Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 17 octobre 2025, n° 500765

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:500765.20251017

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel fixant l'indemnisation d'un manifestant blessé lors d'une opération de maintien de l'ordre est-il fondé sur des moyens sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés de l'inexacte qualification juridique des faits, de la dénaturation des pièces, d'erreurs de droit et de dénaturation, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a été blessé le 27 avril 2019 lors d'une manifestation de 'Gilets Jaunes' à Montpellier.
  • Il a demandé réparation à l'État pour un montant de 889 867,24 euros.
  • Le tribunal administratif de Montpellier a condamné l'État à verser 60 303,85 euros.
  • La cour administrative d'appel de Toulouse a ramené cette somme à 31 672 euros.
  • M. A... se pourvoit en cassation contre cet arrêt.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Montpellier de condamner l’Etat à lui verser la somme de 889 867,24 euros en réparation des préjudices subis le 27 avril 2019 lors d’une manifestation de « Gilets Jaunes » à Montpellier (Hérault). Par un jugement n° 2104714 du 7 mars 2023, le tribunal administratif a condamné l’Etat à lui verser la somme de 60 303,85 euros et a rejeté le surplus des conclusions de sa demande. Par un arrêt n° 23TL01059 du 19 novembre 2024, la cour administrative d’appel de Toulouse, sur appel de M. A... et appel incident du ministre de l’intérieur et des outre-mer, a ramené la somme allouée en première instance à 31 672 euros et rejeté le surplus des conclusions des parties. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 21 janvier et 11 juin 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel et de rejeter l’appel incident du ministre de l’intérieur et des outre-mer ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 500 euros à verser à la société Meier-Bourdeau, Lécuyer et associés, son avocat, au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la sécurité intérieure ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Sarah Houllier, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Maxime Boutron, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Meier-Bourdeau, Lecuyer et associés, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. A... soutient qu’il est entaché : - d’inexacte qualification juridique des faits en ce qu’il retient qu’il a commis une imprudence fautive de nature à exonérer partiellement l’Etat de sa responsabilité et de dénaturation des pièces du dossier à avoir évalué cette exonération à hauteur de 70 % ; - de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il retient que la consultation du médecin installé à Aix-en-Provence résulte de son choix personnel et ne justifie donc pas l’indemnisation de ses frais de déplacement ; - d’erreur de droit en ce qu’il refuse d’indemniser ses pertes de revenus du 4 mai 2019 jusqu’à la date de consolidation de son état de santé au motif qu’il ne démontre pas que son contrat aurait été prolongé après le 3 mai 2019, sans rechercher si la faute commise par l’Etat lui a causé une perte de chance de gains professionnels ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il a rejeté sa demande d’indemnisation au titre de l’incidence professionnelle ; - d’erreur de droit en ce qu’il a rejeté sa demande d’indemnisation au titre du préjudice d’agrément, faute d’établir son impossibilité d’exercer des activités de loisirs nécessitant une pleine vision. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.

Questions fréquentes

Puis-je obtenir réparation si je suis blessé lors d'une manifestation ?
Oui, si le dommage est imputable à une faute de l'administration, par exemple lors d'une opération de maintien de l'ordre. Vous pouvez saisir le tribunal administratif.
Quelle est la procédure pour demander réparation à l'État après un dommage causé par les forces de l'ordre ?
Il faut d'abord adresser une demande indemnitaire préalable à l'administration, puis, en cas de refus ou de silence, saisir le tribunal administratif dans un délai de deux mois.
Comment faire un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi doit être formé dans un délai de deux mois après la notification de la décision de la cour administrative d'appel. Il doit être motivé et soulever des moyens de droit.
Qu'est-ce qu'un moyen sérieux pour l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen qui paraît de nature à entraîner l'annulation de la décision attaquée, par exemple une erreur de droit ou une dénaturation des faits.
Quels préjudices peuvent être indemnisés en cas de blessure lors d'une manifestation ?
Les préjudices patrimoniaux (frais médicaux, pertes de revenus) et extrapatrimoniaux (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrément) peuvent être indemnisés.
L'État peut-il être tenu responsable des dommages causés lors d'une manifestation ?
Oui, si une faute lourde ou une faute simple est établie dans l'organisation ou l'exécution du maintien de l'ordre, la responsabilité de l'État peut être engagée.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.