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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 24 octobre 2025, n° 503145

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503145.20251024

Synthèse de la décision

Question juridique

Les sommes reçues par un contribuable, qualifiées d'honoraires par l'administration, sont-elles imposables dans la catégorie des bénéfices non commerciaux et soumises à la TVA lorsque le contribuable conteste la réalité de la prestation ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, relatifs à la motivation, à la charge de la preuve, à la dénaturation des pièces et à l'application de l'article 256 du code général des impôts, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a reçu des sommes en 2012 et 2013, qualifiées par l'administration d'honoraires.
  • L'administration a assujetti M. A... à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales, ainsi qu'à des rappels de TVA.
  • Le tribunal administratif de Paris a rejeté ses demandes de décharge.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté son appel.
  • M. A... se pourvoit en cassation devant le Conseil d'État, soutenant que la cour a insuffisamment motivé son arrêt, commis des erreurs de droit et dénaturé les pièces du dossier.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article 256 du code général des impôts article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Paris de prononcer la décharge, d’une part, des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2012 et 2013, d’autre part, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été assignés au titre de la période correspondant aux mêmes années. Par un jugement nos 2109060, 2109063 du 29 mars 2023, ce tribunal a rejeté ses demandes. Par un arrêt n° 23PA02393 du 5 février 2025, la cour administrative d'appel de Paris a rejeté l’appel formé par M. A... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 avril et 26 juin 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Paul Levasseur, auditeur, - les conclusions de M. Arnaud Skzryerbak, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Rocheteau, Uzan-Sarano & Goulet, avocat de M. B... A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. A... soutient que la cour administrative d’appel de Paris : - l’a insuffisamment motivé et a commis une erreur de droit en jugeant que les sommes litigieuses devaient être regardées comme des honoraires alors que l’administration, à qui la charge de la preuve incombait, n’établissait pas l’existence d’une prestation rendue à titre onéreux, et sans analyser la nature de sa relation avec la personne ayant effectué les virements litigieux ou la réalité de l’activité exercée ; - a dénaturé les pièces du dossier et commis une erreur de droit en jugeant que les sommes litigieuses constituaient la rémunération d’une assistance professionnelle apportée à l’un de ses clients et devaient être regardées comme des honoraires imposables dans la catégorie des bénéfices non commerciaux ; - l’a insuffisamment motivé et a commis une erreur de droit en écartant comme inopérante la circonstance que l’administration fiscale avait, par ailleurs, assujetti aux droits de mutation à titre gratuit les avoirs figurant sur son compte, regardés comme acquis à titre gratuit faute de justification de leur origine et modalités d’acquisitions, incluant les sommes litigieuses reçues en 2012 et 2013 ; - a commis une erreur de droit en retenant que les sommes litigieuses devaient être regardées comme des honoraires professionnels soumis à ce titre à la taxe sur la valeur ajoutée, en application de l’article 256 du code général des impôts. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée à la ministre de l’action et des comptes publics. Délibéré à l'issue de la séance du 9 octobre 2025 où siégeaient : M. Stéphane Verclytte, président de chambre, présidant ; M. Philippe Ranquet, conseiller d'Etat et M. Paul Levasseur, auditeur-rapporteur. Rendu le 24 octobre 2025. Le président : Signé : M. Stéphane Verclytte Le rapporteur : Signé : M. Paul Levasseur La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative française pour contester une décision rendue en dernier ressort par une cour administrative d'appel. Le pourvoi doit passer une procédure d'admission.
Quels sont les motifs pour qu'un pourvoi soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux, c'est-à-dire un moyen de droit ou de fait de nature à remettre en cause la décision attaquée.
Que signifie 'bénéfices non commerciaux' ?
Ce sont les revenus tirés d'activités non commerciales, comme les professions libérales, les charges et offices, ou les produits des droits d'auteur. Ils sont imposés à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des BNC.
Les honoraires sont-ils toujours soumis à la TVA ?
En principe, les honoraires perçus par un professionnel pour des prestations de services sont soumis à la TVA, sauf exonérations spécifiques. La question dépend de la nature de l'activité et du régime applicable.
Que faire si l'administration requalifie des sommes en revenus imposables ?
Le contribuable peut contester la requalification devant le tribunal administratif, puis en appel, et enfin en cassation. Il doit apporter la preuve de sa bonne foi et de la nature réelle des sommes.

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