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Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 18 décembre 2025, n° 503307

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503307.20251218

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement rejetant une demande d'indemnisation pour retard dans l'octroi du concours de la force publique est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par les requérants, relatifs à l'erreur de droit et à la dénaturation des pièces du dossier concernant l'effet des protocoles transactionnels, n'ont pas été jugés de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme C... et M. D... ont demandé au tribunal administratif d'Orléans la condamnation de l'État à leur verser 41 426,24 euros en réparation des préjudices résultant du retard dans l'octroi du concours de la force publique pour l'expulsion de leur locataire.
  • Le tribunal administratif a rejeté leur demande par un jugement du 13 juillet 2023.
  • Ils ont formé un pourvoi en cassation contre ce jugement, transmis au Conseil d'État par la cour administrative d'appel de Versailles.
  • Ils soutenaient que le jugement était entaché d'erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en écartant leurs conclusions comme irrecevables en raison de protocoles transactionnels conclus avec l'État.
  • Ils soutenaient également que ces protocoles ne portaient que sur le préjudice locatif et non sur la dégradation de leur bien.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 351-2 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... C... et M. B... D... ont demandé au tribunal administratif d’Orléans de condamner l’Etat à leur verser une somme de 41 426,24 euros en réparation des préjudices résultant pour eux du retard dans l’octroi du concours de la force publique en vue de procéder à l’expulsion de la locataire d’un logement situé rue de Coulmiers à Orléans (Loiret). Par un jugement n° 2004708 du 13 juillet 2023, le tribunal administratif a rejeté leur demande. Par une ordonnance n° 23VE02152 du 7 avril 2025, enregistrée le 7 mai 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a transmis au Conseil d’Etat, en application de l’article R. 351-2 du code de justice administrative, le pourvoi présenté par Mme C... et M. D... contre ce jugement. Par ce pourvoi, enregistré le 15 septembre 2023 au greffe de la cour administrative d’appel de Versailles, et un mémoire complémentaire, enregistré le 7 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme C... et M. D... demandent au Conseil d’Etat : 1° d’annuler ce jugement ; 2° réglant l’affaire au fond, de faire droit à leurs conclusions de première instance ; 3° de mettre à la charge de l’Etat la somme de 10 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code civil ; - le code des procédures civiles d’exécution ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Erwan Le Bras, maître des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Florian Roussel, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Boré, Salve de Bruneton, Mégret, avocat de Mme C... et de M. D... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’ils attaquent, Mme C... et M. D... soutiennent qu’il est entaché : - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il écarte comme irrecevables leurs conclusions en raison des deux protocoles transactionnels qu’ils ont conclus avec l’Etat, alors que la période pour laquelle l’Etat les a indemnisés en application de ces protocoles débutait le 19 septembre 2016 et non le 13 septembre 2016, date du rejet implicite de leur demande de concours de la force publique ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il retient que ces deux protocoles transactionnels s’opposaient à l’exercice d’une action en réparation relative à la dégradation de leur bien, alors qu’ils ne portaient que sur leur seul préjudice locatif. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme C... et de M. D... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... C... et à M. B... D.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.

Questions fréquentes

Que faire si l'État tarde à fournir le concours de la force publique pour expulser un locataire ?
Vous pouvez demander réparation à l'État pour le préjudice subi en raison du retard. Il faut saisir le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de la décision de rejet de votre demande.
Puis-je demander réparation à l'État pour le retard dans l'octroi du concours de la force publique ?
Oui, l'État est responsable des dommages causés par le fonctionnement du service public de la justice. Vous pouvez demander une indemnisation pour les préjudices locatifs et autres résultant du retard.
Les protocoles transactionnels conclus avec l'État empêchent-ils une action en réparation ?
Cela dépend de l'étendue de la transaction. Si le protocole couvre tous les préjudices, il peut faire obstacle à une nouvelle action. En cas de doute, il est conseillé de consulter un avocat.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant le Conseil d'État contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative. Il est soumis à une procédure d'admission : le pourvoi doit soulever un moyen sérieux.
Comment faire admettre un pourvoi en cassation ?
Il faut présenter un pourvoi motivé, soulevant des moyens de droit ou de dénaturation des faits. Le Conseil d'État examine si les moyens sont sérieux et admet le pourvoi si c'est le cas.
Le Conseil d'État peut-il refuser d'examiner un pourvoi ?
Oui, le Conseil d'État peut refuser d'admettre un pourvoi s'il est irrecevable ou s'il n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Cette décision est motivée.

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