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Conseil d'État, 6ème chambre jugeant seule, 22 décembre 2025, n° 503328

Rejet PAPC Publication : C ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503328.20251222

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel confirmant une sanction disciplinaire du CNAPS est-il fondé sur un moyen sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par les requérants, notamment la dénaturation des pièces, l'erreur de droit concernant l'obligation d'honnêteté des démarches commerciales et l'appréciation de la proportionnalité de la sanction, ne sont pas de nature à permettre l'admission des pourvois.

Faits clés

  • M. A... et la société SPB Sécurité Privée ont été sanctionnés par le CNAPS le 15 février 2023 : interdiction d'exercer toute activité privée de sécurité pendant 6 mois et pénalité financière de 15 000 euros pour M. A... et 30 000 euros pour la société.
  • Le tribunal administratif de Lyon a annulé ces sanctions le 19 décembre 2023.
  • La cour administrative d'appel de Lyon a annulé les jugements et rejeté les demandes de M. A... et de la société le 20 mars 2025.
  • M. A... et la société ont formé des pourvois en cassation contre les arrêts de la cour.
  • Ils ont également demandé le sursis à exécution de ces arrêts.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative article R. 631-18 du code de la sécurité intérieure

Texte de la décision

Vu les procédures suivantes : D’une part, M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Lyon, à titre principal, d’annuler la décision du 15 février 2023 par laquelle la commission de discipline du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a prononcé à son encontre une interdiction d’exercer toute activité privée de sécurité pendant une durée de 6 mois et une pénalité financière de 15 000 euros ou, à titre subsidiaire, de réformer cette décision pour y substituer un avertissement et la réduction du quantum de la sanction à la valeur de 1 euro. Par un jugement n° 2302891 du 19 décembre 2023, le tribunal administratif de Lyon a annulé la décision du 15 février 2023 de la commission de discipline du CNAPS. Par un arrêt n° 24LY00137 du 20 mars 2025, la cour administrative d’appel de Lyon a, sur appel du CNAPS, annulé ce jugement et rejeté la demande de M. A.... D’autre part, la société SPB Sécurité Privée a demandé au tribunal administratif de Lyon, à titre principal, d’annuler la décision du 15 février 2023 par laquelle la commission de discipline du CNAPS a prononcé à son encontre une interdiction d’exercer toute activité privée de sécurité pendant une durée de 6 mois et une pénalité financière de 30 000 euros ou, à titre subsidiaire, de réformer cette décision pour y substituer un avertissement et la réduction du quantum de la sanction à la valeur de 1 euro. Par un jugement n° 2302893 du 19 décembre 2023, le tribunal administratif de Lyon a annulé la décision du 15 février 2023 de la commission de discipline du CNAPS. Par un arrêt n° 24LY00138 du 20 mars 2025, la cour administrative d’appel de Lyon a, sur appel du CNAPS, annulé ce jugement et rejeté la demande de la société SPB Sécurité Privée. 1° Sous le n° 503328, par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 9 et 22 avril 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler l’arrêt n° 24LY00137 ; 2°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 4 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. 2° Sous le n° 503701, par une requête, enregistrée le 22 avril 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat d’ordonner le sursis à exécution de cet arrêt. ………………………………………………………………………… 3° Sous le n° 503330, par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 9 et 22 avril 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société SPB Sécurité Privée demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler l’arrêt n° 24LY00138 ; 2°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 4 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. ………………………………………………………………………… 4° Sous le n° 503711, par une requête, enregistrée le 22 avril 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société SPB Sécurité Privée demande au Conseil d’Etat d’ordonner le sursis à exécution de cet arrêt. ………………………………………………………………………… Vu les autres pièces des dossiers ; Vu : - le code de la sécurité intérieure ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Nathalie Destais, conseillère d'Etat, - les conclusions de M. Nicolas Agnoux, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, au Cabinet François Pinet, avocat de M. A... et de la société SPB Sécurité Privée, et à la SELAS Froger et Zajdela, avocat du Conseil national des activités privées de sécurité ; Considérant ce qui suit : 1. Les pourvois présentés sous les nos 503328 et 503330 par M. A... et la société SPB Sécurité Privée présentent à juger les mêmes questions, tout comme leurs requêtes respectives tendant à ce qu’il soit sursis à l’exécution des arrêts qu’ils contestent, enregistrées sous les nos 503701 et 503711. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une même décision. 2. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 3. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. A... soutient qu’il confirme une sanction hors de proportion avec les fautes commises et qu’il est entaché : - d'une dénaturation des pièces du dossier en estimant que le courriel du 30 janvier 2024 qui lui a été adressé ainsi qu’à son conseil l’informait de la date de la commission de discipline, et que les rapports électroniques produits, attestant de la délivrance de ce courriel, démontraient sa réception effective à une date utile ; - d’erreur de droit en jugeant que le caractère erroné des données figurant sur les plannings récapitulatifs adressés à ses clients pouvait caractériser une méconnaissance de l’obligation déontologique d’honnêteté des démarches commerciales prévue à l’article R. 631-18 du code de la sécurité intérieure ; - d’erreur de droit et d’insuffisance de motivation en appréciant la proportionnalité de la sanction uniquement au regard des faits jugés fautifs, sans apprécier concrètement si le quantum de la sanction était justifié au regard de l’échelle des sanctions établie à l’article L. 634-9 du code de la sécurité intérieure et sans tenir compte de ses conséquences sur sa situation et celle de ses sociétés. 4. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la société SPB Sécurité Privée soutient qu’il confirme une sanction hors de proportion avec les fautes commises et qu’il est entaché : - d'une dénaturation des pièces du dossier en estimant que le courriel du 30 janvier 2024 adressé à l’adresse électronique de la société et à son conseil l’informait de la date de la commission de discipline, et que les rapports électroniques produits, attestant de la délivrance de ce courriel, démontraient sa réception effective à une date utile ; - d’erreur de droit en jugeant que le caractère erroné des données figurant sur les plannings récapitulatifs adressés à ses clients pouvait caractériser une méconnaissance de l’obligation déontologique d’honnêteté des démarches commerciales prévue à l’article R. 631-18 du code de la sécurité intérieure ; - d’erreur de droit et d’insuffisance de motivation en appréciant la proportionnalité de la sanction uniquement au regard des faits jugés fautifs, sans apprécier concrètement si le quantum de la sanction était justifié au regard de l’échelle des sanctions et sans tenir compte de ses conséquences sur sa situation. 5. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission des pourvois. Par suite, les conclusions des requêtes de M. A... et de la société SPB Sécurité Privée tendant à ce qu’il soit sursis à l’exécution des arrêts qu’ils contestent sont devenues sans objet. 6. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de M. A... et de la société SPB Sécurité Privée, respectivement, la somme de 1 500 euros à verser au CNAPS, en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, au titre des requêtes tendant au sursis à exécution des arrêts attaqués. D E C I D E : -------------- Article 1er : Les pourvois de M. A... et de la société SPB Sécurité Privée ne sont pas admis. Article 2 : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de sursis à exécution présentées par M. A... et la société SPB Sécurité Privée. Article 3 : M. A... et la société SPB Sécurité Privée verseront au CNAPS une somme de 1 500 euros chacun au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. B... A..., à la société SPB Sécurité Privée, et au Conseil national des activités privées de sécurité. Délibéré à l'issue de la séance du 4 décembre 2025 où siégeaient : Mme Isabelle de Silva, présidente de chambre, présidant ; M.

