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Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 4 novembre 2025, n° 503326

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503326.20251104

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant une demande d'annulation d'un permis de construire valant autorisation d'exploitation commerciale est-il fondé sur des moyens sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Foncière Chabrières a demandé l'annulation de l'arrêté du 14 juin 2023 par lequel le maire de Falaise a délivré un permis de construire valant autorisation d'exploitation commerciale à la société Cosfateo.
  • La cour administrative d'appel de Nantes a rejeté la requête de la société Foncière Chabrières par un arrêt du 7 février 2025.
  • La société Foncière Chabrières a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.
  • Le pourvoi contestait la régularité de la signature de l'arrêté, la légalité des prescriptions du permis relatives aux articles UE 11 et UE 12 du PLU, et le respect de la distance minimale de 5 mètres pour l'aire de stockage des bennes à déchets.
  • Le Conseil d'Etat a jugé qu'aucun de ces moyens n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L.822-1 du code de justice administrative article L.212-1 du code des relations entre le public et l'administration article UE 8 du règlement du plan local d'urbanisme article UE 11 du règlement du plan local d'urbanisme article UE 12 du règlement du plan local d'urbanisme

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société civile à capital variable Foncière Chabrières a demandé à la cour administrative d’appel de Nantes d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 14 juin 2023 par lequel le maire de Falaise (Calvados) a délivré à la société Cosfateo un permis de construire valant autorisation d’exploitation commerciale pour un projet de bâtiment commercial, ainsi que le rejet de son recours gracieux. Par un arrêt n° 23NT03485 du 7 février 2025, la cour administrative d’appel de Nantes a rejeté cette requête. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 8 avril et 7 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Foncière Chabrières demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond de faire droit à sa requête ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Falaise et de la société Cosfateo la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code des relations entre le public et l’administration ; - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Cyril Noël, maître des requêtes, - les conclusions de M. Thomas Janicot, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Spinosi, avocat de la société Foncière Chabrières ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la société Foncière Chabrières soutient que : - la cour administrative d’appel a insuffisamment motivé son arrêt et commis une erreur de droit dans l’application de l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration en jugeant que la circonstance que l’arrêté attaqué ait été signé du « maire de Falaise » sans que cette signature soit accompagnée des nom et prénom du signataire était sans incidence sur sa légalité dès lors que son auteur pouvait être identifié sans ambiguïté ; - elle a commis une erreur de droit, dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis et les écritures des parties en écartant le moyen tendant à l’annulation du permis initial en tant que les prescriptions dont il est assorti pour assurer le respect des articles UE 11 et UE 12 du règlement du plan local d’urbanisme sont illégales ; - elle a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en écartant le moyen tiré de ce que l’aire de stockage des bennes à déchets située au sud du bâtiment principal du projet ne respecte pas la distance minimale de 5 mètres avec celui-ci prescrite par les dispositions de l’article UE 8 du règlement du plan local d’urbanisme. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de société Foncière Chabrières n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société civile à capital variable Foncière Chabrières. Copie en sera adressée à la commune de Falaise et à la société Cosfateo. Délibéré à l’issue de la séance du 18 septembre 2025 où siégeaient : Mme Gaëlle Dumortier, présidente de chambre, présidant ; M. Jean-Luc Nevache, conseiller d’Etat et M. Cyril Noël, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 4 novembre 2025. La présidente : Signé : Mme Gaëlle Dumortier Le rapporteur : Signé : M. Cyril Noël Le secrétaire : Signé : M. Hervé Herber

Questions fréquentes

Puis-je contester un permis de construire délivré à un concurrent ?
Oui, si vous justifiez d'un intérêt à agir, par exemple en tant que voisin ou concurrent. Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat ?
C'est un recours contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative, comme une cour administrative d'appel. Le Conseil d'Etat vérifie la bonne application du droit par les juges du fond.
Quelles sont les conditions pour que mon pourvoi soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. Si aucun moyen sérieux n'est soulevé, le Conseil d'Etat refuse l'admission.
Que se passe-t-il si mon pourvoi n'est pas admis ?
La décision de la cour administrative d'appel devient définitive. Vous ne pouvez plus contester le jugement.
Un permis de construire doit-il être signé avec le nom et prénom du maire ?
La signature doit permettre d'identifier son auteur. Si le maire signe en tant que 'maire de Falaise' sans nom et prénom, cela peut être régulier si l'identité est identifiable sans ambiguïté.
Quelles sont les règles de distance pour les bennes à déchets par rapport à un bâtiment ?
Cela dépend du règlement du plan local d'urbanisme. Dans cette affaire, l'article UE 8 imposait une distance minimale de 5 mètres, mais le moyen n'a pas été jugé sérieux.

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