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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 25 novembre 2025, n° 501722

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:501722.20251125

Synthèse de la décision

Question juridique

Dans quelles conditions un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État est-il admis au regard de l'existence de moyens sérieux ?

Principe retenu

Le Conseil d'État rejette l'admission d'un pourvoi en cassation lorsque celui-ci est irrecevable ou ne soulève aucun moyen sérieux de nature à permettre l'annulation de la décision attaquée. Cette procédure préalable d'admission permet d'écarter les recours dont les griefs ne sont pas fondés en droit ou en fait.

Faits clés

  • M. A a reçu un titre de perception en 2015 pour un trop-perçu.
  • Le requérant a contesté ce titre devant le tribunal administratif en 2019.
  • Le tribunal administratif et la cour administrative d'appel ont rejeté sa demande.
  • M. A a formé un pourvoi en cassation contre l'arrêt de la cour administrative d'appel.
  • Le Conseil d'État a examiné les moyens soulevés par le requérant concernant la motivation et la qualification juridique des faits par la cour.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Pau d’annuler le titre de perception d’un montant de 23 014,50 euros, émis à son encontre le 6 mars 2015 pour le recouvrement d’une somme versée en trop en exécution de la décision n° 358154 du Conseil d’État du 28 mai 2014 et de le décharger de l’obligation de payer la somme correspondante. Par un jugement n° 1900173 du 22 septembre 2022, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 22BX02909 du 18 décembre 2024, la cour administrative d’appel de Bordeaux a rejeté l’appel formé par M. A... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 19 février et 19 mai 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à ses conclusions d’appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Elodie Fourcade, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Thomas Pez-Lavergne, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL cabinet Briard, Bonichot et associés, avocat de M. B... A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. A... soutient que la cour administrative d’appel de Bordeaux : - l’a insuffisamment motivé, a commis une erreur de droit, inexactement qualifié les faits et dénaturé les pièces du dossier en jugeant que la règle jurisprudentielle selon laquelle le destinataire d’une décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable lui était opposable lors de l’enregistrement de sa requête au tribunal administratif le 17 janvier 2019 ; - a dénaturé les pièces du dossier en jugeant que le titre de perception du 6 mars 2015 mentionnait les voies et délais de recours ; - l’a insuffisamment motivé, a dénaturé les pièces du dossier et a inexactement qualifié les faits en jugeant que sa lettre du 6 octobre 2017 était de nature à faire courir le délai de recours ; - a commis une erreur de droit en ne tenant pas compte, pour apprécier le point de départ du délai de recours, de sa réclamation formée le 4 juin 2018. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée à la ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire. Délibéré à l'issue de la séance du 6 novembre 2025 où siégeaient : M. Stéphane Verclytte, président de chambre, présidant ; Mme Sylvie Pellissier, conseillère d'Etat et Mme Elodie Fourcade, maîtresse des requêtes en service extraordinaire-rapporteure. Rendu le 25 novembre 2025. Le président : Signé : M. Stéphane Verclytte La rapporteure : Signé : Mme Elodie Fourcade La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la procédure d'admission préalable ?
C'est une étape où le Conseil d'État vérifie si votre recours contient des arguments juridiques suffisamment solides pour justifier un examen complet.
Que signifie l'absence de 'moyen sérieux' ?
Cela signifie que les arguments soulevés ne permettent pas de démontrer une erreur de droit ou une irrégularité manifeste dans la décision attaquée.
Puis-je faire appel d'une décision de non-admission ?
Non, la décision de non-admission rendue par le Conseil d'État est définitive et insusceptible de recours.
Le Conseil d'État réexamine-t-il les preuves ?
Le juge de cassation ne juge pas les faits, il vérifie uniquement si les juges du fond ont correctement appliqué le droit et motivé leur décision.

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