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Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 30 septembre 2025, n° 502508

Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:502508.20250930

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement rejetant une demande d'annulation d'une décision de péremption de permis de construire est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Casa del Sol a demandé l'annulation de la décision du 3 décembre 2021 par laquelle la commune de Sainte-Maxime a prononcé la péremption de son permis de construire six maisons d'habitation.
  • Le tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande par un jugement du 26 juin 2024.
  • La société a formé un pourvoi en cassation contre ce jugement.
  • Le pourvoi a été transmis au Conseil d'État par ordonnance du président de la cour administrative d'appel de Marseille.
  • La société soutient que le jugement est insuffisamment motivé, que la péremption n'est pas établie, et que les faits ont été inexactement qualifiés.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 424-17 du code de l'urbanisme article L. 9 du code de justice administrative article R. 351-2 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Casa del Sol a demandé au tribunal administratif de Toulon d’annuler pour excès de pouvoir la décision du 3 décembre 2021 par laquelle la commune de Sainte-Maxime (Var) a prononcé la péremption de son permis de construire six maisons d’habitation ainsi que la décision du 7 janvier 2022 confirmant cette décision. Par un jugement n° 2200307 du 26 juin 2024, le tribunal administratif de Toulon a rejeté cette demande. Par une ordonnance no 24MA02353 du 11 mars 2025, enregistrée le 18 mars 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, le président de la cour administrative d’appel de Marseille a transmis au Conseil d’Etat, en application de l’article R. 351-2 du code de justice administrative, le pourvoi, enregistré le 6 septembre 2024 au greffe de cette cour, présenté par la société Casa del Sol. Par ce pourvoi et par deux nouveaux mémoires, enregistrés les 17 juin et 23 juillet 2025, la société Casa del Sol demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Sainte-Maxime la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Isabelle Tison, conseillère d’Etat, - les conclusions de M. Mathieu Le Coq, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Boullez, avocat de la société Casa Del Sol ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’elle attaque, la société Casa del Sol soutient que : - le tribunal administratif a insuffisamment motivé son jugement, en méconnaissance de l’article L. 9 du code de justice administrative, faute d’expliquer la raison pour laquelle il a considéré les documents qu’elle avait produits comme des factures et écarté la qualification de « situations de travaux » ; - il a commis une erreur de droit et méconnu le champ d’application de la loi en jugeant que la péremption du permis de construire était établie alors que la commune n’avait pas caractérisé une interruption de travaux d’une durée supérieure à une année ; - il a commis une erreur de droit au regard de l’article R. 424-17 du code de l’urbanisme, inexactement qualifié les faits de l’espèce et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que le chantier avait fait l’objet d’une interruption d’une durée supérieure à un an de nature à entraîner la péremption du permis de construire. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Casa del Sol n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Casa del Sol. Copie en sera adressée à la commune de Sainte-Maxime. Délibéré à l’issue de la séance du 4 septembre 2025 où siégeaient : M. Jean-Luc Nevache, conseiller d’Etat, présidant ; M. Edouard Geffray, conseiller d’Etat et Mme Isabelle Tison, conseillère d’Etat-rapporteure. Rendu le 30 septembre 2025. Le président : Signé : M. Jean-Luc Nevache La rapporteure : Signé : Mme Isabelle Tison La secrétaire : Signé : Mme Paule Troly

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la péremption d'un permis de construire ?
La péremption est la caducité du permis de construire lorsque les travaux sont interrompus pendant plus d'une année, conformément à l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme.
Comment contester une décision de péremption ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif dans les deux mois suivant la notification de la décision, puis un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État si le tribunal rejette votre demande.
Le Conseil d'État examine-t-il tous les pourvois ?
Non, le Conseil d'État soumet les pourvois à une procédure d'admission. Il refuse d'admettre les pourvois irrecevables ou non fondés sur un moyen sérieux.
Quels sont les moyens sérieux pour un pourvoi en cassation ?
Un moyen sérieux peut être une erreur de droit, une insuffisance de motivation, une dénaturation des faits ou une méconnaissance de la loi.

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