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Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 2 octobre 2025, n° 501053

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:501053.20251002

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre l'arrêt de la cour administrative d'appel rejetant la demande d'annulation des décisions du CSA refusant l'autorisation d'exploiter un service de radio de catégorie A est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par l'association requérante n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • L'association Los Estuflaïres a demandé l'annulation des décisions du CSA du 9 octobre 2019 refusant sa demande d'autorisation d'exploiter le service de radio CFM Toulouse et accordant des autorisations à d'autres opérateurs.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté sa demande par un arrêt du 25 mars 2021, annulé par le Conseil d'Etat le 19 juillet 2023.
  • Après renvoi, la cour administrative d'appel a de nouveau rejeté sa demande par un arrêt du 29 novembre 2024.
  • L'association s'est pourvue en cassation contre ce dernier arrêt, soulevant plusieurs moyens.
  • Le Conseil d'Etat a examiné les moyens et a décidé de ne pas admettre le pourvoi.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : L’association « Los Estuflaïres » a demandé à la cour administrative d’appel de Paris d’annuler pour excès de pouvoir les décisions du 9 octobre 2019 par lesquelles le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a rejeté sa demande d’autorisation d’exploiter le service de radio de catégorie A par voie hertzienne terrestre en mode numérique dénommé CFM Toulouse dans l’allotissement local de Toulouse et a accordé une autorisation d’exploiter aux associations Radio Télé Montaillou, Euradio, Radio Ménergy et Radio Maria France et aux sociétés RTS FM, NRJ Réseau, Chérie FM Réseau et Radio Nostalgie Réseau, et d’enjoindre au CSA de réexaminer sa candidature sous astreinte de 150 euros par jour de retard à l’expiration d’un délai de deux mois. Par un arrêt n° 19PA04130 du 25 mars 2021, la cour administrative d’appel a rejeté sa demande. Par une décision n° 453010 du 19 juillet 2023, le Conseil d’Etat statuant au contentieux a annulé cet arrêt et renvoyé l’affaire devant la cour administrative d’appel. Par un arrêt n° 23PA03328 du 29 novembre 2024, la cour administrative d’appel a une nouvelle fois rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 29 janvier et 30 avril 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, l’association « Los Estuflaïres » demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), qui a succédé au CSA, la somme de 8 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Jean-Dominique Langlais, conseiller d'Etat, - les conclusions de M. Florian Roussel, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Gaschignard, Loiseau, Massignon, avocat de l'association « Los Estuflaïres » ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Paris qu’elle attaque, l’association requérante soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit et de méconnaissance de l’autorité de la chose jugée, en ce qu’il retient que le régulateur aurait pu prendre légalement les mêmes décisions au motif que la situation des radios de catégorie A n’est pas susceptible d’être significativement affectée par la délivrance de nouvelles autorisations ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier, en ce qu’il retient que l’étude d’impact à laquelle a procédé le régulateur pouvait se limiter aux impacts économiques et qu’elle pouvait légalement se dispenser d’étudier l’effet des décisions d’autorisation d’usage de la ressource radioélectrique sur la situation financière des services de radio de catégorie A ; - d’erreur de droit, d’inexacte qualification juridique des faits et d’insuffisance de motivation, en ce qu’il juge que l’attribution cumulative de trois autorisations à une même station n’est pas de nature à porter atteinte à l’impératif prioritaire de diversification des opérateurs ; - d’erreur de droit et d’insuffisance de motivation, en ce qu’il juge que le moyen pris de la méconnaissance de l’objectif de représentation suffisante des services de radio accomplissant une mission de communication sociale de proximité est inopérant ; - d’insuffisance de motivation, en ce qu’il omet de répondre au moyen tiré de la méconnaissance du critère relatif à la contribution à la production de programmes réalisés localement ; - d’erreur de droit, de dénaturation des pièces du dossier et d’insuffisance de motivation, en ce qu’il retient que le critère tiré de la durée quotidienne de diffusion du programme d’intérêt local (PIL) n’a pas été le seul critère pris en compte par le régulateur ; - d’omission de réponse au moyen tiré de la prise en compte erronée par le régulateur des rediffusions dans le décompte des informations et rubriques locales (IRL) et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il estime que la durée de diffusion de celles-ci ne figure pas à l’annexe II du dossier de candidature ; - d’omission de réponse au moyen tiré de ce que le régulateur n’a pas tenu compte de l’intérêt que présentent ses projets pour le public ; - d’erreur de droit, en ce qu’il juge que le régulateur n’avait pas à tenir compte de l’expérience des candidats. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de l’association « Los Estuflaïres » n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à l’association « Los Estuflaïres ». Copie en sera adressée à l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, à la société NRJ Réseau, à la société Chérie FM Réseau et à la société Radio Nostalgie Réseau. Délibéré à l'issue de la séance du 11 septembre 2025 où siégeaient : M. Jean-Philippe Mochon, président de chambre, présidant ; Mme Laurence Helmlinger, conseillère d'Etat et M. Jean-Dominique Langlais, conseiller d'Etat-rapporteur. Rendu le 2 octobre 2025. Le président : Signé : M. Jean-Philippe Mochon Le rapporteur : Signé : M. Jean-Dominique Langlais La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Pilet

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une radio de catégorie A ?
Une radio de catégorie A est une radio associative de proximité qui remplit une mission de communication sociale de proximité.
Quels sont les critères pour obtenir une autorisation d'exploiter une radio ?
Les critères incluent notamment la diversification des opérateurs, la représentation de services de communication sociale de proximité, la production de programmes locaux, et l'intérêt pour le public.
Que faire si ma demande d'autorisation radio est refusée ?
Vous pouvez contester la décision devant la cour administrative d'appel, puis éventuellement vous pourvoir en cassation devant le Conseil d'Etat.
Qu'est-ce que le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat ?
C'est un recours contre une décision d'une cour administrative d'appel, soumis à une procédure d'admission préalable. Le pourvoi n'est admis que s'il est fondé sur un moyen sérieux.
Quel est le rôle de l'Arcom ?
L'Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) est chargée de réguler le secteur audiovisuel, notamment d'attribuer les autorisations d'exploiter des services de radio.
Qu'est-ce que la diversification des opérateurs ?
C'est un objectif visant à éviter la concentration des médias et à assurer une pluralité d'opérateurs dans le paysage audiovisuel.

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