Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 30 septembre 2025, n° 502054

Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:502054.20250930

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant une demande d'annulation d'un refus de permis de construire est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante, tirés de la dénaturation des écritures et de la méconnaissance du caractère contradictoire de la procédure, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société La Clé des Champs a demandé l'annulation d'un arrêté du maire d'Hussigny-Godbrange refusant un permis de construire un immeuble de dix-huit logements.
  • Le tribunal administratif de Nancy a annulé ce refus, mais la cour administrative d'appel de Nancy a annulé ce jugement et rejeté la demande de la société.
  • La société s'est pourvue en cassation devant le Conseil d'Etat.
  • La société soutenait que la cour avait dénaturé les écritures de la commune et relevé d'office un moyen sans respecter le contradictoire.
  • Le Conseil d'Etat a jugé qu'aucun de ces moyens n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 611-7 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société La Clé des Champs a demandé au tribunal administratif de Nancy d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 27 janvier 2022 par lequel le maire d’Hussigny-Godbrange (Meurthe-et-Moselle) a refusé de lui délivrer un permis de construire un immeuble de dix-huit logements sur les parcelles cadastrées section AD nos 0314, 0498, 0501 ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux. Par un jugement n° 2201560 du 7 février 2023, le tribunal administratif de Nancy a fait droit à cette demande. Par un arrêt n° 23NC01093 du 27 décembre 2024, la cour administrative d’appel de Nancy a, sur l’appel de la commune d’Hussigny-Godbrange, annulé ce jugement et rejeté la demande présentée par la société La Clé des Champs devant le tribunal administratif de Nancy. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 28 février et 30 mai 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société La Clé des Champs demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de rejeter l’appel de la commune d’Hussigny-Godbrange ; 3°) de mettre à la charge de la commune d’Hussigny-Godbrange la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Isabelle Tison, conseillère d’Etat, - les conclusions de M. Mathieu Le Coq, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Ohl, Vexliard, avocat de la société La Clé des Champs ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la société La Clé des Champs soutient que la cour administrative d’appel s’est méprise sur la portée des écritures de la commune d’Hussigny-Godbrange, qu’elle a dénaturées, et a méconnu le principe du caractère contradictoire de la procédure et les dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative en relevant d’office le moyen tiré de ce que la société La Clé des Champs ne justifiait pas d’un titre créant à son bénéfice une servitude de passage sur la parcelle n° 525, seule desserte possible du projet sur une voie ouverte à la circulation publique, et ne produisait aucun élément de nature à en établir l’existence. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société La Clé des Champs n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société La Clé des Champs. Copie en sera adressée à la commune d’Hussigny-Godbrange. Délibéré à l’issue de la séance du 4 septembre 2025 où siégeaient : M. Jean-Luc Nevache, conseiller d’Etat, présidant ; M. Edouard Geffray, conseiller d’Etat et Mme Isabelle Tison, conseillère d’Etat-rapporteure. Rendu le 30 septembre 2025. Le président : Signé : M. Jean-Luc Nevache La rapporteure : Signé : Mme Isabelle Tison La secrétaire : Signé : Mme Paule Troly

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'Etat ?
C'est un filtre préalable : le pourvoi n'est examiné au fond que s'il est recevable et fondé sur un moyen sérieux. Sinon, il est rejeté par une décision motivée.
Quels moyens sont considérés comme sérieux pour un pourvoi en cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît de nature à entraîner l'annulation de la décision attaquée, par exemple une erreur de droit, une dénaturation des faits, ou un vice de procédure.
Que se passe-t-il si mon pourvoi n'est pas admis ?
La décision attaquée devient définitive. Vous ne pouvez plus contester la décision juridictionnelle, sauf recours en rectification d'erreur matérielle ou en révision dans des cas très limités.
Le juge peut-il soulever un moyen d'office sans avertir les parties ?
Non, le juge doit informer les parties de son intention de soulever un moyen d'office et les inviter à présenter leurs observations, conformément à l'article R. 611-7 du code de justice administrative.
Comment démontrer une dénaturation des écritures ?
Il faut montrer que le juge a interprété les écritures de manière manifestement erronée, en leur donnant un sens qu'elles ne peuvent pas avoir, ce qui a influencé sa décision.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.