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Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 17 décembre 2025, n° 500600

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:500600.20251217

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel en matière de rappels de TVA est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante (insuffisance de motivation, erreur de qualification des faits, erreur de droit) n'ont pas été jugés de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La SAS Vers'o a fait l'objet de rappels de TVA pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017.
  • Le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande de décharge (jugement n° 2002174 du 14 février 2023).
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté son appel (arrêt n° 23PA01528 du 15 novembre 2024).
  • La société a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, soutenant trois moyens.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun moyen n'était sérieux.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 80 A du livre des procédures fiscales article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société par actions simplifiée (SAS) Vers’o a demandé au tribunal administratif de Paris de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017, ainsi que des intérêts de retard correspondants. Par un jugement n° 2002174 du 14 février 2023, ce tribunal a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 23PA01528 du 15 novembre 2024, la cour administrative d’appel de Paris a rejeté l’appel formé par la société Vers’o contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 15 janvier et 15 avril 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Vers’o demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Vincent Mahé, conseiller d'Etat, - les conclusions de M. Charles-Emmanuel Airy, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Gury & Maître, avocat de la Société Vers'o ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’État fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la société Vers’o soutient que la cour administrative d’appel de Paris : - l’a insuffisamment motivé en ne se prononçant pas sur le moyen, qui n’était pas inopérant, tiré de l’opposabilité, sur le fondement de l’article L. 80 A du livre des procédures fiscales, du paragraphe n° 80 des commentaires administratifs publiés le 13 mai 2014 au Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) - Impôts sous la référence BOI-TVA-DED-20-20 ; - a inexactement qualifié les faits de l’espèce et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que les conditions d’existence d’une société de fait n’étaient pas remplies au motif qu’elle ne pouvait être regardée comme ayant participé à la direction et au contrôle de l’affaire ; - a commis une erreur de droit en jugeant que l’administration pouvait lui opposer la situation apparente qu’elle aurait elle-même créée en souscrivant ses déclarations de taxe sur la valeur ajoutée sans révéler son appartenance à une société créée de fait. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Vers’o n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société par actions simplifiée Vers’o. Copie en sera adressée à la ministre de l’action et des comptes publics.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux (article L. 822-1 du code de justice administrative).
Quels sont les moyens invoqués par la société Vers'o dans son pourvoi ?
La société a invoqué trois moyens : insuffisance de motivation de l'arrêt, erreur de qualification des faits et dénaturation des pièces, et erreur de droit concernant l'opposabilité de la situation apparente.
Pourquoi le Conseil d'État a-t-il refusé d'admettre le pourvoi ?
Le Conseil d'État a estimé qu'aucun des moyens soulevés n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi, car ils n'étaient pas sérieux.
Quelle est la conséquence du refus d'admission du pourvoi ?
Le refus d'admission rend la décision de la cour administrative d'appel définitive. La société ne peut plus contester les rappels de TVA devant le Conseil d'État.

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