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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 20 octobre 2025, n° 501510

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:501510.20251020

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre l'arrêt confirmant l'annulation d'une délibération modifiant le règlement intérieur d'un conseil municipal pour méconnaissance de l'article 2 de la Constitution est-il admis ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés ne sont pas de nature à permettre l'admission.

Faits clés

  • Le préfet des Pyrénées-Orientales a demandé l'annulation de la délibération du 21 juillet 2022 modifiant l'article 18 du règlement intérieur du conseil municipal de Saint-André.
  • Le tribunal administratif de Montpellier a annulé la délibération par jugement du 9 mai 2023.
  • La cour administrative d'appel de Toulouse a rejeté l'appel de la commune par arrêt du 12 décembre 2024.
  • M. A... et M. C... ont formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.
  • Ils soutenaient une irrégularité procédurale (non-rouverture de l'instruction) et une erreur de droit (méconnaissance de l'article 2 de la Constitution).

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article 2 de la Constitution article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Le préfet des Pyrénées-Orientales a demandé au tribunal administratif de Montpellier d’annuler la délibération du 21 juillet 2022 portant modification de l’article 18 du règlement intérieur du conseil municipal de Saint-André ainsi que la décision du 1er septembre 2022 par laquelle le maire de cette commune a rejeté son recours gracieux du 24 août 2022. Par un jugement n° 2205362 du 9 mai 2023, ce tribunal a fait droit à cette demande. Par un arrêt n° 23TL01635 du 12 décembre 2024, la cour administrative d’appel de Toulouse a rejeté l’appel formé par la commune de Saint-André contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 13 février et 14 mai 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B... A... et M. D... C... demandent au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à leur intervention ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la Constitution ; - le code général des collectivités territoriales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Nicolas Jau, maître des requêtes, - les conclusions de M. Thomas Pez-Lavergne, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Buk Lament - Robillot, avocat de M. B... A... et de M. D... C... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’ils attaquent, M. A... et M. C... soutiennent que la cour administrative d’appel de Toulouse : - l’a entaché d’irrégularité en ne rouvrant pas l’instruction à la suite de leur intervention et en ne se prononçant pas sur la recevabilité de celle-ci ; - a commis une erreur de droit en jugeant que la délibération litigieuse méconnaissait l’article 2 de la Constitution. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... et M. C... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A..., premier requérant dénommé. Copie en sera adressée à la commune de Saint-André, au préfet des Pyrénées-Orientales et au ministre de l'intérieur. Délibéré à l'issue de la séance du 25 septembre 2025 où siégeaient : Mme Sylvie Pellissier, conseillère d'Etat, présidant ; M. Philippe Ranquet, conseiller d'Etat et M. Nicolas Jau, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 20 octobre 2025. La présidente : Signé : Mme Sylvie Pellissier Le rapporteur : Signé : M. Nicolas Jau La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative française pour contester une décision rendue en dernier ressort par une cour administrative d'appel. Il est soumis à une procédure d'admission.
Quelles sont les conditions pour qu'un pourvoi soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne présente aucun moyen sérieux.
Que se passe-t-il si le pourvoi n'est pas admis ?
La décision attaquée devient définitive. Le pourvoi est rejeté sans examen au fond.
Un préfet peut-il contester une délibération d'un conseil municipal ?
Oui, le préfet peut déférer au tribunal administratif les actes des collectivités territoriales qu'il estime illégaux, dans le cadre du contrôle de légalité.
Qu'est-ce que l'article 2 de la Constitution ?
Il dispose que la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Il garantit l'égalité devant la loi et le respect des croyances.

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