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Conseil d'État, 7ème chambre jugeant seule, 5 février 2026, n° 502513

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:502513.20260205

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel fixant l'indemnisation due par un département au titre de la responsabilité sans faute pour les dommages causés par un arbre implanté sur une propriété départementale est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le département n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Un peuplier d'Italie implanté sur une propriété départementale a causé des dommages à M. et Mme C...
  • Le tribunal administratif de Lille a condamné le département à verser 96 668,69 euros aux époux C...
  • La cour administrative d'appel de Douai a réduit l'indemnité à 89 319,28 euros pour pertes d'exploitation et 3 601,69 euros pour frais d'expertise, avec garantie de la compagnie Generali IARD
  • Le département du Pas-de-Calais a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun moyen n'était sérieux

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme B... C... et M. A... C... ont demandé au tribunal administratif de Lille de condamner le département du Pas-de-Calais à leur verser la somme de 143 977 euros au titre des préjudices qu’ils ont subis du fait de la croissance d’un peuplier d’Italie implanté sur une propriété départementale, sous déduction des sommes déjà versées à titre provisionnel. Par un jugement n° 2006566 du 14 mars 2023, le tribunal a mis à la charge du département du Pas-de-Calais le versement à M. et Mme C... de la somme de 96 668,69 euros, déduction faite des sommes versées à titre provisionnel. Par un arrêt n° 23DA00884 du 23 janvier 2025, la cour administrative d’appel de Douai, sur appel du département du Pas-de-Calais, a fixé à la somme de 89 319,28 euros l’indemnité due par département du Pas-de-Calais à M. C... en réparation du préjudice de pertes d’exploitation, compte non tenu de la somme de 65 000 euros versée à l’intéressé à titre provisionnel, soit une somme restant à verser s’élevant à 24 319,28 euros, mis à la charge du département la somme de 3 601,69 euros à verser à M. et Mme C... en réparation du préjudice constitué des frais de l’expertise judiciaire restés à leur charge, dit que la compagnie Generali IARD garantira le département à hauteur des sommes de 24 319,28 euros et 3 601,69 euros et rejeté le surplus des conclusions de la requête et des demandes des parties. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 18 mars et 16 juin 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, le département du Pas-de-Calais demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de M. et Mme C... et de la société Generali IARD la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code civil ; - le code des assurances ; - le code de commerce ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. François-Xavier Bréchot, maître des requêtes, - les conclusions de M. Nicolas Labrune, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Delamarre et Jéhannin, avocat du département du Pas-de-Calais ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, le département du Pas-de-Calais soutient que la cour administrative d’appel de Douai a : - commis une erreur de droit et méconnu son office en caractérisant l’existence d’un lien de causalité direct, alors qu’elle statuait dans le cadre d’une responsabilité sans faute ; - insuffisamment motivé sa décision et inexactement qualifié les faits en jugeant que le préjudice subi par M. et Mme C... était grave et spécial ; - commis une erreur de droit en jugeant qu’il ne pouvait se prévaloir de la faute d’un tiers pour s’exonérer ou atténuer sa responsabilité ; - commis une erreur de droit et dénaturé les faits et pièces du dossier en fixant le montant de l’indemnité mise à sa charge en se fondant exclusivement sur une attestation d’un expert-comptable ; - commis une erreur de droit en présumant que les époux C... étaient mariés sous le régime matrimonial de la communauté légale pour écarter le moyen tiré de ce que l’indemnisation n’était due qu’à M. C..., seul exploitant de la boulangerie ; - commis une erreur de droit et dénaturé les faits et pièces du dossier en limitant l’étendue de la garantie de la société Generali IARD au motif que le précédent assureur du département avait déjà versé pour son compte des sommes aux requérants. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi du département du Pas-de-Calais n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée au département du Pas-de-Calais. Copie en sera adressée à M. A... C... premier dénommé des défendeurs et à la société Generali IARD.

Questions fréquentes

Que faire si un arbre appartenant à une collectivité cause des dommages à ma propriété ?
Vous pouvez engager une action en responsabilité contre la collectivité propriétaire de l'arbre. Il est conseillé de rassembler des preuves (photos, constats) et de consulter un avocat pour évaluer vos chances.
Comment obtenir réparation pour des dommages causés par un arbre sur un terrain public ?
Vous devez saisir le tribunal administratif compétent dans un délai de deux mois à compter de la décision de rejet de votre demande indemnitaire préalable. L'indemnisation peut couvrir les dommages matériels et les pertes d'exploitation.
Quelle est la responsabilité d'un département pour les dommages causés par les arbres sur ses terrains ?
Le département peut être tenu responsable sans faute si le dommage est grave et spécial, et présente un lien de causalité direct avec l'arbre. Il peut également être responsable pour faute si une négligence est prouvée.
Puis-je demander une indemnisation pour pertes d'exploitation dues à un arbre tombé ?
Oui, si vous subissez une perte d'exploitation en raison d'un dommage causé par un arbre appartenant à une collectivité, vous pouvez demander réparation, à condition de prouver le lien de causalité et le caractère certain du préjudice.
Quel est le délai pour former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le délai est de deux mois à compter de la notification de la décision de la cour administrative d'appel. Passé ce délai, le pourvoi est irrecevable.
Qu'est-ce qu'un moyen sérieux pour l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît de nature à entraîner la cassation de la décision attaquée. Il doit être fondé sur une erreur de droit, une dénaturation des faits ou un défaut de motivation.

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