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Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 30 septembre 2025, n° 502345

Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:502345.20250930

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement rejetant une demande d'annulation de permis de construire est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par les requérants, relatifs à la fraude, à l'insertion du projet et au respect du règlement du PLU, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Des permis de construire ont été délivrés par le maire d'Aix-en-Provence à la société Speri pour un immeuble collectif de 28 logements.
  • L'association syndicale libre Saint-Michel du Pigonnet et plusieurs particuliers ont demandé l'annulation de ces permis.
  • Le tribunal administratif de Marseille a rejeté leurs demandes par un jugement du 13 janvier 2025.
  • Les requérants se pourvoient en cassation contre ce jugement.
  • Ils invoquent notamment une fraude, une méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et du règlement du PLU.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 111-27 du code de l'urbanisme article UM 5 du règlement du plan local d'urbanisme

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : L’association syndicale libre Saint-Michel du Pigonnet, Mme E... O..., M. G... I..., M. S... H..., M. Q... A..., M. D... R..., M. J... K..., Mme L... C... épouse T..., M. D... F..., M. B... P... et Mme U... M... ont demandé au tribunal administratif de Marseille d’annuler pour excès de pouvoir les trois arrêtés des 31 août 2016, 20 octobre 2016 et 9 mars 2017 par lesquels le maire d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) a accordé à la société Speri un permis de construire, un permis rectificatif et un permis modificatif pour un immeuble collectif de vingt-huit logements sur deux terrains situés 17 et 19, avenue du Colonel N.... Par un jugement nos 1608571, 1609174, 1703446 du 24 juin 2019, le tribunal administratif de Marseille a rejeté ces demandes. Par une décision n° 433919 du 30 décembre 2020, le Conseil d’Etat, statuant au contentieux a annulé ce jugement et renvoyé l’affaire au tribunal administratif de Marseille. L’association syndicale libre Saint-Michel du Pigonnet, Mme O..., M. I..., M. A..., M. K..., M. F... et Mme M... ont demandé au tribunal administratif de Marseille d’annuler pour excès de pouvoir, outre les trois arrêtés des 31 août 2016, 20 octobre 2016 et 9 mars 2017, l’arrêté du 26 août 2021 par lequel le maire d’Aix-en-Provence a délivré à la société Speri un second permis de construire modificatif. Par un jugement n° 2010338 du 13 janvier 2025, le tribunal administratif de Marseille a rejeté ces demandes. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 13 mars et 16 juin 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, l’association syndicale libre Saint-Michel du Pigonnet, Mme M..., Mme O..., M. A..., M. I..., M. F... et M. K... demandent au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à leurs demandes ; 3°) de mettre à la charge de la commune d’Aix-en-Provence la somme de 6 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Thomas Godmez, maître des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Mathieu Le Coq, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Lyon-Caen, Thiriez, avocat de l’association syndicale libre Saint-Michel du Pigonnet et autres ; Vu la note en délibéré, enregistrée le 9 septembre 2025, présentée par l’association syndicale libre Saint-Michel du Pigonnet, Mme M..., Mme O..., M. A..., M. I..., M. F... et M. K... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’ils attaquent, l’association syndicale libre Saint-Michel du Pigonnet et autres soutiennent que : - le tribunal administratif a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que les permis de construire en litige n’étaient pas entachés de fraude alors qu’ils avaient démontré, en se fondant sur les surfaces taxables de stationnement et les surfaces habitables, que les surfaces de plancher déclarées de la construction projetée avaient été volontairement minorées pour échapper à l’obligation de construction de logements sociaux ; - il a insuffisamment motivé son jugement, commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que les permis de construire en litige n’étaient pas entachés de fraude alors que les documents présentant l’insertion du projet dans son environnement avaient été conçus de façon à tromper le service instructeur de la commune d’Aix-en-Provence ; - il a commis une erreur de droit en se référant aux caractéristiques d’un autre quartier que celui de l’implantation du projet pour juger que l’insertion de celui-ci dans son environnement ne méconnaissait pas les dispositions de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme ; - il a insuffisamment motivé son jugement, commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que le projet ne méconnaissait pas les dispositions de l’article UM 5 du règlement du plan local d’urbanisme alors qu’ils avaient prouvé que l’augmentation de la surface taxable de stationnement induisait nécessairement une méconnaissance de l’obligation de laisser en espace libre 40 % de la surface du terrain d’assiette du projet. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de l’association syndicale libre Saint-Michel du Pigonnet et autres n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à l’association syndicale libre Saint-Michel du Pigonnet, première dénommée, pour l’ensemble des requérants. Copie en sera adressée à la société Speri et à la commune d’Aix-en-Provence. Délibéré à l'issue de la séance du 4 septembre 2025 où siégeaient : M. Jean-Luc Nevache, conseiller d'Etat, présidant ; M. Edouard Geffray, conseiller d'Etat et M. Thomas Godmez, maître des requêtes en service extraordinaire-rapporteur. Rendu le 30 septembre 2025. Le président : Signé : M. Jean-Luc Nevache Le rapporteur : Signé : M. Thomas Godmez La secrétaire : Signé : Mme Paule Troly

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat ?
C'est un recours devant le Conseil d'Etat contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative, comme un tribunal administratif ou une cour administrative d'appel. Il vise à faire annuler ou réformer la décision pour erreur de droit.
Comment faire admettre mon pourvoi en cassation ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. Le Conseil d'Etat examine les moyens soulevés et refuse l'admission s'ils ne sont pas de nature à permettre l'admission.
Qu'est-ce qu'un moyen sérieux ?
Un moyen sérieux est un argument de droit ou de fait qui paraît de nature à remettre en cause la décision attaquée. Il doit être suffisamment fondé pour justifier un examen approfondi.
Que faire si un permis de construire est frauduleux ?
Vous pouvez contester le permis devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de l'affichage du permis. Vous devez démontrer que le permis a été obtenu par des manœuvres frauduleuses, par exemple en minorant les surfaces.
Qu'est-ce que l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ?
Cet article prévoit que le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions s'il est de nature à porter atteinte à l'insertion du projet dans son environnement.
Puis-je attaquer un permis de construire pour non-respect du PLU ?
Oui, si le projet ne respecte pas les règles du plan local d'urbanisme (PLU), vous pouvez demander son annulation devant le tribunal administratif. Vous devez justifier d'un intérêt à agir, par exemple en tant que voisin.

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