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Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 22 décembre 2025, n° 503263

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503263.20251222

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt confirmant l'application de pénalités pour manquement délibéré est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par les contribuables ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. et Mme B... ont demandé la décharge des pénalités pour manquement délibéré assortissant des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et de contributions sociales pour les années 2015 et 2016.
  • Le tribunal administratif de Paris a rejeté leur demande par un jugement du 20 septembre 2023.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté leur appel par un arrêt du 5 février 2025.
  • Les contribuables ont formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.
  • Ils soutenaient notamment que la cour avait commis une erreur de droit en se fondant sur les montants non déclarés sans relever l'absence de caractère répétitif, et qu'elle avait insuffisamment motivé sa décision.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. C... et Mme A... B... ont demandé au tribunal administratif de Paris de prononcer la décharge des pénalités pour manquement délibéré qui ont assorti les cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu, de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016. Par un jugement n° 2112468 du 20 septembre 2023, ce tribunal a rejeté leur demande. Par un arrêt n° 23PA04730 du 5 février 2025, la cour administrative d’appel de Paris a rejeté l’appel formé par M. et Mme B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat les 7 avril et 7 juillet 2025, M. et Mme B... demandent au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à leur appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Vincent Mahé, conseiller d'Etat, - les conclusions de M. Romain Victor, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Piwnica & Molinié, avocat de M. et Mme B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’État fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’ils attaquent, M. et Mme B... soutiennent que la cour administrative d’appel de Paris : - a commis une erreur de droit et inexactement qualifié les faits de l’espèce en se fondant de manière déterminante, pour caractériser l’existence d’une intention d’éluder l’impôt, sur les montants des sommes non déclarées, sans relever l’absence de caractère répétitif de ces omissions ; - l’a insuffisamment motivé et a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en se fondant sur des données inexactes quant aux montants en cause ; - l’a insuffisamment motivé et a commis une erreur de droit en se fondant, pour retenir l’existence d’un manquement délibéré, sur la prétendue profession de M. B..., sans l’identifier avec suffisamment de précision ni caractériser les compétences professionnelles démontrant qu’il ne pouvait ignorer le régime fiscal applicable aux dividendes de sociétés non cotées sur un marché réglementé ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant que les obligations fiscales méconnues n’étaient pas particulièrement complexes, sans prendre en compte l’absence de mention des dividendes sur l’imprimé fiscal unique communiqué pour les années en cause par leur banque ; - l’a insuffisamment motivé et a commis une erreur de droit en estimant que les déclarations rectificatives qu’ils avaient déposées ne pouvaient être considérées comme spontanées et étaient sans incidence sur l’existence d’un manquement délibéré ; - l’a entaché, par suite, d’erreur de qualification juridique en retenant l’existence d’un tel manquement. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. et Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C... et Mme A... B.... Copie en sera adressée à la ministre de l’action et des comptes publics.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un manquement délibéré ?
Un manquement délibéré est une infraction fiscale caractérisée par l'intention délibérée d'éluder l'impôt, par exemple en omettant volontairement de déclarer des revenus.
Comment contester des pénalités pour manquement délibéré ?
Vous pouvez contester ces pénalités devant le tribunal administratif, puis en appel devant la cour administrative d'appel, et enfin en cassation devant le Conseil d'État, sous réserve de l'admission du pourvoi.
Quelles sont les conditions pour que le Conseil d'État admette un pourvoi ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne présente aucun moyen sérieux.
Les déclarations rectificatives spontanées évitent-elles les pénalités ?
En principe, une déclaration rectificative spontanée peut être prise en compte pour atténuer les pénalités, mais elle n'efface pas nécessairement le manquement délibéré si l'intention d'éluder l'impôt est établie.
Quel est le rôle de la cour administrative d'appel ?
La cour administrative d'appel examine les jugements du tribunal administratif et peut confirmer, infirmer ou réformer ces jugements. Elle statue en fait et en droit.

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