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Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 30 septembre 2025, n° 502398

Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:502398.20250930

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel annulant un permis de construire pour surélévation est-il fondé sur des moyens sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par la commune n'est de nature à justifier l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme A... a demandé l'annulation d'un permis de construire délivré le 24 janvier 2019 par le maire du Pouliguen à M. D... pour la surélévation d'une maison d'habitation.
  • Le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande par jugement du 31 mai 2022.
  • La cour administrative d'appel de Nantes a annulé ce jugement et le permis par arrêt du 14 janvier 2025.
  • La commune du Pouliguen a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun moyen n'était sérieux.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme C... A... a demandé au tribunal administratif de Nantes l’annulation pour excès de pouvoir de l’arrêté du 24 janvier 2019 par lequel le maire du Pouliguen (Loire-Atlantique) a délivré à M. B... D... un permis de construire portant sur la surélévation d’une maison d’habitation. Par un jugement n° 1906808 du 31 mai 2022, le tribunal administratif de Nantes a rejeté cette demande. Par un arrêt n° 22NT02447 du 14 janvier 2025, la cour administrative d’appel de Nantes a, sur l’appel formé par Mme A..., annulé ce jugement et annulé le permis litigieux. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 14 mars et 13 juin 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la commune du Pouliguen demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de rejeter l’appel de Mme A... ; 3°) de mettre à la charge de Mme A... la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code du patrimoine ; - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Jean-Luc Matt, conseiller d’Etat, - les conclusions de M. Mathieu Le Coq, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Buk Lament, Robillot, avocat de la commune du Pouliguen ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la commune du Pouliguen soutient que : - la cour administrative d’appel a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que Mme A... justifie de sa qualité de propriétaire par la production d’un acte notarié relatif à une succession datant de 1979 et un avis de taxe foncière datant de 2019 ; - elle a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en appréciant l’intérêt pour agir de Mme A... au sens de l’article L. 600-1-2 du code de l’urbanisme sans apprécier la réalité des atteintes alléguées sur les conditions d’occupation de sa propriété ; - elle a inexactement qualifié les faits et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que Mme A... justifie suffisamment de son intérêt pour agir ; - elle a commis une erreur de droit en jugeant que l’article UA 10 du règlement du plan local d’urbanisme ne permet pas de déroger à la hauteur maximale de 9 mètres lorsque la construction est située entre deux immeubles de hauteur supérieure qui ne sont pas implantés sur des parcelles contiguës ; - elle a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que les travaux de surélévation constituent une extension qui n’est pas mesurée ; - elle a commis une erreur de droit en jugeant applicables les dispositions du règlement de l’aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine concernant la conservation des toitures d’origine, alors qu’elles avaient été élaborées en tenant compte des travaux de surélévation en litige déjà réalisés et qu’elles ne sauraient concerner des travaux de surélévation. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à justifier l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la commune du Pouliguen n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la commune du Pouliguen. Copie en sera adressée à Mme C... A... et à M. B... D.... Délibéré à l’issue de la séance du 4 septembre 2025 où siégeaient : M. Jean-Luc Nevache, conseiller d’Etat, présidant ; M. Edouard Geffray, conseiller d’Etat et M. Jean-Luc Matt, conseiller d’Etat-rapporteur. Rendu le 30 septembre 2025. Le président : Signé : M. Jean-Luc Nevache Le rapporteur : Signé : M. Jean-Luc Matt La secrétaire : Signé : Mme Paule Troly

Questions fréquentes

Quel est le délai pour former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le délai est de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée, conformément à l'article R. 821-1 du code de justice administrative.
Qu'est-ce que l'intérêt pour agir en matière d'urbanisme ?
L'intérêt pour agir est la condition selon laquelle le requérant doit justifier d'un intérêt personnel et direct à contester un permis de construire, conformément à l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme.
Peut-on déroger à la hauteur maximale prévue par le PLU ?
Le PLU peut prévoir des dérogations, mais elles doivent être expressément prévues par le règlement. En l'espèce, la cour a jugé que la dérogation ne s'appliquait pas car les immeubles n'étaient pas contigus.
Qu'est-ce qu'une aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine (AVAP) ?
C'est une servitude d'utilité publique qui protège le patrimoine architectural et paysager, et qui peut imposer des règles de conservation des toitures.
Que se passe-t-il si le pourvoi en cassation n'est pas admis ?
La décision de la cour administrative d'appel devient définitive et le pourvoi est rejeté.

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