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Conseil d'État, 9ème chambre jugeant seule, 30 septembre 2025, n° 502332

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:502332.20250930

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel statuant sur des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas de nature à permettre l'admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par les requérants n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. et Mme A... C... ont fait l'objet de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2012 et 2013.
  • Le tribunal administratif de Paris a rejeté leur demande de décharge par jugement du 1er juin 2023.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté leur appel par arrêt du 10 janvier 2025.
  • Les requérants ont formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.
  • Ils ont soulevé des moyens relatifs à la motivation des propositions de rectification et à la méthode de reconstitution des recettes de la société La Chaine Royale.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. et Mme B... et D... A... C... ont demandé au tribunal administratif de Paris de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de contributions sociales ainsi que des pénalités correspondantes auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2012 et 2013. Par un jugement n° 2011922 du 1er juin 2023, ce tribunal a rejeté leur demande. Par un arrêt n° 23PA03549 du 10 janvier 2025, la cour administrative d’appel de Paris a rejeté l’appel formé par M. et Mme A... C... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 12 mars, 12 juin et 24 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. et Mme A... C... demandent au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à leur appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Serge Gouès, conseiller d'Etat, - les conclusions de Mme Céline Guibé, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, au cabinet Munier-Apaire, avocat de M. et Mme A... C... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’ils attaquent, M. et Mme A... C... soutiennent que la cour administrative d’appel de Paris : - l’a insuffisamment motivé et a commis une erreur de droit en écartant leur moyen tiré de l’insuffisance de motivation de la proposition de rectification du 26 juin 2015 relative à leur imposition personnelle, alors que celle du 3 avril 2015 concernant la société La Chaine Royale, par référence à laquelle la première était motivée, n’était pas jointe et leur avait été transmise pour information près de trois mois auparavant ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que la proposition de rectification du 26 juin 2015 était suffisamment motivée alors qu’elle ne mentionnait pas, pour la détermination des contributions sociales, l’application du coefficient multiplicateur de 1,25 ; - a commis une erreur de droit et une erreur de qualification juridique des faits en jugeant que la première méthode de reconstitution des recettes de la société La Chaine Royale, dite méthode des liquides, mise en œuvre par le vérificateur n’était pas radicalement viciée dans son principe alors que cette société ne disposait pas de la licence permettant de vendre de l’alcool indépendamment des repas servis et que les achats d’alcool réalisés l’étaient en partie pour le compte de la société Le Prestige ; - a commis une erreur de droit et une erreur de qualification juridique des faits en jugeant que les éventuelles erreurs entachant la seconde méthode de reconstitution des recettes retenue par le vérificateur, fondée sur le prix moyen du repas, étaient sans incidence sur les impositions en litige. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. et Mme A... C... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. et Mme B... et D... A... C.... Copie en sera adressée au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. Délibéré à l'issue de la séance du 11 septembre 2025 où siégeaient : Mme Anne Egerszegi, présidente de chambre, présidant ; M. Nicolas Polge, conseiller d'Etat et M. Serge Gouès, conseiller d'Etat-rapporteur. Rendu le 30 septembre 2025. La présidente : Signé : Mme Anne Egerszegi Le rapporteur : Signé : M. Serge Gouès Le secrétaire : Signé : M. Brian Bouquet La République mande et ordonne au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative française contre une décision rendue en dernier ressort par une cour administrative d'appel. Il est soumis à une procédure d'admission préalable.
Quand le Conseil d'État refuse-t-il d'admettre un pourvoi ?
Le Conseil d'État refuse l'admission si le pourvoi est irrecevable ou s'il n'est fondé sur aucun moyen sérieux.
Que signifie 'moyen sérieux' ?
Un moyen sérieux est un argument de droit ou de fait qui paraît de nature à remettre en cause la décision attaquée, par exemple une erreur de droit, une dénaturation des faits ou une insuffisance de motivation.
Quelles sont les conséquences d'une non-admission ?
La décision attaquée devient définitive. Le requérant ne peut plus contester la décision devant le Conseil d'État.
Peut-on se faire assister d'un avocat pour un pourvoi en cassation ?
Oui, la représentation par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation est obligatoire pour les pourvois en cassation.

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