Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 10 novembre 2025, n° 502608

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:502608.20251110

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel relatif à l'exonération de plus-value immobilière et aux pénalités pour manquement délibéré est-il admis ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par les requérants n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. et Mme A... ont vendu un appartement détenu par la SCI Raylia et ont demandé l'exonération de la plus-value sur le fondement de l'article 150 U du CGI.
  • L'administration fiscale a remis en cause cette exonération au motif que le délai de vacance du bien avant la vente excédait un délai raisonnable.
  • Le tribunal administratif de Poitiers a prononcé la décharge de l'amende prévue à l'article 1760 du CGI mais a rejeté le surplus des conclusions.
  • La cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté l'appel des contribuables et, sur appel incident du ministre, a rétabli l'amende.
  • Les contribuables se pourvoient en cassation contre cet arrêt.

Articles cités

article 150 U du code général des impôts article 170 du code général des impôts article 1729 du code général des impôts article 1760 du code général des impôts article L. 822-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. et Mme B... A... ont, par deux instances distinctes, demandé au tribunal administratif de Poitiers de prononcer la décharge, d’une part, de l’amende mise à leur charge au titre de l’article 1760 du code général des impôts par avis de mise en recouvrement du 15 juin 2018 et, d’autre part, des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre de l’année 2014, ainsi que des pénalités correspondantes. Par un jugement n°s 2201349, 2201350 du 5 août 2022, ce tribunal a prononcé la décharge de l’amende et rejeté le surplus des conclusions de leurs demandes. Par un arrêt n° 22BX02826 du 9 janvier 2025, la cour administrative d’appel de Bordeaux a rejeté l’appel formé par M. et Mme A... contre ce jugement en tant qu’il leur est défavorable et, faisant droit aux conclusions incidentes du ministre de l’économie des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, rétabli l’amende mise à leur charge et réformé le jugement du tribunal en ce qu’il a de contraire. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 21 mars et 19 mai 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. et Mme A... demandent au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à leur appel et de rejeter l’appel incident du ministre ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Muriel Deroc, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Arnaud Skzryerbak, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP L. Poulet, Odent, avocat de M. et Mme B... A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’ils attaquent, M. et Mme A... soutiennent que la cour administrative d’appel de Bordeaux : - l’a insuffisamment motivé et a commis une erreur de droit en retenant, pour juger que la plus-value résultant de la vente de l’appartement de la SCI Raylia ne pouvait bénéficier de l’exonération prévue par le 1° du II de l’article 150 U du code général des impôts au motif que le délai de vacance du bien avant sa vente excédait un délai raisonnable, qu’un tel délai était en principe d’une année ; - a commis une erreur de droit en jugeant que le délai pendant lequel l’appartement était demeuré inoccupé, avant sa vente, ne pouvait être regardé comme normal ; - a commis une erreur de droit et inexactement qualifié les faits de l’espèce en se fondant, pour juger fondées les pénalités mises à leur charge sur le fondement du a. de l’article 1729 du code général des impôts, sur le fait que M. A... avait perçu des allocations pour le nouveau logement loué pour sa fille à Paris et qu’il s’était porté caution pour ce nouveau logement, alors que de tels éléments n’étaient pas de nature à révéler l’existence d’une omission déclarative, ni par suite d’un manquement délibéré et, qu’en outre, l’administration n’apportait aucun élément en ce sens ; - l’a insuffisamment motivé, a commis une erreur de droit et a dénaturé les écritures de l’administration fiscale en jugeant que celle-ci devait être regardée comme établissant le caractère délibéré du manquement reproché par le fait que M. A... était un « professionnel de l’immobilier », sans préciser la nature de cette profession et alors que l’administration fiscale ne s’en était jamais prévalue ; - a commis une erreur de droit en remettant à leur charge l’amende prévue à l’article 1760 du code général des impôts, dont le tribunal avait prononcé la décharge, alors qu’en application de l’article 170 du même code, dans sa rédaction applicable, une plus-value bénéficiant de l’exonération prévue au 1° du I de l’article 150 U de ce code n’était soumise à aucune obligation déclarative et que tel était le cas en l’espèce. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. et Mme A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. et Mme B... A.... Copie en sera adressée au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Délibéré à l'issue de la séance du 16 octobre 2025 où siégeaient : M. Stéphane Verclytte, président de chambre, présidant ; Mme Christine Allais, conseillère d'Etat en service extraordinaire et Mme Muriel Deroc, maîtresse des requêtes-rapporteure. Rendu le 10 novembre 2025. Le président : Signé : M. Stéphane Verclytte La rapporteure : Signé : Mme Muriel Deroc La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Quel est le délai raisonnable de vacance d'un bien pour bénéficier de l'exonération de plus-value ?
Selon la jurisprudence, un délai de vacance d'un an est en principe considéré comme raisonnable, mais cela dépend des circonstances.
Que signifie un manquement délibéré ?
Un manquement délibéré est une inexactitude ou une omission déclarative commise intentionnellement, ce qui justifie des pénalités majorées.
Comment contester une amende pour défaut de déclaration de plus-value ?
Vous pouvez former une réclamation contentieuse auprès de l'administration fiscale, puis saisir le tribunal administratif.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
C'est un filtre préalable : le Conseil d'État n'admet le pourvoi que s'il est recevable et fondé sur un moyen sérieux.
Un professionnel de l'immobilier est-il automatiquement considéré comme de mauvaise foi ?
Non, la qualité de professionnel de l'immobilier peut être un indice, mais l'administration doit apporter des éléments prouvant le caractère délibéré du manquement.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.