du code de l’urbanisme, demandé au tribunal administratif de Saint-Barthélemy d’annuler pour excès de pouvoir la délibération du 4 mai 2022 par laquelle la collectivité de Saint-Barthélemy a accordé un permis modificatif à la société TDF. Par un second jugement n° 2000023 du 8 juillet 2022, le tribunal administratif de Saint-Barthélemy a rejeté ces deux demandes. Par un arrêt n° 22BX02451 du 8 octobre 2024, la cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté l’appel formé la SCI Panther Properties et autres contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 8 janvier et 8 avril 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la SCI Panther Properties et autres demandent au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de renvoyer l’affaire devant la cour administrative d'appel de Bordeaux ; 3°) de mettre à la charge solidaire de la collectivité de Saint-Barthelemy et de la société TDF la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de l’urbanisme, de la construction et de l’habitation de la collectivité de Saint-Barthélemy ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Alexandra Poirson, auditrice, - les conclusions de M. Frédéric Puigserver, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Célice, Texidor, Perier, avocat de la SCI Panther Properties et de M. et Mme B... Le Cotonnec ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux qu’ils attaquent, la SCI Panther Properties et autres soutiennent qu’il est entaché d’erreur de droit, d’insuffisance de motivation et de dénaturation des pièces du dossier en ce que, d’une part, il ne recherche pas si la gravité du risque est telle qu’elle ne permet la régularisation du permis initial qu’à la condition d’une implantation assurant une distance entre le pylône et la première habitation voisine supérieure à sa hauteur et en ce que, d’autre part, il s’abstient de quantifier le risque en cause. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la SCI Panther Properties et autres n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la SCI Panther Properties, à M. B... Le Cotonnec et à Mme Hin-Ha Tran Le Cotonnec. Copie en sera adressée au conseil territorial de la collectivité de Saint-Barthélemy et à la Société TDF. Délibéré à l'issue de la séance du 18 septembre 2025 où siégeaient : M. Olivier Yeznikian, conseiller d'Etat, présidant ; Mme Rozen Noguellou, conseillère d'Etat et Mme Alexandra Poirson, auditrice-rapporteure. Rendu le 10 octobre 2025. Le président : Signé : M. Olivier Yeznikian La rapporteure : Signé : Mme Alexandra Poirson La secrétaire : Signé : Mme Sylvie Leporcq

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative française contre une décision rendue en dernier ressort par une cour administrative d'appel. Il ne peut être fondé que sur des moyens de droit, et non sur une réappréciation des faits.
Quelles sont les conditions pour que le Conseil d'État admette un pourvoi ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur au moins un moyen sérieux. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne comporte aucun moyen sérieux.
Que signifie 'moyen sérieux' ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit qui paraît de nature à entraîner l'annulation de la décision attaquée, par exemple une erreur de droit, une insuffisance de motivation ou une dénaturation des faits.
Peut-on contester un permis de construire pour danger pour la sécurité publique ?
Oui, si le projet présente un danger pour la sécurité publique, il peut être entaché d'illégalité. Toutefois, un vice peut être régularisé par un permis modificatif si la régularisation est possible.
Qu'est-ce qu'un permis modificatif ?
C'est un permis qui modifie un permis de construire initial pour le rendre conforme aux règles d'urbanisme, par exemple pour corriger un vice. Il peut être délivré après un sursis à statuer du juge.
Quels sont les recours contre une décision de la cour administrative d'appel ?
Le principal recours est le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, qui est soumis à une procédure d'admission. Il doit être formé dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.