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Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 12 novembre 2025, n° 503176

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503176.20251112

Synthèse de la décision

Question juridique

Les installations frigorifiques, le système électrique et les cuves et tanks à lait d'une fromagerie constituent-ils des outillages et installations exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante, relatifs à l'exonération de taxe foncière de certains équipements, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La SAS Fromageries des Chaumes a demandé la réduction de ses cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties pour les années 2019 à 2022.
  • Le tribunal administratif de Pau a partiellement fait droit à sa demande en réduisant les bases d'imposition de 85 040 euros par an.
  • La société a formé un pourvoi en cassation contre le jugement en tant qu'il rejetait le surplus de ses conclusions.
  • Elle soutenait que ses installations frigorifiques, son système électrique et ses cuves et tanks à lait étaient exonérés en application du 11° de l'article 1382 du CGI.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun moyen n'était sérieux.

Articles cités

article 1382 du code général des impôts article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société par actions simplifiée (SAS) Fromageries des Chaumes a demandé au tribunal administratif de Pau de prononcer la réduction des cotisations primitives de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 à 2022 dans les rôles de la commune de Viodos (Pyrénées-Atlantiques). Cette société a également demandé à ce tribunal de prononcer la réduction des cotisations primitives et supplémentaires de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2014 à 2022 dans les rôles de cette commune. Par un jugement nos 2400339, 2400634 et 2400341 du 4 février 2025, ce tribunal, après avoir joint ces demandes, a réduit les bases d’imposition à la taxe foncière sur les propriétés bâties et à la cotisation foncière des entreprises de la société Fromagerie des Chaumes d’un montant de 85 040 euros au titre de chaque année en litige, prononcé dans cette mesure la décharge de ces impositions et rejeté le surplus de ces demandes. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 4 avril et 4 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Fromageries des Chaumes demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler l’article 5 de ce jugement en tant qu’il rejette le surplus de ses conclusions relatives à la taxe foncière sur les propriétés bâties ; 2°) réglant dans cette mesure l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Benjamin Duca-Deneuve, maître des requêtes, - les conclusions de M. Charles-Emmanuel Airy, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Thouvenin, Coudray, Grevy, avocat de la société Fromageries Des Chaumes ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’État fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation partielle du jugement qu’elle attaque, la société Fromageries des Chaumes soutient que le tribunal administratif de Pau a : - donné aux faits de l’espèce une inexacte qualification juridique en jugeant que ses installations frigorifiques n’étaient pas exonérées de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu du 11° de l’article 1382 du code général des impôts, alors qu’elles constituent des équipements industriels permettant, à l’instar des panneaux isothermes, de réguler les conditions thermiques nécessaires pour assurer la sécurité alimentaire dans le processus de fabrication et de transformation des fromages ; - donné aux faits de l’espèce une inexacte qualification juridique en jugeant que son système électrique n’était pas exonéré de taxe en vertu du 11° de l’article 1382 du code général des impôts, alors que ce système est spécifiquement adapté aux processus industriels de fabrication des fromages, qui nécessite, selon un consensus des experts, le maintien de températures élevées ; - donné aux faits de l’espèce une inexacte qualification juridique en jugeant que ses cuves et tanks à lait ne pouvaient être regardés comme pleinement intégrés au processus industriel de son établissement et ne constituaient pas des outillages, installations et moyens matériels exonérés en vertu du 11° de l’article 1382 du code général des impôts, alors que le lait y est artificiellement refroidi et homogénéisé à l’aide d’agitateurs, et en faisant application du critère erroné de participation directe des immobilisations au processus de fabrication ; - omis de répondre au moyen par lequel elle se prévalait de l’opposabilité des énonciations figurant au paragraphe n° 170 des commentaires administratifs publiés le 12 septembre 2012 au bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) - Impôts sous la référence BOI-IF-TFB-10-50-30. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Fromageries des Chaumes n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société par actions simplifiée Fromageries des Chaumes. Copie en sera adressée à la ministre de l’action et des comptes publics. Délibéré à l'issue de la séance du 14 octobre 2025 où siégeaient : Mme Emilie Bokdam-Tognetti, présidente de chambre, présidant ; M. Jonathan Bosredon, conseiller d'Etat et M. Benjamin Duca-Deneuve, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 12 novembre 2025. La présidente : Signé : Mme Emilie Bokdam-Tognetti Le rapporteur : Signé : M. Benjamin Duca-Deneuve Le secrétaire : Signé : M. Aurélien Engasser

Questions fréquentes

Les installations frigorifiques d'une fromagerie sont-elles exonérées de taxe foncière ?
Selon le 11° de l'article 1382 du CGI, les outillages et installations destinés à des opérations industrielles peuvent être exonérés. Cependant, dans cette affaire, le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, confirmant que ces installations n'étaient pas exonérées.
Qu'est-ce que le 11° de l'article 1382 du CGI ?
Cette disposition exonère de taxe foncière sur les propriétés bâties les outillages et installations affectés à des opérations industrielles, ainsi que les installations destinées à la recherche scientifique ou technique.
Comment contester une décision du tribunal administratif en matière de taxe foncière ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État dans un délai de deux mois. Le pourvoi doit être admis par le Conseil d'État, qui refuse s'il n'est pas fondé sur un moyen sérieux.
Quels sont les critères pour qu'un équipement soit considéré comme outillage industriel ?
L'équipement doit être directement impliqué dans le processus de fabrication ou de transformation, et être nécessaire à l'activité industrielle. Les simples éléments de confort ou de stockage ne sont généralement pas exonérés.
Le système électrique d'une usine peut-il être exonéré de taxe foncière ?
Cela dépend s'il est spécifiquement adapté au processus industriel. Dans cette affaire, le Conseil d'État a jugé que le moyen n'était pas sérieux, donc pas d'exonération.

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