Questions fréquentes

Comment contester une sanction du CNAPS ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif, puis un appel devant la cour administrative d'appel, et enfin un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, sous réserve de l'admission de ce pourvoi.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.
Quels moyens peuvent justifier l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Les moyens sérieux peuvent inclure une erreur de droit, une dénaturation des pièces du dossier, une insuffisance de motivation, ou une erreur dans l'appréciation de la proportionnalité de la sanction.
Le CNAPS peut-il interdire l'exercice d'une activité de sécurité privée ?
Oui, le CNAPS peut prononcer une interdiction d'exercer toute activité privée de sécurité, assortie d'une pénalité financière, en cas de manquement aux obligations légales et réglementaires.
Que signifie l'obligation d'honnêteté des démarches commerciales pour une entreprise de sécurité privée ?
L'obligation d'honnêteté des démarches commerciales, prévue à l'article R. 631-18 du code de la sécurité intérieure, impose aux entreprises de sécurité privée de ne pas faire de fausses déclarations ou de présenter des informations erronées dans leurs documents commerciaux.
Peut-on demander le sursis à exécution d'une sanction du CNAPS ?
Oui, il est possible de demander le sursis à exécution d'une sanction du CNAPS devant le juge administratif, mais cette demande devient sans objet si le pourvoi au fond n'est pas admis.

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