Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 16 décembre 2025, n° 503008

Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503008.20251216

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel relatif au refus d'autorisation de licencier un salarié protégé est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le salarié protégé n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Punch Powerglide Strasbourg a demandé l'autorisation de licencier M. A..., salarié protégé.
  • L'inspectrice du travail a refusé l'autorisation le 31 juillet 2020.
  • La ministre du travail a rejeté le recours hiérarchique le 18 janvier 2021.
  • Le tribunal administratif a rejeté la demande de la société.
  • La cour administrative d'appel de Nancy a annulé le jugement et les décisions de refus.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Punch Powerglide Strasbourg a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d’annuler pour excès de pouvoir la décision du 31 juillet 2020 par laquelle l’inspectrice du travail de la section n° 6 de l’unité de contrôle n° 4 du Bas-Rhin a refusé de l’autoriser à licencier M. B... A... et celle du 18 janvier 2021 par laquelle la ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion a rejeté son recours hiérarchique contre ce refus. Par un jugement n° 2101570 du 28 février 2022, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 22NC00977 du 30 janvier 2025, la cour administrative d’appel de Nancy a, sur appel de la société Punch Powerglide Strasbourg, aux droits de laquelle est venue la société Dumarey Powerglide Strasbourg, annulé ce jugement ainsi que les décisions de l’inspectrice du travail du 31 janvier 2020 et de la ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion du 18 janvier 2021. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 31 mars et 30 juin 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de rejeter l’appel de la société Punch Powerglide Strasbourg ; 3°) de mettre à la charge de la société Dumarey Powerglide Strasbourg la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code du travail ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Aurélien Gloux-Saliou, maître des requêtes, - les conclusions de M. Jean-François de Montgolfier, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Lyon-Caen, Thiriez, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Nancy qu’il attaque, M. A... soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit en ce que la cour juge que, dès lors qu’il était, pendant la période au cours de laquelle s’étend l’obligation de recherche de reclassement, apte à occuper son emploi supprimé, son employeur n’était pas tenu de solliciter l’avis du médecin du travail sur son aptitude à occuper les postes de reclassement auxquels il avait candidaté, alors que l’employeur ne pouvait, sans un tel avis, rejeter sa candidature à ces postes en raison d’une prétendue inaptitude physique, de surcroît sans avoir recherché si les postes étaient susceptibles d’être aménagés pour lui permettre de les occuper ; - de dénaturation des pièces du dossier en ce que la cour estime que les décisions de l’inspectrice du travail et de la ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion se fondent sur le régime juridique des licenciements pour inaptitude ; - d’insuffisance de motivation en ce que la cour ne répond pas à son argumentation tirée de ce qu’il réunissait les compétences requises pour occuper notamment un poste de « responsable fonctionnel outillage et affûtage » et un poste de « conditionneur SAV » ; - d’erreur de droit en ce que la cour retient que les restrictions à son aptitude physique n’étaient pas compatibles avec l’exercice des fonctions de « contrôleur appareillage », de « technicien d’atelier métrologie » et de « métrologue » en se fondant sur les seuls dires de son employeur ; - d’insuffisance de motivation et d’erreur de droit en ce que la cour limite son contrôle sur le caractère sérieux des recherches de reclassement et d’adaptation des postes disponibles à trois postes alors qu’il a candidaté à neuf postes ; - d’insuffisance de motivation et d’erreur de droit en ce que la cour ne répond pas au moyen, qu’il avait soulevé en défense devant les premiers juges et qui n’était pas inopérant, tiré de ce que la demande d’autorisation de licenciement était en rapport avec l’exercice de son mandat syndical, ce qui plaçait l’administration en situation de compétence liée pour refuser l’autorisation. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée au ministre du travail et des solidarités et à la société Dumarey Powerglide Strasbourg.

Questions fréquentes

Un salarié protégé peut-il être licencié ?
Oui, mais uniquement avec l'autorisation de l'inspecteur du travail, qui vérifie que le licenciement n'est pas lié à ses fonctions représentatives.
Que faire si l'inspecteur du travail refuse d'autoriser un licenciement ?
L'employeur peut former un recours hiérarchique auprès du ministre du travail, puis un recours contentieux devant le tribunal administratif.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation ?
C'est un recours devant le Conseil d'État contre une décision d'une cour administrative d'appel, soumis à une procédure d'admission.
Quels sont les critères pour qu'un pourvoi soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux, c'est-à-dire un moyen susceptible de remettre en cause la décision attaquée.
L'employeur doit-il rechercher un reclassement avant de licencier un salarié inapte ?
Oui, l'employeur doit proposer un reclassement adapté aux capacités du salarié, après avis du médecin du travail, avant d'envisager un licenciement.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.