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Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 17 octobre 2025, n° 503014

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503014.20251017

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt annulant un permis de démolir pour méconnaissance d'un plan de sauvegarde et de mise en valeur est-il admis lorsque le demandeur soutient que la démolition était nécessaire pour des raisons de sécurité ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le syndicat des copropriétaires, tirés de l'irrégularité de la communication d'un mémoire et de l'erreur de droit concernant la primauté des règles de sécurité sur les prescriptions d'un plan de sauvegarde, n'ont pas été jugés de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le maire de Nice a accordé un permis de démolir un balcon à l'entreprise Côte d'Azur Bâtiment le 25 juillet 2017.
  • M. B... a demandé l'annulation de ce permis, rejetée par le tribunal administratif de Nice le 10 août 2020.
  • La cour administrative d'appel de Marseille a annulé le jugement et le permis par un arrêt du 4 février 2025.
  • Le syndicat des copropriétaires de l'immeuble a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.
  • Le syndicat soutenait que la démolition était nécessaire pour garantir la sécurité des biens et des personnes.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Nice d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du maire de Nice du 25 juillet 2017 accordant à l’entreprise Côte d’Azur Bâtiment un permis de démolir un balcon édifié sur un immeuble situé au 15 rue de la Préfecture et 7 rue Saint-Vincent à Nice (Alpes-Maritimes), ainsi que la décision du 26 octobre 2017 rejetant son recours gracieux. Par un jugement n° 1705725 du 10 août 2020, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 20MA03834 du 17 novembre 2022, la cour administrative d’appel de Marseille a, sur appel de M. B..., annulé ce jugement et, statuant par voie d’évocation, rejeté sa demande de première instance. Par une décision n° 470524 du 25 juin 2024, le Conseil d’Etat, statuant sur le pourvoi de M. B..., a annulé cet arrêt et renvoyé l’affaire devant la cour administrative d’appel de Marseille. Par un arrêt n° 24MA01660 du 4 février 2025, la cour administrative d’appel de Marseille a annulé le jugement du 10 août 2020 du tribunal administratif de Nice, l’arrêté du 25 juillet 2017 par lequel le maire de Nice a accordé un permis de démolir à l’entreprise Côte d’Azur Bâtiment et la décision du 26 octobre 2017 rejetant le recours gracieux de M. B... contre cette autorisation. Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un nouveau mémoire, enregistrés les 31 mars, 27 juin et 18 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, le syndicat des copropriétaires du 15 rue de la Préfecture et 7 rue Saint-Vincent à Nice demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de rejeter l’appel de M. B... ; 3°) de mettre à la charge de M. B... la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Carole Hentzgen, auditrice, - les conclusions de M. Maxime Boutron, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Delamarre et Jéhannin, avocat du syndicat des copropriétaires du 15 rue de la Préfecture et 7 Rue Saint-Vincent à Nice ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Marseille qu’il attaque, le syndicat des copropriétaires du 15 rue de la Préfecture et 7 rue Saint-Vincent à Nice soutient qu’il est entaché : - d’irrégularité, en ce que le dernier mémoire de M. B... lui a été communiqué le 15 novembre 2024 à 10h53 pour une clôture de l’instruction fixée le même jour à midi, ce qui ne lui permettait pas d’y répondre utilement ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en retenant que le maire de Nice ne pouvait autoriser les travaux de démolition litigieux sans méconnaître le plan de sauvegarde et de mise en valeur du secteur sauvegardé du Vieux Nice, alors que les dispositions de ce plan prescrivant la conservation d’un immeuble cèdent nécessairement lorsque, comme en l’espèce, la démolition de cet immeuble constitue le seul moyen de garantir la sécurité des biens et des personnes. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi du syndicat des copropriétaires du 15 rue de la Préfecture et 7 rue Saint-Vincent à Nice n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée au syndicat des copropriétaires du 15 rue de la Préfecture et 7 rue Saint-Vincent à Nice. Copie en sera adressée à M. A... B... et à la commune de Nice. Délibéré à l’issue de la séance du 25 septembre 2025 où siégeaient : M. Alain Seban, assesseur, présidant ; Mme Laurence Helmlinger, conseillère d’Etat et Mme Carole Hentzgen, auditrice-rapporteure. Rendu le 17 octobre 2025. Le président : Signé : M. Alain Seban La rapporteure : Signé : Mme Carole Hentzgen Le secrétaire : Signé : M. Mickaël Lemasson

Questions fréquentes

Puis-je démolir un bâtiment dans un secteur sauvegardé ?
La démolition dans un secteur sauvegardé est soumise à des règles strictes prévues par le plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV). Toute démolition doit être autorisée par un permis de démolir et respecter les prescriptions du PSMV, sauf cas exceptionnels comme la sécurité.
Que faire si un permis de démolir est accordé en violation du plan de sauvegarde ?
Vous pouvez contester le permis de démolir devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de sa notification ou de son affichage. Si le permis méconnaît le PSMV, il peut être annulé.
La sécurité des biens et des personnes justifie-t-elle une démolition malgré le PSMV ?
En principe, les prescriptions du PSMV doivent être respectées. Toutefois, si la démolition est le seul moyen de garantir la sécurité, elle peut être autorisée, mais cette exception est interprétée strictement et doit être démontrée.
Comment se déroule un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation est soumis à une procédure d'admission. Le Conseil d'État refuse l'admission si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux. Si l'admission est refusée, la décision attaquée devient définitive.
Un syndicat de copropriétaires peut-il former un pourvoi en cassation ?
Oui, un syndicat de copropriétaires a intérêt à agir et peut former un pourvoi en cassation s'il justifie d'un intérêt à contester la décision, par exemple si ses droits sont affectés.

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