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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 25 novembre 2025, n° 502571

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:502571.20251125

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant un recours contre une sanction disciplinaire est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a été sanctionné d'une exclusion temporaire de fonctions de dix-huit mois avec sursis de six mois par arrêté du maire de Montbrison du 29 juin 2021.
  • Le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande d'annulation le 1er mars 2023.
  • La cour administrative d'appel de Lyon a rejeté son appel le 22 janvier 2025.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État contre cet arrêt.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, considérant qu'aucun moyen n'était sérieux.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 611-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 décret n° 89-677 du 18 septembre 1989

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Lyon d’annuler l'arrêté du 29 juin 2021 par lequel le maire de Montbrison lui a infligé la sanction d'exclusion temporaire de fonctions d’une durée de dix-huit mois, assortie d'un sursis de six mois. Par un jugement n° 2106924 du 1er mars 2023, le tribunal administratif de Lyon a rejeté cette demande. Par un arrêt n° 23LY01412 du 22 janvier 2025, la cour administrative d'appel de Lyon a rejeté l’appel formé par M. B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 20 mars et 14 mai 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Montbrison la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ; - la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ; - le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Christine Allais, conseillère d'Etat en service extraordinaire, - les conclusions de M. Thomas Pez-Lavergne, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP L. Poulet, Odent, avocat de M. A... B... ; Vu la note en délibéré, enregistrée le 13 novembre 2025, présentée par M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. B... soutient que la cour administrative d’appel de Lyon : - l’a entaché d’irrégularité en ne communiquant pas, en méconnaissance des dispositions de l’article R. 611-1 du code de justice administrative, son mémoire en réplique du 28 mai 2024 qui contenait un moyen nouveau ; - a méconnu les règles relatives à la charge de la preuve en écartant le moyen tiré de l’irrégularité de la procédure suivie devant le conseil de discipline au motif qu’il ne ressortait d’aucune pièce du dossier que la présidente du conseil de discipline se serait abstenue de mettre aux voix les différentes propositions de sanction en commençant par la plus sévère, alors que le procès-verbal doit apporter par lui-même la preuve de la régularité de la procédure ; - a retenu une solution, quant à l’adéquation de la sanction, hors de proportion avec la gravité des faits reprochés. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée à la commune de Montbrison. Délibéré à l'issue de la séance du 6 novembre 2025 où siégeaient : M. Stéphane Verclytte, président de chambre, présidant ; Mme Sylvie Pellissier, conseillère d'Etat et Mme Christine Allais, conseillère d'Etat en service extraordinaire-rapporteure. Rendu le 25 novembre 2025. Le président : Signé : M. Stéphane Verclytte La rapporteure : Signé : Mme Christine Allais La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour qu'un pourvoi en cassation soit admis par le Conseil d'État ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne comporte aucun moyen sérieux.
Que signifie 'moyen sérieux' dans le cadre d'un pourvoi en cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît de nature à remettre en cause la solution retenue par les juges du fond. Il doit être suffisamment étayé et susceptible de prospérer.
Quelle est la durée maximale d'une exclusion temporaire de fonctions pour un agent territorial ?
Selon le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989, l'exclusion temporaire de fonctions peut aller jusqu'à trois ans pour les agents de la fonction publique territoriale, mais la durée précise dépend de la gravité des faits et de la procédure.
Le conseil de discipline doit-il respecter des règles de procédure spécifiques ?
Oui, le conseil de discipline doit respecter les règles de procédure prévues par les textes, notamment en ce qui concerne la convocation, la communication du dossier, le déroulement des débats et le vote des sanctions. Le procès-verbal doit attester de la régularité de la procédure.
Que faire si je conteste la régularité de la procédure disciplinaire ?
Vous pouvez contester la sanction devant le tribunal administratif en soulevant des moyens tirés de l'irrégularité de la procédure. Si le tribunal rejette votre demande, vous pouvez faire appel devant la cour administrative d'appel, puis former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
Le Conseil d'État examine-t-il le fond de l'affaire lors d'un pourvoi ?
Non, le Conseil d'État, en tant que juge de cassation, ne rejuge pas les faits. Il vérifie que les juges du fond ont correctement appliqué le droit et la procédure. Il peut annuler l'arrêt s'il est entaché d'une erreur de droit ou d'une irrégularité.

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