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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 21 novembre 2025, n° 501166

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:501166.20251121

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant une demande d'annulation d'une décision de refus de naturalisation est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas de nature à permettre l'admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante, relatifs à la méconnaissance du contradictoire, à l'erreur de droit sur l'office du juge et à l'appréciation du loyalisme, n'ont pas été jugés de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme A... a demandé l'annulation de la décision du 21 septembre 2020 du ministre de l'intérieur rejetant sa demande de naturalisation.
  • Le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande par jugement du 29 février 2024.
  • La cour administrative d'appel de Nantes a rejeté son appel par arrêt du 20 décembre 2024.
  • Mme A... s'est pourvue en cassation contre cet arrêt.
  • Elle a invoqué trois moyens : méconnaissance du contradictoire, erreur de droit sur l'office du juge, et erreur d'appréciation sur le loyalisme.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme C... A... épouse B... a demandé au tribunal administratif de Nantes d’annuler pour excès de pouvoir la décision du 21 septembre 2020 par laquelle le ministre de l’intérieur a rejeté sa demande de naturalisation. Par un jugement n° 2011210 du 29 février 2024, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 24NT00847 du 20 décembre 2024, la cour administrative d’appel de Nantes a rejeté l’appel formé par Mme A... contre ce jugement Par un pourvoi et un mémoire complémentaire enregistrés les 3 février et 30 avril 2025 septembre 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 € au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code civil ; - le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ; - le code de justice administrative. Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Amélie Fort-Besnard, maîtresse des requêtes, - les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP DELAMARRE ET JEHANNIN, avocat de Mme A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, Mme A... soutient que la cour administrative d’appel de Nantes a : - méconnu le principe du contradictoire, commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en se fondant sur une pièce qui ne correspond pas à celle annoncée par le ministre dans ses écritures sans faire usage de ses pouvoirs généraux d’instruction pour être pleinement éclairée sur ce point ; - commis une erreur de droit en se fondant, en méconnaissance de l’office du juge de l’excès de pouvoir, sur une « note blanche » postérieure à la décision attaquée ; - commis une erreur de droit et dénaturé les faits de l’espèce et les pièces du dossier en estimant que le ministre de l’intérieur avait pu, sans entacher sa décision d’erreur manifeste d’appréciation, considérer que son loyalisme à l’égard de la France n’était pas garanti. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme C... A..., épouse B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
C'est une procédure préalable devant le Conseil d'État qui filtre les pourvois : ils ne sont admis que s'ils sont recevables et fondés sur un moyen sérieux.
Quels sont les moyens de cassation invocables contre un arrêt de cour administrative d'appel ?
Les moyens doivent porter sur des erreurs de droit, la dénaturation des faits ou des pièces, ou la méconnaissance de règles de procédure.
Le juge peut-il se fonder sur une note blanche ?
Le juge peut se fonder sur des éléments produits par l'administration, mais il doit respecter le contradictoire et ne peut se fonder sur des pièces non communiquées.
Que signifie le loyalisme envers la France pour la naturalisation ?
Le loyalisme est une condition de la naturalisation : le demandeur doit manifester son attachement à la France et ne pas avoir de comportement contraire à l'ordre public.

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