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Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 2 octobre 2025, n° 503143

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503143.20251002

Synthèse de la décision

Question juridique

La présomption d'acceptation pure et simple d'une succession par l'héritier qui n'a pas opté dans le délai de deux mois suivant une sommation de prendre parti est-elle définitive ou réfragable ?

Principe retenu

En matière de succession, l'héritier qui ne prend pas parti dans le délai de deux mois suivant une sommation de prendre parti est réputé acceptant purement et simplement. Cette présomption est définitive et ne peut être combattue par des choix exprimés ultérieurement. Le pourvoi en cassation doit être admis s'il soulève un moyen sérieux.

Faits clés

  • M. B... a reçu huit mises en demeure de payer du comptable du service des impôts des particuliers de Saint-Germain-en-Laye Sud le 19 décembre 2018 pour un montant global de 938 559,23 euros.
  • Il a également reçu trois mises en demeure de payer du pôle de recouvrement spécialisé des Yvelines le 16 juillet 2019 pour un montant global de 1 530 681,00 euros.
  • Un avis à tiers détenteur a été émis à son encontre le 15 octobre 2019 pour un montant de 935 498,42 euros.
  • Le tribunal administratif de Versailles a rejeté ses demandes par jugement du 25 mai 2021.
  • La cour administrative d'appel de Versailles a rejeté son appel par arrêt du 19 septembre 2024.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Versailles de prononcer la décharge de l’obligation de payer résultant respectivement, d’une part, de huit mises en demeure de payer adressées par le comptable du service des impôts des particuliers de Saint-Germain-en-Laye Sud le 19 décembre 2018, en vue du recouvrement d’une somme globale de 938 559,23 euros, d’autre part, de trois mises en demeure de payer adressées par le comptable du pôle de recouvrement spécialisé des Yvelines le 16 juillet 2019, en vue du recouvrement d’une somme globale de 1 530 681,00 euros, et enfin, d’un avis à tiers détenteur émis à son encontre le 15 octobre 2019 pour un montant de 935 498,42 euros. Par un jugement nos 1903532, 1909095 et 1909757 du 25 mai 2021, ce tribunal a rejeté ses demandes. Par un arrêt n° 22VE00909 du 19 septembre 2024, la cour administrative d’appel de Versailles a rejeté l’appel formé par M. B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat les 3 avril 2025 et 4 juillet 2025, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code civil ; - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Juliette Amar-Cid, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Romain Victor, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à Maître Ridoux, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’État fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. B... soutient que la cour administrative d’appel de Versailles : - l’a insuffisamment motivé en se bornant à affirmer qu’il s’était vu signifier, le 18 juin 2018, une sommation de prendre parti sur la succession ; - a commis une erreur de droit en jugeant que son absence d’option pour l’acceptation ou la renonciation de la succession ouverte au décès de son père dans le délai de deux mois suivant cette sommation entraînait une acceptation pure et simple de cette succession, alors que la sommation de prendre parti signifiée par l’administration fiscale était entachée de nullité ; - a commis une erreur de droit en jugeant qu’en l’absence de choix dans le délai de deux mois imparti par la sommation de prendre parti, il était réputé de manière définitive avoir accepté purement et simplement la succession, alors qu’il avait exprimé ultérieurement des choix différents et que la présomption d’acceptation était réfragable. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si je ne réponds pas à une sommation de prendre parti dans une succession ?
Si vous ne prenez pas parti dans les deux mois suivant la sommation, vous êtes réputé avoir accepté purement et simplement la succession, ce qui vous rend responsable des dettes de la succession.
Puis-je contester une mise en demeure de payer des impôts ?
Oui, vous pouvez contester une mise en demeure de payer en formant une réclamation auprès de l'administration fiscale, puis éventuellement un recours devant le juge administratif.
Qu'est-ce qu'un avis à tiers détenteur ?
Un avis à tiers détenteur est une procédure de recouvrement qui permet à l'administration fiscale de saisir les sommes dues par un tiers (banque, employeur) à votre profit pour payer votre dette fiscale.
Quels sont les délais pour accepter ou renoncer à une succession ?
Vous avez un délai de quatre mois pour faire inventaire et un délai de deux mois pour prendre parti après une sommation. Si vous ne répondez pas à la sommation, vous êtes réputé acceptant pur et simple.
La présomption d'acceptation d'une succession est-elle irréfragable ?
Selon la jurisprudence, la présomption d'acceptation pure et simple résultant de l'absence de réponse à une sommation de prendre parti est définitive et ne peut être combattue par des choix ultérieurs.
Comment faire un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Vous devez déposer un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire dans les délais légaux, en soulevant des moyens de droit. Le Conseil d'État n'admet le pourvoi que s'il présente un moyen sérieux.

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