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Conseil d'État, 7ème chambre jugeant seule, 22 décembre 2025, n° 500753

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:500753.20251222

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant la contestation d'un titre exécutoire émis pour le coût de travaux de mise en conformité d'un centre de tri dans le cadre d'une délégation de service public est-il admis ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par la société requérante n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Valespace exploitait un centre de tri à Chambéry dans le cadre d'une délégation de service public avec le syndicat mixte Savoie Déchets.
  • Le syndicat a émis un titre exécutoire le 4 avril 2018 pour 1 225 769 euros correspondant au coût de travaux de mise en conformité.
  • Le tribunal administratif de Grenoble a rejeté la demande de la société Valespace le 5 novembre 2020.
  • La cour administrative d'appel de Lyon a annulé le jugement et le titre exécutoire le 23 février 2023, mais le Conseil d'État a annulé cet arrêt le 22 février 2024 et renvoyé l'affaire.
  • La cour administrative d'appel de Lyon a rejeté l'appel de la société Trivalo 38 (venant aux droits) le 21 novembre 2024.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Le société Valespace a demandé au tribunal administratif de Grenoble d’annuler le titre exécutoire émis le 4 avril 2018 par lequel le président du syndicat mixte de traitement des déchets Savoie Déchets l’a constituée débitrice de la somme de 1 225 769 euros correspondant au coût de travaux de mise en conformité du centre de tri de Chambéry qu’elle exploitait et de la décharger de l’obligation de payer cette somme. Par un jugement n° 1802961 du 5 novembre 2020, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté cette demande. Par un arrêt n° 20LY03741 du 23 février 2023, la cour administrative d'appel de Lyon a, sur appel de la société Dalkia Wastenergy Tri, venant au droit de la société Valespace, annulé ce jugement, annulé le titre exécutoire émis à son encontre et l’a déchargée du paiement de cette somme. Par une décision n° 473567 du 22 février 2024, le Conseil d’Etat a annulé cet arrêt et a renvoyé l’affaire à la cour administrative d’appel de Lyon. Par un arrêt n° 24LY00486 du 21 novembre 2024, la cour administrative d’appel de Lyon a rejeté l’appel formé par la société Trivalo 38, venant aux droits de la société Dalkia Wastenergy Tri, contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 21 janvier et 22 avril 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Trivalo 38 demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge du syndicat mixte de traitement des déchets Savoie-Déchets la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Marie Lehman, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Marc Pichon de Vendeuil, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Célice, Texidor, Perier, avocat de la société Trivalo 38 ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la société Trivalo 38 soutient que la cour administrative d’appel de Lyon a : - commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en jugeant que le moyen tiré de la méconnaissance du protocole transactionnel du 18 juillet 2016 était inopérant pour contester la légalité du titre exécutoire ; - dénaturé les pièces du dossier en jugeant que les parties avaient entendu mettre à la charge du délégataire des travaux de modernisation et insuffisamment motivé son arrêt en ne répondant pas au moyen tiré de ce que les travaux en cause correspondaient non pas à des travaux de mise en conformité mais à des travaux de modernisation qui ne pouvaient légalement être mis à la charge du délégataire ; - commis une erreur de droit, insuffisamment motivé son arrêt et dénaturé les pièces du dossier en jugeant que le rapport d’audit, d’une part, mettait en évidence des manquements contractuels exigeant des travaux de mise en conformité et, d’autre part, permettait de déduire la nature et l’ampleur des travaux à réaliser ; - commis une erreur de droit, insuffisamment motivé son arrêt et dénaturé les pièces du dossier en jugeant que le montant de 2 083 000 euros, correspondant au prix des travaux nécessaires à la réparation des manquements allégués, était suffisamment établi ; - méconnu son office en n’ordonnant pas une expertise pour déterminer le montant de ces travaux. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Trivalo 38 n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Trivalo 38. Copie en sera adressée au syndicat mixte de traitement des déchets Savoie-Déchets.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant le Conseil d'État contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative, comme une cour administrative d'appel. Il vise à faire annuler la décision pour erreur de droit ou autre irrégularité.
Comment obtenir l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. Le Conseil d'État refuse l'admission si le pourvoi est irrecevable ou ne présente aucun moyen sérieux.
Qui supporte le coût des travaux de mise en conformité dans une délégation de service public ?
Cela dépend des clauses du contrat de délégation. En général, les travaux de mise en conformité liés à l'exécution du service sont à la charge du délégataire, sauf stipulation contraire.
Puis-je contester un titre exécutoire émis par une collectivité ?
Oui, vous pouvez former un recours devant le juge administratif pour demander l'annulation du titre et la décharge de l'obligation de payer, en invoquant des moyens de légalité interne ou externe.
Une expertise est-elle obligatoire pour déterminer le montant des travaux ?
Non, le juge peut ordonner une expertise s'il l'estime nécessaire, mais il peut aussi se fonder sur les pièces du dossier si elles sont suffisantes.
Quels sont les délais pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai est de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée, sauf dispositions contraires.

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