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Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 4 novembre 2025, n° 502687

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:502687.20251104

Synthèse de la décision

Question juridique

Des travaux préparatoires de faible ampleur réalisés peu avant l'expiration du délai de péremption d'un permis de construire peuvent-ils interrompre ce délai ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante, notamment celui tiré de ce que des travaux préparatoires de faible ampleur, réalisés peu avant la péremption, auraient interrompu le délai, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Le Saint-François a obtenu un permis de construire le 15 avril 2019 pour un immeuble de neuf logements.
  • Le maire de Vallauris Golfe-Juan a constaté la caducité du permis par une attestation du 21 avril 2022.
  • Le tribunal administratif de Nice a rejeté la demande d'annulation de cette attestation le 15 janvier 2025.
  • La société a formé un pourvoi en cassation contre ce jugement.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, considérant qu'aucun moyen n'était sérieux.

Articles cités

article R. 424-17 du code de l'urbanisme article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 351-2 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société civile de construction-vente Le Saint-François a demandé au tribunal administratif de Nice d’annuler pour excès de pouvoir l’attestation du 21 avril 2022 par laquelle le maire de Vallauris Golfe-Juan (Alpes-Maritimes) a constaté la caducité du permis de construire qui lui avait été délivré le 15 avril 2019 pour la construction d’un immeuble collectif de neuf logements. Par un jugement n° 2202575 du 15 janvier 2025, le tribunal administratif de Nice a rejeté cette demande. Par une ordonnance n° 25MA00660 du 19 mars 2025, enregistré au secrétariat de la section du contentieux le 25 mars 2025, le président de la cour administrative d’appel de Marseille a transmis au Conseil d’Etat, en application de l’article R. 351-2 du code de justice administrative, le pourvoi, enregistré le 14 mars 2025 au greffe de cette cour, formé par la société Le Saint-François contre ce jugement. Par ce pourvoi et par un nouveau mémoire, enregistré le 10 juin 2025, la société Le Saint-François demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Vallauris Golfe-Juan la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Cyril Noël, maître des requêtes, - les conclusions de M. Thomas Janicot, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Marlange, de la Burgade, avocat de la société Le Saint-François ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’elle attaque, la société Le Saint-François soutient que : - le tribunal administratif a entaché son jugement d’irrégularité et méconnu le caractère contradictoire de la procédure en tenant compte de la note en délibéré produite par la commune de Vallauris Golfe-Juan sans l’avoir soumise au débat contradictoire ; - il a commis une erreur de droit au regard à l’article R. 424-17 du code de l’urbanisme et a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que les travaux préparatoires à l’exécution du permis de construire en litige ne pouvaient, en raison de leur faible ampleur, de leur réalisation peu de temps avant la péremption de ce permis et de l’importance du projet envisagé, être regardés comme ayant eu pour effet d’interrompre le délai de péremption du permis de construire délivré le 15 avril 2019. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Le Saint-François n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société civile de construction-vente Le Saint-François. Copie en sera adressée à la commune de Vallauris Golfe-Juan. Délibéré à l’issue de la séance du 18 septembre 2025 où siégeaient : Mme Gaëlle Dumortier, présidente de chambre, présidant ; M. Jean-Luc Nevache, conseiller d’Etat et M. Cyril Noël, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 4 novembre 2025. La présidente : Signé : Mme Gaëlle Dumortier Le rapporteur : Signé : M. Cyril Noël Le secrétaire : Signé : M. Hervé Herber

Questions fréquentes

Quels travaux interrompent le délai de péremption d'un permis de construire ?
Selon la jurisprudence, des travaux préparatoires de faible ampleur réalisés peu avant l'expiration du délai et sans rapport avec l'importance du projet ne sont pas de nature à interrompre le délai de péremption.
Que se passe-t-il si mon permis de construire est caduc ?
Si le permis devient caduc, vous ne pouvez plus construire. Vous devez déposer une nouvelle demande de permis.
Comment contester une attestation de caducité de permis de construire ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif dans les deux mois suivant la notification de l'attestation.
Quel est le délai de péremption d'un permis de construire ?
Le délai de péremption est généralement de trois ans à compter de la délivrance du permis, sauf prorogation.
Puis-je faire des travaux préparatoires pour éviter la péremption ?
Oui, mais ils doivent être significatifs et en rapport avec le projet. Des travaux de faible ampleur peuvent ne pas suffire.

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