Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 30 septembre 2025, n° 502268

Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:502268.20250930

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel refusant de surseoir à statuer en raison d'une prétendue manœuvre frauduleuse du pétitionnaire est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par les requérants, tirés de la méconnaissance de la compétence de la cour, d'une erreur de droit et d'une dénaturation des pièces du dossier, n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le maire de Saint-Cyr-sur-Mer a accordé un permis de construire à la société Les Comptoirs de la transaction pour deux bâtiments recevant du public, des bureaux et des places de stationnement.
  • M. et Mme A... ont demandé l'annulation de la décision implicite de refus de retirer ce permis.
  • Le tribunal administratif de Toulon a rejeté leur demande.
  • La cour administrative d'appel de Marseille a rejeté l'appel.
  • Les consorts A... se sont pourvus en cassation, soutenant que la cour avait méconnu sa compétence, commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en refusant de surseoir à statuer dans l'attente du jugement du tribunal judiciaire, au motif que la société n'avait pas commis de manœuvre frauduleuse.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. F... A... et Mme C... A... ont demandé au tribunal administratif de Toulon d’annuler pour excès de pouvoir la décision implicite par laquelle le maire de Saint-Cyr-sur-Mer (Var) a refusé de retirer l’arrêté du 11 avril 2019 par lequel il a accordé à la société Les Comptoirs de la transaction un permis de construire deux bâtiments recevant du public attenant à un établissement existant, des bureaux et des places de stationnement, et la décision implicite de rejet de leur recours gracieux. Par un jugement n° 2001115 du 13 octobre 2023, le tribunal administratif de Toulon a rejeté cette demande. Par un arrêt n° 23MA02933 du 8 janvier 2025, la cour administrative d’appel de Marseille a rejeté l’appel formé par Mme C... A..., Mme B... E..., veuve A..., et Mme D... A..., ces deux dernières venant aux droits de M. A..., contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 10 mars et 10 juin 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, les consorts A... demandent au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Cyr-sur-Mer et de la société Les Comptoirs de la transaction la somme de 3 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Thomas Godmez, maître des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Mathieu Le Coq, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, au Cabinet François Pinet, avocat des consorts A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’ils attaquent, les consorts A... soutiennent que la cour administrative d’appel a méconnu sa compétence, commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant, pour refuser de surseoir à statuer dans l’attente du jugement à intervenir du tribunal judiciaire, que la société Les Comptoirs de la transaction n’avait pas procédé à une manœuvre frauduleuse en déclarant être habilitée à déposer la demande de permis de construire. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi des consorts A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme C... A..., première dénommée, pour l’ensemble des requérantes. Copie en sera adressée à la commune de Saint-Cyr-sur-Mer et à la société Les Comptoirs de la transaction. Délibéré à l’issue de la séance du 4 septembre 2025 où siégeaient : M. Jean-Luc Nevache, conseiller d’Etat, présidant ; M. Edouard Geffray, conseiller et d’Etat M. Thomas Godmez, maître des requêtes en service extraordinaire-rapporteur. Rendu le 30 septembre 2025. Le président : Signé : M. Jean-Luc Nevache Le rapporteur : Signé : M. Thomas Godmez La secrétaire : Signé : Mme Paule Troly

Questions fréquentes

Puis-je contester un permis de construire délivré à mon voisin ?
Oui, en tant que voisin, vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir contre le permis de construire, sous réserve d'avoir un intérêt à agir.
Comment faire pour obtenir l'annulation d'un permis de construire ?
Vous devez saisir le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de l'affichage du permis, puis éventuellement faire appel et pourvoi en cassation.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative qui vérifie la bonne application du droit par les juges du fond, sans rejuger les faits.
Quelles sont les conditions pour que mon pourvoi soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux, c'est-à-dire un moyen de droit ou de procédure susceptible de remettre en cause la décision attaquée.
Que signifie 'moyen sérieux' dans une procédure de cassation ?
Un moyen sérieux est un argument juridique qui n'est pas manifestement infondé et qui est de nature à entraîner la cassation de la décision.
Puis-je demander un sursis à statuer en attendant une décision du tribunal judiciaire ?
Oui, le juge administratif peut surseoir à statuer si la solution du litige dépend d'une question préjudicielle relevant du juge judiciaire, mais il n'y est pas obligé.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.