Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 12 novembre 2025, n° 502300

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:502300.20251112

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant une demande d'indemnisation et de réintégration liée à une sanction préfectorale et à une décision de non-renouvellement de conventions d'occupation temporaire du domaine public est-il admis ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante, tirés de la dénaturation des pièces du dossier, n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a demandé au tribunal administratif de Marseille la condamnation de l'État à lui verser 127 031,95 euros en réparation des préjudices subis du fait de l'illégalité de l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 30 mars 2017 portant suspension pour 3 mois du carreau des producteurs du marché d'intérêt national de Marseille.
  • Elle a également demandé l'annulation de la décision implicite de la société Somimar refusant de la réintégrer au sein du marché et d'enjoindre à cette société de la réintégrer.
  • Le tribunal administratif a rejeté ses demandes par jugement du 12 mai 2022.
  • La cour administrative d'appel de Marseille a rejeté l'appel par arrêt du 10 janvier 2025.
  • Mme C... A..., venant aux droits de Mme B... décédée, a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme D... B... a demandé au tribunal administratif de Marseille, d’une part, de condamner l’Etat à lui verser la somme de 127 031,95 euros en réparation des préjudices qu’elle estime avoir subis du fait de l’illégalité de l’arrêté du préfet des Bouches du Rhône du 30 mars 2017 portant suspension pour une durée de 3 mois du carreau des producteurs du marché d’intérêt national de Marseille, assortie du paiement des intérêts au taux légal à compter du 28 janvier 2020 et de la capitalisation de ces intérêts, et d’autre part, d’annuler la décision implicite par laquelle la société Somimar a refusé de la réintégrer au sein de ce marché et d’enjoindre à cette société de l’y réintégrer ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande. Par un jugement n° 2003958 du 12 mai 2022, ce tribunal a rejeté ces demandes. Par un arrêt n° 23MA01401 du 10 janvier 2025, la cour administrative d’appel de Marseille a rejeté l’appel formé par Mme B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 11 mars et 12 juin 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme C... A..., venant aux droits de Mme B..., décédée en cours d’instance, demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à la demande de Mme B... ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat et de la société Somimar la somme de 3 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général de la propriété des personnes publiques ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Benjamin Duca-Deneuve, maître des requêtes, - les conclusions de M. Charles-Emmanuel Airy, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Lyon-Caen, Thiriez, avocat de Mme A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’État fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, Mme A... soutient que la cour administrative d’appel de Marseille a : - dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant que la décision de la société Somimar de ne pas renouveler les conventions d’occupation temporaire du domaine public de trois emplacements au sein du carreau des producteurs du marché d’intérêt national de Marseille dont bénéficiait Mme B... ne présentait pas de lien avec la sanction que le préfet des Bouches-du-Rhône a infligée à cette dernière par un arrêté du 30 mars 2017 ; - dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant que la décision implicite de la société Somimar de ne pas faire droit à la demande de réintégration au sein du carreau des producteurs du marché d’intérêt national de Marseille formée par Mme B... le 28 janvier 2020 était motivée par les manquements, notamment financiers, qu’elle a relevés et que l’illégalité de la sanction préfectorale prise le 30 mars 2017 à l’encontre de Mme B... était sans influence sur la légalité de cette décision. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme C... A.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur et à la société Somimar. Délibéré à l'issue de la séance du 14 octobre 2025 où siégeaient : Mme Emilie Bokdam-Tognetti, présidente de chambre, présidant ; M. Jonathan Bosredon, conseiller d'Etat et M. Benjamin Duca-Deneuve, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 12 novembre 2025. La présidente : Signé : Mme Emilie Bokdam-Tognetti Le rapporteur : Signé : M. Benjamin Duca-Deneuve Le secrétaire : Signé : M. Aurélien Engasser

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une procédure d'admission des pourvois en cassation ?
C'est une procédure préalable devant le Conseil d'État qui filtre les pourvois : seuls ceux qui sont recevables et fondés sur un moyen sérieux sont admis.
Quels moyens sont considérés comme sérieux pour un pourvoi en cassation ?
Les moyens sérieux sont ceux qui sont de nature à entraîner la cassation de la décision attaquée, comme une erreur de droit, une dénaturation des faits, ou un vice de procédure.
Puis-je contester une décision de non-renouvellement de mon occupation du domaine public ?
Oui, vous pouvez contester cette décision devant le juge administratif, mais il faut démontrer son illégalité, par exemple en raison d'un vice de procédure ou d'une erreur manifeste d'appréciation.
Comment obtenir réparation après une sanction administrative illégale ?
Vous pouvez demander réparation devant le juge administratif en engageant la responsabilité de l'administration, en démontrant l'illégalité de la sanction et le préjudice direct et certain qui en résulte.
Qu'est-ce qu'une dénaturation des faits ?
C'est une erreur commise par un juge du fond qui interprète les pièces du dossier de manière contraire à leur sens évident, ce qui peut constituer un moyen de cassation.
Quel est le rôle du Conseil d'État dans les litiges administratifs ?
Le Conseil d'État est la juridiction suprême de l'ordre administratif. Il juge en cassation les décisions rendues par les cours administratives d'appel et peut aussi être juge de premier ressort pour certaines affaires.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.