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Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 3 octobre 2025, n° 501157

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:501157.20251003

Synthèse de la décision

Question juridique

La transmission de deux établissements d'une entreprise individuelle peut-elle être qualifiée de transmission de deux branches complètes d'activités au sens de l'article 238 quindecies du CGI, permettant l'application du régime de faveur ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par les requérants, relatifs à la qualification de transmission de branches complètes d'activités, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. et Mme C... ont fait l'objet de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre de l'année 2017.
  • Ils ont demandé la décharge de ces impositions devant le tribunal administratif de Grenoble, qui a rejeté leur demande.
  • La cour administrative d'appel de Lyon a rejeté leur appel.
  • Ils se pourvoient en cassation devant le Conseil d'État.
  • Ils soutiennent que la transmission de deux établissements de leur entreprise individuelle constitue la transmission de deux branches complètes d'activités.

Articles cités

article 238 quindecies du code général des impôts article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... C... et Mme B... C... ont demandé au tribunal administratif de Grenoble de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l’année 2017 ainsi que des pénalités correspondantes. Par un jugement n° 2100956 du 5 janvier 2024, ce tribunal a rejeté leur demande. Par un arrêt n° 24LY00398 du 5 décembre 2024, la cour administrative d’appel de Lyon a jugé a rejeté l’appel formé par M. et Mme C... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 février et 28 avril 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. et Mme C... demandent au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à leur appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Emile Blondet, auditeur, - les conclusions de M. Charles-Emmanuel Airy, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Rocheteau, Uzan-Sarano & Goulet, avocat de M. et Mme C... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’ils attaquent, M. et Mme C... soutiennent que la cour administrative d’appel de Lyon : - l’a insuffisamment motivé et a commis une erreur de droit en jugeant, pour statuer sur l’application des dispositions de l’article 238 quindecies du code général des impôts, qu’ils avaient procédé à la transmission non pas de deux branches complètes d’activités mais d’une entreprise individuelle, sans rechercher, alors qu’ils l’y avaient invitée, si chacun des deux établissements de cette entreprise pouvait fonctionner de manière autonome ; - a commis une erreur de droit en se fondant, pour exclure l’existence de deux branches complètes d’activité, sur la seule circonstance que les deux établissements en litige avaient une même dénomination commerciale et un même numéro Siren ; - a donné aux faits de l’espèce une inexacte qualification juridique et a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant qu’ils avaient procédé à la transmission non pas de deux branches complètes d’activités mais d’une entreprise individuelle. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. et Mme C... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... C... et Mme B... C.... Copie en sera adressée au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. Délibéré à l'issue de la séance du 9 septembre 2025 où siégeaient : M. Thomas Andrieu, président de chambre, présidant ; M. Jonathan Bosredon, conseiller d'Etat et M. Emile Blondet, auditeur-rapporteur. Rendu le 3 octobre 2025. Le président : Signé : M. Thomas Andrieu Le rapporteur : Signé : M. Emile Blondet Le secrétaire : Signé : M. Aurélien Engasser

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une branche complète d'activité au sens de l'article 238 quindecies du CGI ?
Une branche complète d'activité est un ensemble d'éléments d'exploitation qui constituent une unité autonome permettant l'exercice d'une activité économique. La jurisprudence exige que la branche soit susceptible de fonctionner de manière autonome.
Comment savoir si mon entreprise individuelle peut être scindée en plusieurs branches complètes ?
Il faut vérifier si chaque établissement ou partie de l'entreprise dispose de moyens propres (personnel, matériel, clientèle) et peut fonctionner de manière indépendante. La dénomination commerciale et le numéro Siren ne sont pas déterminants.
Que se passe-t-il si mon pourvoi en cassation n'est pas admis ?
Si le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi, la décision de la cour administrative d'appel devient définitive. Vous ne pouvez plus contester la décision sur le fond.
Quels sont les moyens de cassation recevables devant le Conseil d'État ?
Les moyens de cassation doivent porter sur des erreurs de droit, des vices de procédure, une insuffisance de motivation, une dénaturation des faits ou une erreur de qualification juridique des faits.
Puis-je contester une décision fiscale en invoquant la dénaturation des pièces ?
Oui, la dénaturation des pièces du dossier est un moyen de cassation recevable, mais il doit être sérieux et démontrer que le juge a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des faits.

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