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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 16 décembre 2025, n° 503165

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503165.20251216

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel confirmant la légalité d'une déclaration d'utilité publique et la mise en compatibilité d'un PLU est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par l'association requérante, tirés de l'insuffisance de motivation, de l'erreur de droit, de la dénaturation des pièces du dossier et de l'erreur de qualification juridique des faits, n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le préfet des Pyrénées-Orientales a déclaré d'utilité publique le projet de création et d'extension du port de Sainte-Marie-la-Mer et a porté mise en compatibilité du plan local d'urbanisme de la commune.
  • L'association Groupement de défense des propriétaires de l'Achau et des Grabateils a demandé l'annulation de cet arrêté au tribunal administratif de Montpellier.
  • Le tribunal administratif a rejeté la requête par jugement du 19 avril 2022.
  • La cour administrative d'appel de Toulouse a rejeté l'appel par arrêt du 4 février 2025.
  • L'association a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État contre cet arrêt.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... et l'association Groupement de défense des propriétaires de l'Achau et des Grabateils ont demandé au tribunal administratif de Montpellier d’annuler l’arrêté du 27 janvier 2020 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a déclaré d’utilité publique le projet de création et d’extension du port de Sainte-Marie-la-Mer et portant mise en compatibilité du plan local d’urbanisme de la commune de Sainte-Marie-la-Mer et la décision de rejet de leur recours gracieux. Par un jugement n° 2004566 du 19 avril 2022, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté la requête. Par un arrêt n° 22TL21379 du 4 février 2025, la cour administrative d’appel de Toulouse a rejeté l’appel formé par l'association Groupement de défense des propriétaires de l'Achau et des Grabateils contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 4 avril et 4 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, l'association Groupement de défense des propriétaires de l'Achau et des Grabateils demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des collectivités territoriales ; - le code de l’expropriation pour cause d’utilité publique ; - le code des transports ; - le code de justice administrative. Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Pierra Mery, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Clément Malverti, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Piwnica & Molinié, avocat de l'association groupement de défense des propriétaires de l'achau et des Grabateils ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, l’association Groupement de défense des propriétaires de l'Achau et des Grabateils soutient que la cour administrative d’appel de Toulouse a : - insuffisamment motivé son arrêt, commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en retenant que la création et l’extension du port de la commune de Sainte-Marie-la Mer relève de la compétence de la commune et non de la communauté d’agglomération Perpignan Méditerranée ; - commis une erreur de qualification juridique des faits et entaché sa décision de dénaturation en retenant que le projet en litige revêt un caractère d’utilité publique. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de l'association Groupement de défense des propriétaires de l'Achau et des Grabateils n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à l'association Groupement de défense des propriétaires de l'Achau et des Grabateils. Copie en sera adressée à la commune de Sainte-Marie-la-Mer et à communauté d’agglomération Perpignan Méditerranée et à la ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation.

Questions fréquentes

Comment contester une déclaration d'utilité publique ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif dans les deux mois suivant la publication de l'arrêté. En appel, l'affaire est portée devant la cour administrative d'appel, puis en cassation devant le Conseil d'État, sous réserve de l'admission du pourvoi.
Qu'est-ce que la mise en compatibilité d'un PLU ?
C'est une procédure qui permet de modifier le plan local d'urbanisme pour le rendre conforme à un projet déclaré d'utilité publique, sans suivre la procédure normale de révision.
Le Conseil d'État admet-il tous les pourvois en cassation ?
Non, le pourvoi en cassation fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. Il est refusé si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux.
Quels sont les critères de l'utilité publique d'un projet ?
Un projet est déclaré d'utilité publique si les avantages qu'il présente pour l'intérêt général l'emportent sur les inconvénients, notamment pour l'environnement et les droits des propriétaires.
Qui est compétent pour créer un port ?
La compétence pour créer un port dépend de sa catégorie. Pour un port maritime, elle peut relever de la commune, de l'EPCI, du département ou de l'État selon les cas. En l'espèce, la cour a jugé que la commune était compétente.

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