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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 16 décembre 2025, n° 503023

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503023.20251216

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant une demande d'indemnisation pour des dysfonctionnements du réseau électrique présente-t-il un moyen sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par les requérants, tirés d'une erreur de droit, de motifs contradictoires, d'une erreur de qualification juridique des faits et d'une dénaturation des pièces du dossier, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. et Mme C... ont demandé au tribunal administratif de Rennes la condamnation solidaire du Syndicat départemental d'électricité des Côtes-d'Armor et d'Enedis à leur verser 135 498 euros en réparation des préjudices causés par des dysfonctionnements du réseau électrique.
  • Le tribunal administratif de Rennes a rejeté leur demande par un jugement du 16 mai 2023.
  • La cour administrative d'appel de Nantes a rejeté leur appel par un arrêt du 8 novembre 2024.
  • M. et Mme C... se pourvoient en cassation contre cet arrêt.
  • Ils soutiennent que la cour a commis une erreur de droit en se fondant sur l'absence de constatations contemporaines, et a commis une erreur de qualification juridique des faits et dénaturé les pièces en estimant qu'aucun lien de causalité direct et certain n'était établi.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. et Mme B... C... ont demandé au tribunal administratif de Rennes de condamner solidairement, ou l’un à défaut de l’autre, le Syndicat départemental d'électricité des Côtes-d'Armor et la société Enedis à leur verser la somme de 135 498 euros, assortie des intérêts avec capitalisation, en réparation du préjudice que leur ont causé les dysfonctionnements affectant le réseau électrique. Par un jugement n° 2102178 du 16 mai 2023, le tribunal administratif de Rennes a rejeté cette demande. Par un arrêt n° 23NT02176 du 8 novembre 2024, la cour administrative d’appel de Nantes a rejeté l’appel formé par M. et Mme C... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 31 mars et 30 juin 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. et Mme C... demandent au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à leur appel ; 3°) de mettre à la charge du syndicat départemental d'électricité des Côtes-d'Armor et de la société Enedis la somme de 4 000 euros à verser à la société Gury et Maitre, leur avocat, au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Pierra Mery, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Clément Malverti, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Gury & Maître, avocat de M. A... Mme C... ; Considérant ce qui suit : Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’ils attaquent, M. et Mme C... soutiennent que la cour administrative d’appel de Nantes a : - commis une erreur de droit en se fondant, pour rejeter leur demande, sur la circonstance inopérante que n’ont pas été réalisées des constatations ou investigations contemporaines de la survenance des dysfonctionnements électriques invoqués et des dommages qu’ils leur imputent ; - statué par des motifs contradictoires, commis une erreur de qualification juridique des faits et dénaturé les pièces du dossier en estimant qu’aucun lien de causalité direct et certain ne pouvait être retenu entre la présence sur une longue période du transformateur électrique litigieux ou des dysfonctionnements du réseau public d’électricité et les problèmes rencontrés par leur exploitation, leurs problèmes de santé et des troubles dans leurs conditions d’existence. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. et Mme C... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. et Mme B... C.... Copie en sera adressée au syndicat départemental d'électricité des Côtes-d'Armor et à la société Enedis.

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour engager la responsabilité du gestionnaire du réseau électrique ?
Il faut démontrer un préjudice, un fait générateur (dysfonctionnement) et un lien de causalité direct et certain entre les deux.
Comment prouver le lien de causalité entre un dysfonctionnement électrique et mes préjudices ?
Il est nécessaire de fournir des constatations ou investigations contemporaines des faits, ainsi que des éléments médicaux ou techniques établissant le lien.
Que faire si le tribunal administratif rejette ma demande d'indemnisation ?
Vous pouvez faire appel devant la cour administrative d'appel, puis un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État si vous estimez que l'arrêt est entaché d'une erreur de droit.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours qui vise à faire annuler une décision juridictionnelle rendue en dernier ressort, pour des motifs de droit, et non pour rejuger les faits.
Quels moyens faut-il invoquer pour que mon pourvoi soit admis ?
Il faut soulever un moyen sérieux, par exemple une erreur de droit, une dénaturation des faits, ou un défaut de motivation.
Le Conseil d'État examine-t-il le fond de l'affaire lors de l'admission ?
Non, lors de l'admission, le Conseil d'État vérifie seulement si le pourvoi est recevable et s'il présente un moyen sérieux. Si le pourvoi est admis, il examine ensuite le fond.

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