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Conseil d'État, 10ème chambre jugeant seule, 10 octobre 2025, n° 503144

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503144.20251010

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi contre une décision de la CNDA rejetant une demande d'asile fondée sur des violences conjugales est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante, tirés de l'erreur de droit, de l'insuffisance de motivation et de la dénaturation des pièces du dossier, n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme A... a demandé l'asile à l'OFPRA, qui a rejeté sa demande le 13 août 2024.
  • La CNDA a rejeté sa demande le 8 janvier 2025.
  • Mme A... se pourvoit en cassation contre cette décision.
  • Elle invoque des violences conjugales au Pérou et une défaillance structurelle du système péruvien.
  • Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi car aucun moyen sérieux n'est retenu.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 761-1 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme B... A... a demandé à la Cour nationale du droit d’asile d’annuler la décision du directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 13 août 2024 rejetant sa demande d’asile et de lui reconnaître la qualité de réfugié ou, à défaut, de lui accorder le bénéfice de la protection subsidiaire. Par une décision n° 24043772 du 8 janvier 2025, la Cour nationale du droit d’asile a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 avril et 4 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme A... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette décision ; 2°) de mettre à la charge de l’OFPRA la somme de 3 000 euros à verser à la SCP Zribi & Texier, son avocat, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention de Genève du 28 juillet 1951 et le protocole signé à New York le 31 janvier 1967, relatifs au statut des réfugiés ; - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Alexandra Poirson, auditrice, - les conclusions de M. Frédéric Puigserver, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Zribi & Texier, avocat de Mme A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de la décision de la Cour nationale du droit d’asile qu’elle attaque, Mme A... soutient qu’elle est entachée d’erreur de droit, d’insuffisance de motivation et de dénaturation des pièces du dossier, en ce qu’elle retient que les faits de harcèlement qu’elle a invoqués n’étaient pas d’une gravité suffisante pour être qualifiés de persécutions ou d’atteintes graves au sens de la Convention de Genève et de l’article L. 512-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et en ce qu’elle ne recherche pas si le système péruvien présentait une défaillance structurelle en termes de prise en charge des violences conjugales. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B... A.... Copie en sera adressée à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides. Délibéré à l'issue de la séance du 18 septembre 2025 où siégeaient : M. Olivier Yeznikian, conseiller d'Etat, présidant ; Mme Rozen Noguellou, conseillère d'Etat et Mme Alexandra Poirson, auditrice-rapporteure. Rendu le 10 octobre 2025. Le président : Signé : M. Olivier Yeznikian La rapporteure : Signé : Mme Alexandra Poirson La secrétaire : Signé : Mme Sylvie Leporcq

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la procédure d'admission d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.
Quels sont les critères pour obtenir le statut de réfugié ?
Le statut de réfugié est accordé à toute personne qui remplit les conditions de la Convention de Genève, c'est-à-dire qui craint avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques.
Les violences conjugales peuvent-elles être considérées comme des persécutions ?
Oui, les violences conjugales peuvent être considérées comme des persécutions si elles sont d'une gravité suffisante et si l'État d'origine ne protège pas la victime en raison d'une défaillance structurelle.
Que faire si ma demande d'asile est rejetée par l'OFPRA ?
Vous pouvez former un recours devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) dans un délai d'un mois. Si la CNDA rejette également votre demande, vous pouvez vous pourvoir en cassation devant le Conseil d'État, mais ce pourvoi est soumis à une procédure d'admission.
Qu'est-ce que la protection subsidiaire ?
La protection subsidiaire est accordée à une personne qui ne remplit pas les conditions pour être réfugié mais qui risque de subir des atteintes graves (peine de mort, torture, violences) dans son pays d'origine.
Quels sont les moyens sérieux pour un pourvoi en cassation ?
Les moyens sérieux peuvent être une erreur de droit, une insuffisance de motivation, une dénaturation des pièces du dossier, ou tout autre moyen de nature à remettre en cause la décision de la CNDA.

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