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Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 30 septembre 2025, n° 503101

Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503101.20250930

Synthèse de la décision

Question juridique

La péremption d'un permis de construire peut-elle être constatée en cas d'interruption des travaux pendant plus d'un an, et le juge doit-il motiver sa décision sur ce point ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante, tirés d'une insuffisance de motivation du jugement et d'une erreur de droit dans l'application de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme, n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Casa del Sol a obtenu un permis de construire pour six maisons le 22 août 2008.
  • Le maire de Sainte-Maxime a prononcé la péremption du permis par arrêté du 17 mars 2022.
  • Le tribunal administratif de Toulon a rejeté la demande d'annulation de l'arrêté le 24 janvier 2025.
  • La société a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, transmis par la cour administrative d'appel de Marseille.
  • La société soutenait que le jugement était insuffisamment motivé et que les faits avaient été inexactement qualifiés concernant l'interruption des travaux.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 351-2 du code de justice administrative article L. 9 du code de justice administrative article R. 424-17 du code de l'urbanisme article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Casa del Sol a demandé au tribunal administratif de Toulon d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 17 mars 2022 par lequel le maire de Sainte-Maxime (Var) a prononcé la péremption de son permis de construire six maisons d’habitation délivré le 22 août 2008. Par un jugement n° 2201211 du 24 janvier 2025, le tribunal administratif de Toulon a rejeté cette demande. Par une ordonnance no 25MA00734 du 31 mars 2025, enregistrée le 2 avril 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, le président de la cour administrative d’appel de Marseille a transmis au Conseil d’Etat, en application de l’article R. 351-2 du code de justice administrative, le pourvoi, enregistré le 19 mars 2025 au greffe de cette cour, présenté par la société Casa del Sol. Par ce pourvoi et par un nouveau mémoire, enregistré le 17 juin 2025, la société Casa del Sol demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Sainte-Maxime la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Isabelle Tison, conseillère d’Etat, - les conclusions de M. Mathieu Le Coq, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Boullez, avocat de la société Casa Del Sol ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’elle attaque, la société Casa del Sol soutient que : - le tribunal administratif a insuffisamment motivé son jugement en méconnaissance de l’article L. 9 du code de justice administrative faute d’expliquer la raison pour laquelle il a considéré les documents qu’elle avait produits comme des factures et écarté la qualification de « situations de travaux » ; - il a commis une erreur de droit au regard de l’article R. 424-17 du code de l’urbanisme, inexactement qualifié les faits de l’espèce et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que le chantier avait fait l’objet d’une interruption d’une durée supérieure à un an de nature à entraîner la péremption du permis de construire. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Casa del Sol n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Casa del Sol. Copie en sera adressée à la commune de Sainte-Maxime. Délibéré à l’issue de la séance du 4 septembre 2025 où siégeaient : M. Jean-Luc Nevache, conseiller d’Etat, présidant ; M. Edouard Geffray, conseiller d’Etat et Mme Isabelle Tison, conseillère d’Etat-rapporteure. Rendu le 30 septembre 2025. Le président : Signé : M. Jean-Luc Nevache La rapporteure : Signé : Mme Isabelle Tison La secrétaire : Signé : Mme Paule Troly

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la péremption d'un permis de construire ?
La péremption est la perte de validité d'un permis de construire lorsque les travaux sont interrompus pendant plus d'un an, conformément à l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme.
Comment contester une décision de péremption ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif dans les deux mois suivant la notification de la décision, puis éventuellement un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
Quels sont les moyens de cassation recevables ?
Les moyens doivent porter sur une erreur de droit, une insuffisance de motivation, une dénaturation des faits ou une méconnaissance de la compétence. Ils doivent être sérieux pour que le pourvoi soit admis.
Quelle est la durée d'interruption des travaux qui entraîne la péremption ?
L'article R. 424-17 du code de l'urbanisme prévoit que la péremption est constatée si les travaux sont interrompus pendant plus d'un an.
Que se passe-t-il si mon pourvoi en cassation n'est pas admis ?
Si le pourvoi n'est pas admis, la décision de la juridiction inférieure devient définitive. Vous ne pouvez plus contester la décision.

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