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Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 18 décembre 2025, n° 503402

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503402.20251218

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement condamnant l'Etat à indemniser un demandeur de logement au titre du DALO est-il fondé sur des moyens sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a demandé au tribunal administratif de Toulon la condamnation de l'Etat à lui verser 6 500 euros en réparation de préjudices liés à la carence de relogement au titre du DALO.
  • Le tribunal administratif a condamné l'Etat à verser 800 euros à M. B... par jugement du 11 février 2025.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation contre ce jugement, soutenant plusieurs moyens (erreur de droit, dénaturation, contradiction de motifs, etc.).
  • La commission de médiation avait rendu une décision le 1er septembre 2022 reconnaissant le droit au logement opposable de M. B...
  • M. B... a été relogé le 20 février 2024.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Toulon de condamner l’Etat à lui verser une somme de 6 500 euros en réparation des préjudices qu’il estime avoir subis en raison de la carence des services de l’Etat à assurer son relogement au titre du droit au logement opposable. Par un jugement n° 2400141 du 11 février 2025, le tribunal administratif a condamné l’Etat à lui verser une somme de 800 euros. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 11 avril et 11 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1° d’annuler ce jugement ; 2° de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la construction et de l’habitation ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Erwan Le Bras, maître des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Florian Roussel, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, au Cabinet Rousseau, Tapie, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’il attaque, M. B... soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il retient une faute de nature à engager la responsabilité de l’Etat à compter du 7 mars 2023, alors que l’absence d’exécution de la décision de la commission de médiation du 1er septembre 2022 conduit à ce que la responsabilité de l’Etat soit engagée à compter du 1er mars 2023 ; - d’une contradiction de motifs en jugeant, d’une part, que la responsabilité de l’Etat a pris fin le 20 février 2024, date à laquelle il a été relogé, et, d’autre part, que les motifs de la décision de la commission de médiation persistent, l’intéressé restant hébergé chez son frère ; - de méconnaissance de son office et d’erreur de droit en ce qu’il tient compte de certains éléments invoqués dans une note produite postérieurement à la clôture de l’instruction, sans avoir rouvert l’instruction ni soumis au débat contradictoire les éléments contenus dans cette production ; - d’insuffisance de motivation et d’erreur de droit en ce qu’il apprécie les troubles de toute nature qu’il a subis sans tenir compte de la circonstance qu’il vit avec sa concubine ; - de méconnaissance par le juge de son office faute pour lui d’avoir fait usage de ses pouvoirs d’instruction pour apprécier ses conditions de logement ; - de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il indemnise à hauteur de 800 euros les troubles de toute nature qu’il a subis, alors que cette somme ne correspond ni aux circonstances propres de sa situation, ni à la période pendant laquelle la responsabilité de l’Etat doit être regardée comme engagée ; - d’omission de statuer sur le préjudice moral qu’il a subi et dont il sollicitait l’indemnisation. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de la ville et du logement.

Questions fréquentes

Que faire si l'Etat ne me reloge pas alors que j'ai été reconnu prioritaire ?
Vous pouvez saisir le tribunal administratif pour faire constater la carence de l'Etat et demander une indemnisation. La responsabilité de l'Etat peut être engagée à compter de l'expiration du délai de six mois suivant la décision de la commission de médiation.
Puis-je obtenir une indemnisation pour le préjudice subi en attendant mon relogement ?
Oui, si vous avez été reconnu prioritaire et que l'Etat n'a pas exécuté son obligation de relogement dans le délai légal, vous pouvez demander réparation des troubles de toute nature subis.
Quel est le délai pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai de recours en cassation devant le Conseil d'Etat est de deux mois à compter de la notification du jugement.
Quels sont les moyens sérieux pour que mon pourvoi soit admis ?
Les moyens doivent révéler une erreur de droit, une dénaturation des faits, une contradiction de motifs, ou une méconnaissance de l'office du juge. Des moyens non fondés ou sans incidence sur la solution ne permettent pas l'admission.
Quelle somme puis-je espérer en réparation ?
Le montant de l'indemnisation dépend des circonstances de l'espèce, notamment de la durée de la carence, des conditions de logement, et des troubles subis. Il est évalué souverainement par le juge.
Le juge peut-il tenir compte de ma situation familiale pour évaluer le préjudice ?
Oui, le juge doit prendre en compte l'ensemble des circonstances, y compris la situation familiale, pour évaluer les troubles de toute nature.

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