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Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 2 octobre 2025, n° 503236

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503236.20251002

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé expulsion d'un logement étudiant présente-t-il un moyen sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant (incompétence du juge des référés, dénaturation des pièces, erreur de droit dans l'appréciation de l'urgence) ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le CROUS de Paris a demandé en référé l'expulsion de M. B... d'un logement occupé sans droit ni titre dans une résidence universitaire.
  • Le juge des référés du tribunal administratif de Paris a ordonné l'expulsion par ordonnance du 20 mars 2025.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • Il soutient que le juge des référés n'était pas compétent, a dénaturé les pièces et a commis une erreur de droit dans l'appréciation de l'urgence.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun moyen n'était sérieux.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 521-3 du code de justice administrative article L. 511-2 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de Paris a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Paris d’ordonner, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, l’expulsion de M. A... B... et de tout occupant de son chef du logement qu’il occupe sans droit ni titre dans la résidence universitaire « Philippe de Girard » au 13 rue Philippe de Girard à Paris (10ème arrondissement), et de lui enjoindre de quitter ce logement sans délai, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. Par une ordonnance n° 2505129 du 20 mars 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Paris a enjoint à M. B... et à tout occupant de son chef de libérer sans délai le logement litigieux et a rejeté le surplus de cette demande. Par un pourvoi et un mémoire, enregistré les 7 avril et 24 juin 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) de mettre à la charge du CROUS de Paris la somme de 4 000 euros à verser à la société Matuchansky, Poupot, Valdelièvre, Rameix, son avocat, au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’éducation ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Juliette Amar-Cid, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Romain Victor, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Matuchansky, Poupot, Valdelièvre, Rameix, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’État fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. B... soutient que son auteur : - n’était pas compétent pour statuer sur sa demande, dès lors que la décision par laquelle le président du tribunal administratif de Paris l’a désigné, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer comme juge des référés n’a pas été publiée ; - a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que l’urgence à prononcer la mesure d’expulsion demandée par le centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Paris était caractérisée par la nécessité d’assurer le bon fonctionnement de la mission de service public de logement des étudiants, alors que la campagne d’attribution des logements était terminée, qu’il se trouve en situation de vulnérabilité particulière et que l’expulsion prononcée lui est gravement préjudiciable ; - a commis une erreur de droit en ne procédant pas à une mise en balance des intérêts pour apprécier l’urgence, s’abstenant ainsi de rechercher si sa situation personnelle était de nature à priver de caractère urgent la mesure d’expulsion sollicitée. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Paris.

Questions fréquentes

Puis-je être expulsé d'un logement CROUS sans jugement au fond ?
Oui, le juge des référés peut ordonner une expulsion en urgence sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, même sans jugement au fond, si la mesure est urgente et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
Comment contester une ordonnance de référé m'ordonnant de quitter un logement ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État dans un délai de deux mois. Toutefois, ce pourvoi est soumis à une procédure d'admission : il doit soulever un moyen sérieux.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
C'est un filtre préalable : le Conseil d'État n'admet le pourvoi que s'il est recevable et fondé sur un moyen sérieux. Sinon, il est rejeté par une décision motivée.
Le juge des référés doit-il prendre en compte ma situation personnelle pour ordonner une expulsion ?
Oui, le juge doit apprécier l'urgence en tenant compte de l'intérêt public et des intérêts privés en présence, notamment la situation personnelle de l'occupant. Toutefois, en l'espèce, le Conseil d'État a jugé que le moyen n'était pas sérieux.
Que se passe-t-il si mon pourvoi en cassation n'est pas admis ?
La décision du juge des référés devient définitive. Vous devez alors quitter les lieux, sous peine d'astreinte ou de mesures d'expulsion forcée.

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